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Susan Sloan wearing a shirt that says Volunteer in front of a balloon arch.

Bénévole et reconnaissante

D’abord un moyen pour nouer des amitiés dans un nouveau milieu, le bénévolat est devenu un élément essentiel dans la vie de Susan Sloan

Shannon Coulter
|
18 April 2024

Susan Sloan ne saurait imaginer sa vie sans le bénévolat. En fait, elle mènerait sans doute une tout autre vie si elle n’avait pas fait ce choix de donner de son temps bénévolement.

M me Sloan a occupé toutes sortes d’emplois au fil du temps, que ce soit dans une boulangerie ou comme spécialiste des TI, ou même comme instructrice de conditionnement physique dans un YMCA. Après s’être installée à Orléans – communauté dans l’est d’Ottawa, en Ontario – au début des années 2000, elle accepte un contrat d’un an avec Bénévoles Canada qui changera le cours de sa vie.

« J’ai cru bon, en tant que responsable des adhésions, d’en apprendre un peu plus sur ce que représentait le bénévolat, même si j’avais déjà pris la décision de m’impliquer bénévolement pour rencontrer des gens. Je n’avais pas encore d’amis à ce moment-là. »

Susan Sloan vit sa première expérience en tant que bénévole avec Patrimoine canadien, à qui elle offre son aide pour la tenue de l’événement Les lumières d’hiver au Canada. Elle poursuit ensuite avec le Bal de Neige à Ottawa, événement dont elle ne connaissait rien auparavant. Puis avec les célébrations de la fête du Canada.

« Mes trois événements chouchous – chaque année (si on exclut la pandémie), j’y étais, beau temps, mauvais temps. Encore aujourd’hui, ce sont mes événements favoris. Vingt-deux ans plus tard, je suis encore bénévole pour Patrimoine canadien. »

Susan Sloan lies down in front to pose with a group of volunteers at a Canadian Heritage event in Ottawa

Entre ces trois activités principales, M me Sloan explore tout de même d’autres possibilités de bénévolat dans des milieux qui l’intéressent.

« J’adore le sport, alors je donnais mon nom pour n’importe quel événement sportif pour lequel on cherchait des bénévoles. Il y a l’embarras du choix à Ottawa; je pourrais me tenir occupée toutes les fins de semaine à compter du jeudi. »

Elle commence par un tournoi de volleyball, puis se met à donner des cours de Zumba dans le cadre du Relais pour la vie. Les expériences se succèdent rapidement et mènent à de nouvelles occasions dans le sport.

« Le sport a toujours été un refuge pour moi. Dans une petite communauté comme celle-ci, et surtout à Ottawa, il suffit que les gens vous connaissent un peu, que votre nom soit associé à certains événements pour que l’on vous demande de donner un coup de main ailleurs.

« J’ai profité d’occasions extraordinaires auxquelles je n’aurais pas eu accès, n’eût été mon implication dans le passé. »

Lors de la venue de l’équipe nationale féminine du Canada à Ottawa en 2021 pour la Série de la rivalité, Susan Sloan s’est portée volontaire pour le dévoilement du chandail des Jeux olympiques, en plus d’aider à l’accueil des personnes invitées au match.

« Ce fut vraiment un bonheur de travailler avec Hockey Canada. Les gens de l’organisation nous traitaient avec beaucoup de respect, c’était très apprécié. Ils sont reconnaissants pour chacune de nos actions, aussi petites puissent-elles sembler. »

Le Championnat mondial junior 2025 de l’IIHF aura lieu plus tard cette année à Ottawa. Grâce aux relations nouées au fil du temps et à sa réputation au sein de la communauté, M me Sloan s’est vu offrir une nouvelle occasion : devenir la coprésidente responsable des bénévoles pour le Mondial junior. Une offre dure à refuser, surtout pour quelqu’un qui vient d’une famille aussi passionnée de hockey que la sienne, qui s’assure de ne rien rater du tournoi chaque année.

« On m’a choisie pour le Mondial junior. C’était un choix, et c’est ce qui fait le plus chaud au cœur. Et rien de tout cela ne serait arrivé sans le bénévolat. »

Susan Sloan poses beside a Hockey Canada welcome sign

M me Sloan a hâte que les touristes et invités découvrent tout ce qu’Ottawa a à offrir lorsque le tournoi prendra son envol en décembre prochain.

« Pour les bénévoles, c’est un peu le branle-bas. J’aime la diversité que ça apporte à la ville. L’énergie que ça crée. Il faut être sur place pour la sentir. Vraiment, c’est extraordinaire d’en faire partie.

« Les gens viennent de partout dans le monde, et on a l’occasion d’aller à leur rencontre. De s’impliquer pour sa ville. »

Avec une telle expérience dans autant de rôles différents, M me Sloan sait très bien ce que peut apporter chaque bénévole.

« La synergie qui se crée lorsque l’on côtoie des gens aux intérêts similaires, c’est magique. Certains événements reposent sur la contribution des bénévoles. Les tournois de l’IIHF n’auraient pas lieu sans bénévoles. Même chose pour les célébrations de la fête du Canada. »

Ayant accompagné d’autres bénévoles à leurs premiers pas dans ce rôle, M me Sloan en a vu plusieurs s’épanouir d’une manière que ces personnes n’auraient jamais cru possible. Les mots lui manquent pour décrire à quel point elle se sent chanceuse d’avoir emprunté la voie du bénévolat il y a 22 ans.

« Tout ce que je suis, tout ce que je deviendrai, je le dois au bénévolat. Rares sont les choses dans la vie auxquelles on consacre autant d’efforts et qui nous apportent autant en retour. Vraiment, je ne saurais imaginer mon existence sans le bénévolat. »

Vous aimeriez être bénévole quand Ottawa accueillera à nouveau des gens de partout dans le monde l’hiver prochain? Inscrivez-vous maintenant au Programme des bénévoles du Mondial junior de TELUS!

Dans mes propres mots : Adam Dixon

Le vétéran d’Équipe Canada parle de ses étés inoubliables au camp Campfire Circle, et des raisons pour lesquelles il continue de s’y impliquer comme bénévole

Adam Dixon
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19 April 2024

Ayant grandi à Midland, en Ontario, j’étais « le jeune qui avait le cancer », à l’école comme ailleurs.

C’était logique, quand on y pense. On entendait rarement parler d’enfants atteints de cancer dans cette petite communauté de 17 000 personnes.

J’avais 10 ans quand on m’a diagnostiqué un sarcome d’Ewing, une forme rare de cancer qui s’attaque le plus souvent aux os des jambes et du bassin. Moi, c’était la jambe droite, au tibia. On m’a enlevé l’os au complet pour le remplacer par celui d’une personne donneuse, en insérant une plaque métallique et plusieurs vis.

Alors voilà, j’étais un jeune qui avait le cancer.

Mais au Campfire Circle, je devenais bien plus que ça.

Le Campfire Circle, c’est un camp d’été destiné aux enfants atteints de cancer, ou qui ont été touchés d’une façon ou d’une autre par le cancer, comme les enfants qui ont perdu un frère ou une sœur. Là-bas, on avait tous ce trait en commun. Chacun et chacune pouvait enfin dévoiler sa vraie personnalité. Je devenais « le jeune qui fait du sport », « le jeune qui aime s’amuser ». Ça me permettait de m’évader, deux semaines chaque été.

J’ignore comment mes parents ont appris l’existence de ce camp. Mais je me revois assis dans l’autobus pour la première fois, prêt à y aller. Les six étés que j’y ai passés ont complètement changé ma vie.

Au camp, je pouvais être moi-même, tout simplement. Pas question pour moi d’être chronométreur au hockey. Même si je ne pouvais plus jouer, je tenais à faire partie de l’action. Je courais partout, je m’amusais en faisant un tas de choses que ma mère ne m’aurait jamais permis de faire à la maison. Il faut dire qu’il y avait des médecins sur place, c’est pourquoi on nous laissait un peu plus de liberté. Si je me cassais la jambe, des gens étaient là pour s’occuper de moi.

Tout est si bien organisé pour ceux qui vivent ce genre de situation. Les traitements de chimiothérapie peuvent être offerts sur place. Les lieux sont accessibles, ce qui permet de faire des choses qui sont souvent impossibles à la maison.

C’est une bouffée d’air frais, et à bien des égards. Le camp étant situé dans la région de Muskoka, on ne pourrait rêver d’un plus bel endroit. Et le simple fait d’être dehors toute la journée, ça fait un bien énorme. On jouait au hockey-balle. Il y avait un toboggan aquatique géant. Mais je me rappelle surtout le temps passé avec mes amis à jouer des tours.

Je me répète, mais ce camp a changé ma vie.

Le parahockey a été tout ce qu’il y avait de plus important pendant longtemps. Toutes mes vacances y étaient consacrées, et je n’échangerais ça contre rien au monde. J’ai eu la chance de voyager, de remporter des championnats mondiaux, de participer aux Jeux paralympiques. J’ai passé la majeure partie des deux dernières décennies à porter le logo de Hockey Canada, à représenter mon pays. Quelle chance!

Mais après les Jeux paralympiques de 2018, d’autres aspects de ma vie ont pris de l’importance, dont le camp Campfire Circle. Je m’étais inscrit comme bénévole avant la pandémie de COVID-19, mais le camp avait été forcé d’interrompre ses activités quelques étés, étant donné la clientèle vulnérable.

Dès la réouverture, je me suis lancé. J’y suis depuis maintenant deux étés en tant que bénévole à temps plein. Ma copine et moi sommes tous deux bénévoles. On a passé quelques fins de semaine là-bas aussi, ce qui est bien pour s’évader un peu du quotidien.

La première année, j’étais moniteur et je m’occupais de l’atelier de menuiserie. Je veillais à la sécurité des enfants. Ceux qui me connaissent sont peut-être surpris en lisant ces lignes. Peut-être même qu’ils la trouvent bien drôle. On me fait confiance avec des outils tranchants? À moi, un enfant dans un corps d’adulte?

C’était un peu intimidant au début, mais les choses ont fini par se placer. L’été dernier, il fallait quelqu’un pour une excursion de canot en eaux vives. Je n’avais rien fait de tel auparavant, mais on cherchait de l’aide, alors j’ai levé la main. Il suffisait qu’on me dise quoi faire. Au bout du compte, j’ai passé deux semaines sur la rivière des Français. Pas exactement dans ma zone de confort, mais je me suis sorti d’affaires. Et me voilà de retour comme moniteur cet été. C’est un peu comme être parent à la maison. Je cours toute la journée avec les jeunes, c’est plaisant.

J’ai toutefois un objectif précis cette année. Je suis né un 13 août. Quand j’étais enfant, je fêtais toujours mon anniversaire au camp. Et le jour de leur anniversaire, les jeunes choisissent trois moniteurs qu’ils jettent dans le lac. Je n’ai pas encore été assez cool pour qu’on me choisisse, alors je dois essayer de trouver qui seront les fêtés cet été. Je vais m’assurer de les énerver jusqu’au point où ils voudront me faire boire la tasse.

J’ai vraiment envie de me faire lancer dans le lac.

On me demande souvent si, en tant que l’un des « responsables », je sentais que les moniteurs et monitrices avaient de la pression. On tend à croire qu’il faut toujours prévoir quelque chose de grandiose en raison de ce que ces jeunes ont vécu, mais tout se fait naturellement. Ces enfants ont lutté contre le cancer. C’est sans doute la pire chose qui leur sera arrivée au cours de leur vie. Partir en camp de vacances, c’est facile. Ce sont eux qui créent leur propre expérience. Oui, l’ambiance du camp y est pour quelque chose, mais quand ce qui nous rend « différent » à la maison perd son importance, on peut enfin baisser sa garde, et ça fait du bien.

Je l’avoue, être bénévole, je le fais un peu par égoïsme. Prendre le large et y rester pendant deux semaines, ça donne une bonne pause. Et c’est une occasion de lâcher mon fou, de retomber en enfance pendant 14 jours. Mais une fois sur place, ma priorité, c’est les jeunes.

Je me rappelle à quel point je me suis amusé quand j’avais leur âge. Je veux leur faire vivre la même expérience. Il suffit de repenser à ces moments de ma jeunesse, aux moniteurs et monitrices que j’admirais tant, et d’essayer d’apporter cette énergie à mon tour. Est-ce que j’y parviens? Allez savoir. Disons que la rétroaction, ce n’est pas toujours une force chez les jeunes. Trop occupés à se moquer de nous. Mais oui, je pense que je fais du bon travail.

J’aimerais conclure par une sorte de plaidoyer. Impliquez-vous comme bénévoles. Donnez de votre temps à la communauté. Ça peut être un camp d’été. Ou un tournoi de hockey (j’ai entendu dire entre les branches que le Mondial junior revenait en sol canadien l’hiver prochain). Ça peut être n’importe quoi. Il s’agit simplement d’apporter sa contribution.

Il y a tant d’événements dans le monde qui reposent entièrement sur les bénévoles. C’est une excellente manière de socialiser, d’aller à la rencontre de gens aux intérêts similaires qui veulent eux aussi redonner à la communauté.

Alors, qu’est-ce qui vous retient? Fiez-vous à moi, vous allez adorer. Il se suffit de se lancer!

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Martin Paquette officiel hors glace lors d’un match

Entretien avec Martin Paquette

Marqueur en chef provincial auprès de Hockey Québec depuis 2017, l’homme natif de Montréal donne de son temps pour structurer l’ensemble des officiels et officielles hors glace

Eric Lavoie
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16 April 2024

« Elle tire, et c’est le but! »

« Une passe parfaite dans l’enclave… »

« Le numéro 10 des Bleus… 2 minutes pour rudesse! »

Les événements s’enchaînent à un rythme effréné pendant un match de hockey sur glace. Les buts, les mentions d’aide, les punitions… tout est comptabilisé par une personne qui doit suivre l’action en temps réel pour ne rien manquer : un marqueur ou une marqueuse.

Ce rôle fait partie de la famille des officiels et officielles hors glace.

Grâce à ce travail accompli dans l’ombre, les férus de chiffres peuvent consulter les statistiques d’un match. Et plus le niveau de hockey est élevé, plus ces statistiques sont élaborées.

Au Québec, afin de veiller à ce que le personnel hors glace ait tous les outils pour contribuer au bon déroulement du jeu dans les arénas, une équipe dévouée de marqueurs et marqueuses en chef bénévoles l’encadre.

Cette équipe dévouée est supervisée par Martin Paquette, qui occupe le poste bénévole de marqueur en chef provincial auprès de Hockey Québec. Dans le cadre de la Semaine de l’action bénévole, Hockey Canada s’est entretenue avec lui pour faire connaître l’importance de l’équipe qu’il dirige avec toute sa passion.

HC : Martin, peux-tu expliquer brièvement ton rôle de marqueur en chef provincial auprès de Hockey Québec?

MP : Je fournis un encadrement pour la structure des officiels hors glace dans l’ensemble du Québec. Nous sommes des pionniers dans ce domaine au sein de Hockey Canada. Une telle structure n’existe pas à l’échelle nationale, comme c’est le cas pour les officiels sur glace par exemple. Nous avons des marqueurs en chef dans toutes les régions et chacune des associations locales. Je chapeaute la structure et collabore avec une équipe dynamique d’officiels hors glace à mettre en place différentes initiatives qui aident au recrutement, à la formation et à la rétention.

HC : Comment as-tu réussi à parvenir à ce poste bénévole de haut rang avec Hockey Québec?

MP : Pendant 29 ans, j’ai œuvré à Hockey Montréal, où j’ai entre autres occupé le poste de marqueur en chef régional. Plus tard, Hockey Québec a créé le poste de marqueur en chef provincial. Même si c’est un rôle bénévole, j’ai dû suivre un processus d’entrevue. J’occupe ce poste depuis maintenant presque 10 ans et je vis une expérience fantastique.

HC : Quels outils utilisez-vous au sein de la structure pour offrir une formation adéquate?

MP : Un officiel hors glace se doit de connaître les règles de jeu de base, donc nous avons monté des stages de formation en ligne et en présentiel. Nous avons conçu aussi il y a quelques années le Manuel des officiels hors glace, qui explique bien le fonctionnement de chacune des tâches. Notre objectif est de donner toutes les munitions que nous pouvons aux officiels hors glace pour qu’ils n’aient pas d’impact sur le déroulement d’un match et que tout se passe comme il se doit. Par exemple, si un marqueur doit se faire expliquer une règle de jeu par un arbitre pendant un match, cela peut donner un avantage à une équipe qui peut en profiter pour reposer ses meilleurs éléments avant un avantage numérique. C’est ce qu’on essaie d’éviter avec la formation.

HC : D’où vient ta passion pour ce domaine?

MP : J’ai joué au hockey quand j’étais jeune, mais je n’étais pas un bon patineur! J’ai toujours été passionné par les statistiques et, à 14 ans, j’ai commencé à être marqueur après avoir vu une publicité dans un journal local de Montréal. J’ai grimpé les échelons au sein du monde des officiels hors glace au fil des ans. Ce qui est fascinant au hockey, c’est que tout le monde peut regarder un même jeu sur la glace, mais personne n’aura la même vision de ce qui vient de se produire. Personnellement, j’aime porter attention à la portion statistique d’un match.

HC : Quelles sont les aptitudes qu’un marqueur ou une marqueuse doit posséder?

MP : Ça prend de la concentration, un désir d’apprendre (j’apprends encore tous les jours après toutes ces années!), le souci du détail, de la passion et un esprit d’entraide avec les officiels sur glace. Ensemble, les officiels sur glace et hors glace forment une équipe et doivent bien collaborer.

HC : En quoi le rôle de marqueur et marqueuse a-t-il évolué au fil des ans dans le système de hockey mineur?

MP : L’avènement du système informatique avec les feuilles de match en ligne que les marqueurs utilisent pendant les matchs a changé la dimension de ce rôle. L’utilisation de la technologie peut quand même représenter un élément de distraction, donc on doit rappeler à nos marqueurs de garder une bonne concentration sur le match en cours. La relation et le travail d’équipe avec les arbitres sur glace tendent à beaucoup s’améliorer aussi. Notre travail accompli ensemble est directement lié au déroulement du match.

HC : Tu as grimpé les échelons jusqu’à des mandats rémunérés avec la LHJMQ, la LPHF, la LNH et l’AHL dans la région de Montréal. Tu as un emploi à temps plein et deux jeunes filles. Pourquoi t’impliques-tu bénévolement auprès de Hockey Québec depuis toutes ces années?

MP : Je le fais tout simplement pour redonner aux autres. J’ai profité du programme pour me rendre là où je suis aujourd’hui, et mon devoir est de faire profiter les autres de mes connaissances. Si personne ne redonne au suivant quand on grimpe les échelons, les autres ne pourront pas s’améliorer. Je tiens aussi à forger un sentiment d’appartenance au sein du programme.

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« On se bat toujours pour elles. »

Depuis plus de 20 ans, Braden Robertson donne de son temps et offre un appui financier pour favoriser la croissance du hockey féminin à Vernon

Nicholas Pescod
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15 April 2024

Depuis plus de 20 ans, Braden Robertson est une figure emblématique de dévouement dans la communauté du hockey de Vernon, en Colombie-Britannique. 

Que ce soit en tant qu’entraîneur au hockey mineur, auprès de l’équipe de hockey de sa fille ou dans son rôle actuel de coprésident du comité hôte de la Coupe Esso, Braden a consacré d’innombrables heures à s’investir dans le sport qu’il aime. 

 « J’ai commencé par jouer au hockey mineur, un classique d’une enfance au Canada, et tout s’est enchaîné ensuite », explique le principal intéressé à propos de sa passion pour le bénévolat. 

En 2001, son parcours de joueur derrière lui, Braden a commencé à entraîner des équipes dans la région de Vernon. Il a fait une pause de quelques années après la naissance de ses filles, Myah et Hannah, mais il est revenu derrière le banc lorsque Hannah a commencé à jouer. 

« Quand ma fille a commencé à jouer au hockey, j’ai recommencé à m’impliquer pendant un bon moment comme entraîneur-chef, entraîneur adjoint. »

Cependant, lorsque Hannah, qui participera à la Coupe Esso 2024 avec les Lakers de Thompson-Okanagan, a atteint les niveaux de jeu plus élevés, M. Robertson a délaissé son rôle d’entraîneur. Il a trouvé d’autres façons de s’impliquer, notamment en aidant les Lakers à obtenir des commandites au cours des dernières saisons. 

« Quand les enfants vieillissent et jouent à un niveau supérieur, l’encadrement aussi s’élève d’un cran, et mon expérience ne suffisait plus. Le hockey avait toujours fait partie de ma vie, et je me suis demandé de quelle façon j’allais pouvoir continuer à aider. C’est comme ça que je vois mon rôle, aider là où c’est nécessaire. » 

Et c’est exactement ce que Braden a fait. L’été dernier, il a construit un vestiaire pour les Lakers à l’intérieur de la Kal Tire Place. Propriétaire d’entreprise et entrepreneur de métier, il a pris en charge la majeure partie des coûts de construction, soit près de 7 000 $, et a obtenu du financement de commanditaires pour couvrir le reste des dépenses. 

« J’aurais aimé que nous le fassions plus tôt. C’est, en quelque sorte, un legs au sport que j’aime pratiquer et regarder, et c’était agréable de redonner. C’est bien qu’elles aient un endroit à elles, plutôt que d’avoir à utiliser le rangement à balais ou un autre local du genre. Elles disposent maintenant de quelque chose dont elles sont fières, et c’est génial. On se bat toujours pour elles. »

Braden a également dirigé de nombreuses initiatives de commandite au fil des ans, recueillant des milliers de dollars pour les Lakers. Il se dit fier de la façon dont les gens de Vernon se sont unis année après année afin d’ouvrir les possibilités pour les filles. 

« Il est évident que cela permet de payer une partie des factures, d’aider les familles et les parents, de réduire les coûts et de mobiliser la communauté auprès de l’équipe. Je n’ai que des bons mots pour la communauté dans laquelle j’habite. Les gens sont très généreux, et leur rapport aux enfants et au sport est très fort. Nous nous sommes entourés de bonnes personnes, qui aiment donner au suivant, comme moi. » 

Kevin Bathurst, qui partage avec Braden la présidence de la Coupe Esso, affirme que sans son coprésident, le vestiaire des Lakers n’aurait jamais été construit. 

« L’équipe a enfin un domicile, et il était attendu depuis longtemps », applaudit Kevin, qui est directeur administratif des activités hockey de l’Association de hockey mineur Greater Vernon. « Je pense que Braden peut être fier de cette réalisation. Ce vestiaire sera un pilier de la communauté pendant très longtemps. En marchant dans le couloir des vestiaires à la Kal Tire Place, les filles peuvent voir le logo des Lakers, pas seulement celui des Vipers de Vernon. C’est grâce au travail acharné de Braden que ces filles ont obtenu la reconnaissance et les installations qu’elles méritent. » 

Aujourd’hui, Braden travaille aux côtés de Kevin pour veiller à ce que Vernon et la Kal Tire Place soient prêtes à accueillir le Championnat national féminin des clubs de M18 du Canada. Il se réjouit pour les filles qui participeront au tournoi et pour l’impact que le tournoi aura sur l’ensemble de la communauté – les profits iront à la création d’un fonds de bourses d’études postsecondaires et d’un fonds de développement local qui soutiendra le hockey féminin dans la région. 

« J’ai hâte d’accueillir toutes les jeunes joueuses, exprime Robertson. Espérons que nous offrirons un bon produit et que les filles apprécieront leur expérience, car c’est probablement l’un des plus grands tournois auxquels elles participeront dans leur vie. Nous redonnons à la communauté grâce à des bourses d’études, et nous avons un programme local qui aide les jeunes filles à jouer au hockey en levant les obstacles financiers. La subvention aidera ces familles à assumer les coûts, que ce soit pour de l’équipement de hockey, les droits d’équipe, les frais de ligue ou autre chose. » 

Kevin soutient que Robertson est un « bénévole phare » pour le hockey féminin dans la région de Vernon, et que son dévouement et son engagement envers le sport sont inégalés. 

« On ne pourrait pas trouver un meilleur bénévole et champion du hockey féminin que Braden.
C’est un exemple à suivre pour beaucoup d’entre nous en ce qui concerne l’essor du hockey féminin. » 

Braden affirme que, s’il redonne au sport qu’il aime tant, ce n’est pas seulement pour le volet hockey, mais aussi pour former la prochaine génération d’adultes et avoir un impact positif dès le plus jeune âge. 

« Au bout du compte, on veut former de bonnes personnes, des citoyens et citoyennes qui peuvent aller de l’avant et bien travailler, qui connaissent leurs points forts. Je pense que le hockey et tous les autres sports y contribuent. Parfois, on se soucie beaucoup du sport lui-même, mais n’oublions pas que nous élevons de jeunes adultes qui devront contribuer à la société un jour. »

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Kaylee Grant instructs a group of young girls on the ice at the One For All event in Yellowknife.

Laisser sa marque dans le Nord

Figure marquante du hockey féminin dans les territoires, Kaylee Grant n’hésite jamais à donner de son temps bénévolement pour offrir plus d’occasions aux femmes et aux filles

Katie Brickman
|
14 April 2024

Dès son arrivée à Yellowknife, Kaylee Grant s’est empressée de se trouver une équipe de hockey.

L’ingénieure d’exploitation y était pour un mandat d’un an en vue d’acquérir de l’expérience dans son domaine. Douze ans plus tard, elle vit toujours dans les Territoires du Nord-Ouest. Et si elle a choisi d’y élire domicile, le hockey y est certainement pour quelque chose.

« On tend souvent à chercher nos repères, et le sport en était un pour moi, décrit Grant. Se joindre à une équipe sportive, c’est aussi se faire un cercle d’amies. On fait partie d’un groupe où l’on se sent acceptée, où toutes sont unies par un but et un intérêt communs. À mon arrivée dans le Nord, je ne savais pas trop comment m’y prendre pour rencontrer des gens, d’où l’idée de tenter ma chance à l’aréna. »

C’est sur les patinoires que Grant a passé la majeure partie de sa jeunesse à Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Il faut dire que le hockey est roi et maître dans sa ville natale, où l’enthousiasme de la population pour ses équipes junior A, junior B et universitaire est toujours palpable. Cette passion collective pour le sport est ce qui explique l’importance du hockey dans la vie de Grant.

« Le hockey prenait toute la place. On sentait l’appui de la communauté pour nos équipes. Les arénas étaient toujours pleins, l’ambiance était électrisante. »

Grant a fait son hockey mineur en Nouvelle-Écosse avant de s’installer à Terre-Neuve-et-Labrador, où elle a évolué avec l’équipe de l’Université Memorial. Puis, à 23 ans, elle plie bagage et prend la direction de Yellowknife. Elle se doutait bien qu’elle retrouverait le même esprit de communauté dans un aréna.

« Rien ne favorise les nouvelles rencontres autant que le sport. Quand on vient d’ailleurs, il n’y a pas meilleur moyen. En rejoignant une équipe de hockey, je me créais d’emblée un petit réseau de gens aux intérêts similaires, plus ou moins du même âge. Et puis, il y a tant de possibilités dans le Nord pour se développer, que l’on s’intéresse à l’entraînement ou au mentorat ou que l’on souhaite parfaire notre jeu sur la glace. Ça m’a beaucoup aidée. »

La passion de Grant pour le sport ne se limitait pas à sa qualité de joueuse, elle qui a su trouver d’autres voies pour élargir ses connaissances lorsqu’elle était encore en Nouvelle-Écosse. C’est à titre de coordonnatrice hors glace avec l’équipe féminine des moins de 18 ans des Bulldogs d’Antigonish qu’elle a fait ses débuts en entraînement.


Kaylee Grant smiles as she skates with a young player on the ice.

Grant a obtenu la certification d’évaluation après avoir suivi les formations Développement 1 et Haute performance 1. D’autres formations et certifications en entraînement ont suivi au fil des ans, toujours dans une optique de perfectionnement et d’implication communautaire.

« De voir l’essor continu du hockey féminin, c’est ce qui me motive. J’adore voir la progression de mes joueuses. Les voir se développer et évoluer comme personnes. Et quand elles décident de s’impliquer comme entraîneuses, je suis comblée. »

La philosophie de Grant derrière le banc? Nourrir la passion des joueuses pour le sport, montrer l’exemple et créer un milieu positif pour les femmes et les filles.

L’entraînement et l’accompagnement des filles sont des aspects que Grant a à cœur. Pour elle, la voie la plus efficace pour faire évoluer les choses était d’agir à un plus haut niveau, notamment en jouant le rôle de personne-ressource pour inciter davantage de joueuses à s’intéresser à l’entraînement. C’est d’ailleurs ce qui l’a menée à travailler avec Hockey Nord et le programme des formatrices de responsables du développement des entraîneuses de Hockey Canada, qui vise à éliminer les obstacles à la formation des entraîneuses.

« Kaylee a connu tout un parcours, elle qui a été bénévole à pratiquement tous les niveaux et qui s’implique de plus en plus dans la formation d’entraîneuses et en tant qu’instructrice », souligne Kyle Kugler, directeur administratif de Hockey Nord et ami proche de Grant. « C’est une excellente ambassadrice de notre sport qui sait comment mettre à profit son propre vécu pour aider d’autres entraîneuses dans leur développement. »

En tant qu’entraîneuse bénévole, Grant a connu des moments forts avec ses équipes, notamment à titre d’entraîneuse-chef lors des Jeux d’hiver de l’Arctique et des Jeux d’hiver du Canada et en tant qu’entraîneuse adjointe d’Équipe Nord au Championnat national autochtone de hockey.

« J’ai eu tellement d’occasions grâce à Hockey Nord, reprend Grant. Cet appui a eu un énorme impact sur mon parcours comme entraîneuse. Que de beaux moments passés avec ces équipes des territoires. J’ai fait le choix de rester ici, et c’est en grande partie en raison de ces expériences et des occasions en entraînement. C’est plaisant de savoir que nous avons toujours la possibilité de progresser, d’aller plus loin. »

Grant était aussi parmi les principales bénévoles lors de la toute première célébration Ensemble pour elles tenue à Yellowknife en février. L’événement de quatre jours destiné aux femmes et aux filles de partout aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut proposait entre autres des stages pour gardiennes de but, des jeux dirigés sur glace et diverses activités hors glace. Née d’un partenariat entre Hockey Canada et Hockey Nord, l’initiative se veut une célébration du sport en soutien au hockey local dans le Nord.

« Kaylee est l’une des coresponsables dans la région, alors quand nous avons décidé de lancer cette initiative à Yellowknife, qu’elle en fasse partie allait de soi », explique Katie Greenway, responsable du hockey féminin à Hockey Canada. « Fidèle à ses habitudes, elle a saisi la balle au bond et s’est investie pleinement. Des gens comme elle, qui s’impliquent autant pour leur communauté et pour leur sport, c’est précieux. »

S’impliquer comme Grant le fait en entraînement, c’est dans sa nature. Elle le fait pour les autres, pour que les femmes prennent encore plus leur place dans le sport. Et jamais dans le but d’en retirer elle-même quelque chose.

« Cela fait quelques années maintenant que je connais Kaylee, et je sais à quel point elle est occupée, poursuit Greenway. Pourtant, elle ne dit jamais non. Et elle aide non pas pour qu’on l’encense, mais bien par bonté de cœur, toujours le sourire aux lèvres. C’est une personne formidable qui a un impact positif sur chaque personne qu’elle croise. »

L’impact de Grant sur le hockey dans le Nord, que ce soit à titre d’entraîneuse, de mentore ou de coéquipière, elles sont nombreuses à l’avoir ressenti au cours des 12 dernières années. Mais la principale intéressée préfère remettre les choses en perspective.

« Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai eu une grande influence sur le hockey féminin dans le Nord. Je ne suis qu’une infime partie de tout ce qui est en train de bouger dans cette partie du pays depuis la dernière décennie. J’aime à penser que j’ai aidé à former d’autres entraîneuses, et que j’ai donné le bon exemple dans mon parcours. S’il s’avère que j’ai eu un impact, ç’aura été en incitant les joueuses à se tourner vers l’entraînement. Mais ça reste un travail collectif – tout le monde qui participe aura laissé sa marque sur le hockey féminin. »

Pour Kyle Kugler, seul administrateur de Hockey Nord, la présence de bénévoles comme Kaylee est essentielle à son travail et au développement des joueuses.

« Les bénévoles jouent un rôle crucial dans toute programmation offerte aux petites communautés dans le Nord, conclut-il. Kaylee en fait encore plus que nous ne le pensons. Les entraîneuses et entraîneurs ont une grande influence sur les équipes et les athlètes. Kaylee est un modèle positif et une fière porte-parole du hockey féminin qui donne de son temps sans compter les heures. Une bénévole qui a le cœur sur la main. »

Vous aimeriez vous impliquer derrière le banc? Rendez-vous au HockeyCanada.ca/Entraineurs ou communiquez avec votre association de hockey locale, ou encore, avec votre membre régional, provincial ou territorial de Hockey Canada.

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Canada vs. Czechia

Aperçu du match au Mondial junior : Canada c. Tchéquie

Mardi 2 janvier | 8 h 30 HE | Göteborg, Suède | Quart de finale

01 January 2024
NOTES SUR LE MATCH : CANADA C. TCHÉQUIE (2 JANV.)

L’équipe nationale junior du Canada voudra amorcer l’année 2024 du bon pied mardi dans un duel en quart de finale contre la Tchéquie au Championnat mondial junior 2024 de l’IIHF.

Dernier match de chaque équipe 

Le Canada a vaincu l’Allemagne 6-3 en conclusion de la ronde préliminaire dimanche, marquant trois buts sans réplique en troisième période pour briser une égalité. Macklin Celebrini a inscrit un doublé, Owen Beck, Easton Cowan, Jordan Dumais et Brayden Yager ont récolté un but chacun, et le Canada a terminé en deuxième place du groupe A pour finir l’année 2023 sur une note positive.

De son côté, la Tchéquie a eu le dessus sur la Suisse au compte de 4-2 à son dernier match de la ronde préliminaire dimanche, confirmant sa troisième position dans le groupe B. Juri Kulich, Matyas Melovsky et Ondrej Becher ont terminé la partie avec deux points chacun. Devant le filet, Michael Hrabal a repoussé 17 des 19 tirs reçus.

Dernière rencontre entre les deux équipes 

Le Canada a remporté la médaille d’or du Championnat mondial junior 2023 de l’IIHF en battant la Tchéquie 3-2 en prolongation dans un match enlevant à Halifax. Les Canadiens se sont donné une avance de deux buts en troisième période, mais les Tchèques ont répliqué avec deux buts en 54 secondes pour envoyer tout le monde en prolongation. Dylan Guenther s’est transformé en héros pour la formation canadienne, complétant un échange avec Joshua Roy pour inscrire le but en or à 6 min 22 s de la prolongation.

À surveiller 

Macklin Celebrini. Son nom est sur toutes les lèvres, et avec raison. Le jeune de 17 ans continue de faire état de ses prouesses offensives et de démontrer pourquoi il est si important pour la troupe canadienne. Dans les trois victoires en ronde préliminaire, il a inscrit son nom sur la feuille de pointage. À l’aube de la ronde éliminatoire, Celebrini est à égalité avec l’Américain Gavin Brindley au deuxième rang des pointeurs de la compétition, fort d’une récolte de huit points. Il n’est qu’à un point de Servac Petrovsky de la Slovaquie. De plus, le joueur natif de Vancouver a vu son temps de jeu augmenter au fil du tournoi et il se trouve maintenant sur le premier trio. Dans la victoire du Canada face à l’Allemagne, il a passé 19 min 27 s sur la surface glacée, son sommet au Mondial junior. Il a fini la rencontre avec deux filets et huit tirs au but.

Jiri Kulich, Matyas Melovsky et Eduard Sale ont propulsé les Tchèques en quart de finale — Kulich (4-3—7) et Melovsky (0-7—7) ont sept points au compteur, tandis que Sale (3-2—5) en a cinq. Ce n’est pas la même formation tchèque qui a croisé le fer avec le Canada au match pour la médaille d’or l’an dernier, mais il y a tout de même près d’une douzaine de joueurs qui sont de retour. La Tchéquie compte également 11 joueurs qui évoluent dans la LCH cette saison, dont Adam Zidlicky (Mississauga, OHL), le fils de l’ancien joueur de la LNH, Marek Zidlicky. Autre note : Kulich fait une troisième présence au Mondial junior; dimanche, il a établi le record (de l’ère post-Tchécoslovaquie) de son pays pour le nombre de buts en carrière à ce tournoi annuel, avec 13.

Rétrospective 

Le Canada et la Tchéquie (anciennement la République tchèque) se sont affrontés à 24 reprises au Mondial junior depuis la dissolution de la Tchécoslovaquie; les Canadiens ont signé 21 victoires.

Ce sera la troisième fois que les deux équipes ont rendez-vous en quart de finale; Julien Gauthier avait inscrit deux buts en troisième période dans un gain de 5-3 du Canada en 2017, et Devon Levi avait signé un jeu blanc de 29 arrêts dans une victoire de 3-0 dans la bulle d’Edmonton en 2021.

Fiche de tous les temps : Le Canada mène 21-2-2 (1-1 en PROL. ou TB)
Buts pour le Canada : 118
Buts pour le Canada : 45

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Faire contre mauvaise fortune bon cœur

Libéré par l’équipe nationale junior du Canada il y a un an, Jordan Dumais s’est servi de son expérience pour dominer la LHJMQ et parvenir à porter la feuille d’érable en Suède

Nicholas Pescod
|
31 December 2023

Jordan Dumais se souvient de ce qu’il a ressenti lorsqu’il a appris qu’il ne porterait pas les couleurs d’Équipe Canada au Championnat mondial junior 2023 de l’IIHF. 

« C’était difficile, j’étais vraiment déçu », évoque Dumais. 

À 18 ans, l’attaquant vedette des Mooseheads de Halifax faisait partie des 28 joueurs invités au camp de sélection de l’équipe nationale junior à Moncton, en vue d’une occasion de jouer devant une foule qui lui était familière à Halifax. 

Au moment d’amorcer le camp, Dumais était le meilleur marqueur de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) avec une récolte de 54 points en 25 matchs, devancé seulement par Connor Bedard pour le plus grand nombre de points dans toute la Ligue canadienne de hockey (LCH).

« Je savais que j’étais parmi les plus jeunes et que mes chances de faire l’équipe étaient minces, mais j’ai aimé ma performance au camp », raconte Dumais, qui avait inscrit un but et une aide lors d’un match contre une équipe d’étoiles d’U SPORTS dans le cadre du camp. 

Malgré ses efforts, Dumais a été l’un des cinq avants retranchés à la fin du camp. 

« Je suis allé au camp et j’ai fait ce que j’avais à faire, mais ça n’a pas marché », dit Dumais. 

Un an plus tard, l’histoire est bien différente pour le joueur natif de Montréal. Invité à nouveau au camp de sélection, il a su éviter le couperet cette fois et représente maintenant le Canada en Suède en tant que membre de l’équipe nationale junior du Canada. 

« J’avais plus d’expérience à mon arrivée cette année, j’ai joué comme je sais le faire, et ça a fonctionné, raconte Dumais. C’est un rêve d’enfance qui se réalise. Honnêtement, c’est incroyable de porter le logo du Canada à chaque partie. » 

Passer à la vitesse supérieure 

Dumais faisait la pluie et le beau temps dans la LHJMQ bien avant d’être libéré d’Équipe Canada, mais il a atteint un tout autre niveau à son retour avec les Mooseheads après le camp, pour finir par connaître une saison exceptionnelle. 

Il a obtenu des points à chacun de ses huit premiers matchs suivant le camp et a été tenu à l’écart de la feuille de pointage seulement six fois en 40 matchs. Au cours de cette séquence, il a inscrit notamment sept points (4-3—7) contre Moncton le 19 février et six points (2-4—6) le 22 mars contre Charlottetown.

Au fil de ces 40 matchs, Dumais a accumulé 86 points, dont 31 en mars seulement, pour terminer la saison avec 140 points (54-86—140) à sa fiche, battant ainsi le record pour le plus grand nombre de points en une saison chez les Mooseheads (137). 

Il a raflé au passage de belles récompenses individuelles pour sa saison, remportant le trophée Jean-Béliveau à titre de meilleur pointeur de la LHJMQ et le trophée Michel-Brière à titre de joueur le plus utile de la LHJMQ. Il a aussi été nommé à l’équipe des étoiles des médias tant dans la LHJMQ que dans la LCH.

Jake Furlong, son coéquipier au sein des Mooseheads et d’Équipe Canada, a été à même de voir un changement s’opérer chez Dumais après son retour du camp. 

« Surtout après Noël, je pense qu’il avait un peu plus de motivation et de combativité », relate Furlong, qui côtoie Dumais à Halifax depuis quatre saisons. « Il voulait faire mentir ses détracteurs et prouver que les gens qui croyaient en lui avaient raison. Il est resté le même au quotidien, rien n’a changé, mais sur la glace, il a vraiment mis les bouchées doubles, et ça a paru en deuxième moitié de saison. » 

Furlong est également d’avis que la tenue du Mondial junior à Halifax a contribué au désir de Dumais de passer à la vitesse supérieure. 

« Ça fait probablement partie des facteurs », souligne le coéquipier de Dumais. « Après tout, il est originaire de cette région et évolue avec les Mooseheads. Il sait que nos partisans sont au rendez-vous soir après soir, et c’était rempli à craquer pendant le Mondial junior, alors je suis sûr que ça lui donnait envie d’être à la hauteur. » 

Dumais avoue que son retranchement d’Équipe Canada n’a fait qu’attiser son désir de repousser ses limites.

« Évidemment, j’étais déçu de ne pas avoir été pris l’année dernière, mais je m’en suis servi comme motivation pour revenir cette année. » 

Faire taire les critiques

À seulement 5 pi 9 po, le choix de troisième ronde (96e au total) des Blue Jackets de Columbus lors du repêchage 2022 de la LNH a souvent vu sa taille et sa capacité à maintenir un niveau de performance suffisamment élevé tout au long de sa carrière être remises en question. 

« Je pense qu’on a douté de moi toute ma vie. Donc, à ce stade, je reste fidèle à mon style de jeu malgré cette pression que j’ai toujours ressentie. Je n’y pense pas trop, mais c’est toujours là. » 

Pendant la saison morte, Dumais s’est affairé à peaufiner différents aspects de son jeu, notamment son coup de patin et sa forme physique. 

« Je cherche constamment à devenir meilleur de toutes les façons possibles. Je connais mes faiblesses. Je suis plus petit que les autres, mais je ne m’en fais pas avec ça. Pendant l’été, je travaille toujours sur les aspects qui me permettent de m’améliorer. » 

Aux yeux de Jim Midgley, l’entraîneur-chef des Mooseheads, c’était évident dès le début de l’année que Dumais souhaitait être nommée à l’équipe nationale junior du Canada. Il voit en l’avant de 19 ans une personne qui carbure à la compétition et qui a toujours soif de victoire et d’excellence. 

« À chaque exercice que nous faisons à l’entraînement, il veut être le meilleur. Il veut gagner, il veut être le plus rapide, il veut faire mieux que les autres. Jordan affiche un niveau de combativité élevé, et c’est ce qui lui permet de se démarquer. Il n’est pas le plus grand, mais pour un petit gabarit, il a beaucoup de hargne. »

Ce travail acharné et ce désir ardent d’être le meilleur ont porté leurs fruits pour Dumais, qui s’est présenté au camp de sélection fort d’un total de 47 points (16-31—47) en seulement 21 matchs avec les Mooseheads. Seuls cinq points le séparent de Mathieu Cataford, le meneur parmi les meilleurs pointeurs de la LHJMQ, malgré 13 matchs en moins comparativement à Cataford et son absence des Mooseheads depuis le 8 décembre.

Au cours de la prochaine semaine, toute son attention reste tournée vers Équipe Canada et le Mondial junior, à l’instar de Furlong et Mathis Rousseau, ses coéquipiers des Mooseheads. C’est un moment dont Dumais se souviendra toute sa vie.

« On a un super groupe de joueurs ici. L’ambiance est excellente dans le vestiaire, à l’hôtel, peu importe où on va, et on a beaucoup de plaisir. Je réalise un rêve. »

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Aperçu du match au Mondial junior : Canada c. Allemagne

Vendredi 31 décembre | 13 h 30 HE | Göteborg, Suède | Ronde préliminaire

Nicholas Pescod
|
30 December 2023

NOTES SUR LE MATCH : CANADA C. ALLEMAGNE (31 DÉC.)

L’équipe nationale junior du Canada tente de rebondir et affronte l’Allemagne à son dernier match de la ronde préliminaire le 31 décembre au Championnat mondial junior 2024 de l’IIHF.

Dernier match de chaque équipe 

Le Canada a subi sa première défaite du tournoi vendredi, s’inclinant 2-0 face à la Suède devant une salle comble, dont 3 500 partisanes et partisans canadiens. Mathis Rousseau a effectué 22 arrêts, dont quelques-uns dignes des faits saillants, et Macklin Celebrini a fait quatre tirs au but, mais ça n’a pas été suffisant.

L’Allemagne s’est inclinée 6-2 contre la Lettonie samedi. Samuel Schindler et Norwin Panocha ont fait mouche, mais les Allemands n’ont pu compléter la remontée après avoir tiré de l’arrière 3-0 en première période. Ils devront obtenir au moins un point à leur dernier match de la ronde préliminaire pour accéder aux quarts de finale.

Dernière rencontre entre les deux équipes 

Nul besoin de fouiller bien loin dans les livres d’histoire. La dernière rencontre entre ces deux nations remonte à il y a un peu plus d’un an en ronde préliminaire au Mondial junior 2023 à Halifax. Connor Bedard avait égalisé le record canadien pour le plus grand nombre de points, avec 7 (3-4—7), et Dylan Guenther avait réussi un tour du chapeau dans une victoire de 11-2 du Canada.

À surveiller 

Mathis Rousseau, sans aucun doute. Le gardien de but de 19 ans des Mooseheads de Halifax, snobé au repêchage de la LNH, offre une prestation exceptionnelle. Son arrêt sensationnel en fin de première période aux dépens des Finlandais le 26 décembre a débouché sur un but du Canada. Contre la Suède, Rousseau a fait un superbe arrêt avec la lame de son patin qui a su impressionner le « roi » Henrik Lundqvist lui-même. Il figure actuellement au deuxième rang des gardiens de but du tournoi pour la moyenne de buts alloués (1,33) et le pourcentage d’arrêts (0,944).

La formation allemande n’est pas celle qui a le plus de profondeur, mais elle compte notamment l’espoir de la LNH Julian Lutz (Arizona, 2022, 43e au total), 19 ans, qui a inscrit 23 points (10-13—23) en 19 matchs avec les Gamblers de Green Bay dans l’USHL. Elle mise aussi sur deux joueurs de 18 ans qui évoluent dans la LHJMQ, soit Julius Stumpf (Wildcats de Moncton) et Norwin Panocha (Saguenéens de Chicoutimi). Stumpf a obtenu 28 points en 30 matchs avec les Wildcats, tandis que Panocha (Buffalo, 2023, 205e au total) a 11 points avec Chicoutimi.

Rétrospective 

En ce qui concerne les affrontements entre les deux nations, le Canada a remporté les 16 matchs disputés depuis la réunification de l’Allemagne, en 1991. Si on compte également les matchs contre l’Allemagne de l’Ouest joués de 1977 à 1989, le dossier du Canada est impressionnant : 26 victoires en 27 duels. La seule fois que le Canada a flanché, c’était en finale consolation du tournoi de 1981 par la marque de 7-6. La bonne nouvelle de cette défaite? Cet échec a indirectement contribué à la mise en place du Programme d’excellence l’année suivante.

Fiche de tous les temps : le Canada mène 16-0-0
Buts pour le Canada : 101
Buts pour l’Allemagne : 23

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Aperçu du match au Mondial junior : Canada c. Suède

Vendredi 29 décembre | 13 h 30 HE | Göteborg, Suède | Ronde préliminaire

Nicholas Pescod
|
29 December 2023

NOTES SUR LE MATCH : CANADA C. SUÈDE (29 DÉC.)

L’équipe nationale junior du Canada espère poursuivre sur sa lancée au Championnat mondial junior 2024 de l’IIHF et croisera le fer avec le pays hôte dans un choc entre deux équipes invaincues au sommet du groupe A.

Dernier match de chaque équipe 

Le Canada s’est imposé 10-0 contre la Lettonie mardi pour signer un deuxième gain en autant de jours. Macklin Celebrini a mené la charge à l’offensive avec une récolte d’un but et quatre mentions d’aide – il s’agissait d’une 32e performance de cinq points pour un joueur canadien dans l’histoire du tournoi. Conor Geekie et Carson Rehkopf ont chacun touché la cible à deux reprises, tandis que Mathis Rousseau a repoussé les 22 tirs dirigés vers lui.

Du côté de la Suède, Otto Stenberg a réussi un tour du chapeau dans une victoire de 5-0 sur l’Allemagne jeudi. L’équipe hôte a maintenant une fiche de 2-0 en ronde préliminaire et partage la tête du groupe A avec le Canada. Mattias Havelid a inscrit un but et une aide, et il n’aura fallu que 15 arrêts à Melker Thelin pour signer le jeu blanc.

Dernière rencontre entre les deux équipes 

Le Canada avait vaincu la Suède par la marque de 5-1 en ronde préliminaire au Mondial junior 2023. C’était la veille du jour de l’An, à Halifax. Brennan Othmann avait inscrit un doublé, Connor Bedard avait participé à quatre buts des siens, et Thomas Milic avait bloqué 22 rondelles dans une rencontre où l’équipe canadienne s’était forgé une avance de 3-0 après seulement 12 minutes de jeu. Avec la victoire, le Canada s’était assuré de la deuxième place au classement du groupe A.

À surveiller 

Qui d’autre que Macklin Celebrini? Le Vancouverois a été le clou du spectacle face aux Lettons, amassant un but et quatre aides pour se hisser en tête des pointeurs du tournoi (2-4—6) après la deuxième journée de compétition. Dominant. Le mot n’est pas trop fort pour décrire Celebrini sur la scène internationale. Si l’on remonte jusqu’au Championnat mondial des M18 2023 de l’IIHF le printemps dernier, on remarque que le jeune de 17 ans a amassé pas moins de 21 points (8-13—21) au cours de ses huit dernières rencontres.

Ce n’est certainement pas la profondeur qui manque dans le clan suédois, qui compte au sein de sa formation 18 espoirs de la LNH, dont neuf joueurs sélectionnés en première ronde lors des deux derniers repêchages — Filip Bystedt (San Jose, 27e au total en 2022), David Edstrom (Vegas, 32e au total en 2023), Jonathan Lekkerimäki (Vancouver, 15e au total en 2022), Theo Lindstein (St. Louis, 29e au total en 2023), Liam Öhgren (Minnesota, 19e au total en 2022), Noah Östlund (Buffalo, 16e au total en 2022), Axel Sandin Pellikka (Detroit, 17e au total en 2023), Otto Stenberg (St. Louis, 25e au total en 2023) et Tom Willander (Vancouver, 11e au total en 2023).

Rétrospective 

L’historique est long entre les deux nations. En 36 affrontements depuis la toute première édition du Mondial junior en 1977, le Canada a eu un net avantage, vainquant la Suède à 25 occasions, y compris lors de quatre matchs pour la médaille d’or – en 1996, 2008, 2009 et 2018.

Il s’agira d’un cinquième duel seulement entre les deux équipes en territoire suédois, et d’un premier depuis 2006, lorsque le Canada avait eu le dessus sur la Suède au compte de 2-0 grâce aux filets de Luc Bourdon et de Brad Marchand. Les Canadiens détiennent l’avantage 3-1 dans ces rencontres.

Fiche de tous les temps : le Canada mène 25-10-1 (2-1 en PROL. ou TB)
Buts pour le Canada : 160
Buts pour la Suède : 112

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© Vincent L-Rousseau

Gilles Bouchard, la fierté de Normandin

De son patelin du Lac-Saint-Jean à Sherbrooke en passant par Trois-Rivières, Rouyn-Noranda et Syracuse, Gilles Bouchard a fait son petit bonhomme de chemin jusqu’au Mondial junior en Suède

Eric Lavoie
|
26 December 2023

Rares sont ceux à Normandin qui auraient pu prédire que le nom de Gilles Bouchard résonnerait autant dans un domaine qui le mènerait aujourd’hui à un poste d’entraîneur adjoint au Championnat mondial junior 2024 de l’IIHF, à Göteborg, en Suède.

« Quand ma mère rencontrait mes professeurs, elle se faisait dire : "Gilles, il y a de quoi à faire avec, il est bon, mais on dirait qu’il ne veut pas l’être". J’étais pas mal tannant », dit-il en riant de bon cœur! « Mais j’aimais les sports et sans être une vedette, je me débrouillais bien dans la plupart d’entre eux. »

Dans son petit village du Lac-Saint-Jean, au Québec, où il retourne chaque été pour voir ses proches et pratiquer la pêche, il a grimpé les échelons du hockey mineur jusqu’à faire partie de la première édition du hockey M18 AAA à Jonquière avec les Cascades du Lac-St-Jean en 1987-1988. Par la suite, il a joué trois saisons dans la LHJMQ, terminant son parcours junior en 1991 avec une conquête de la Coupe du Président dans l’uniforme des Saguenéens de Chicoutimi.

Pas mal pour un petit boute-en-train qui donnait du fil à retordre à ses professeurs!

Le sport a façonné le destin de Gilles… un destin qui lui a permis de soulever des coupes, de gagner des médailles et de récolter des honneurs individuels.

Sa passion l’a motivé à s’inscrire à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) en éducation physique. Il y a porté les couleurs des Patriotes, avec qui il a participé au Championnat canadien de hockey universitaire en 1996.

« Ceux qui m’ont connu jeune à Normandin doivent être tombés sur le dos de savoir que je suis allé à l’université », lance-t-il.

Pendant son parcours universitaire, il a appris des notions qui allaient aussi lui être bien utiles dans son rôle d’entraîneur. « En éducation physique, ça parle du corps humain, des muscles, de psychologie. J’ai également appris comment me placer et bouger devant un groupe pour bien faire passer mon message. »

Gilles Bouchard pose avec son chandail des Patriotes de l’UQTR.Gilles dans l’uniforme des Patriotes de l’UQTR, où il a joué de 1992 à 1996.

Un premier emploi formateur

Le nouveau bachelier n’a pas perdu de temps pour se faire la main.

« Après mes études, j’ai eu la chance de devenir responsable du programme sport-études de l’Académie les Estacades. Je faisais de la suppléance à l’école le matin et j’allais sur la glace l’après-midi. »

En plus de toutes ses tâches dans cet établissement scolaire de la Mauricie, Gilles a goûté à sa première expérience derrière le banc comme entraîneur adjoint des Estacades du Cap-de-la-Madeleine (M18 AAA), dont il est devenu l’entraîneur-chef six ans plus tard.

Cumuler les fonctions d’enseignant et d’entraîneur ont permis à Gilles de constater que malgré toutes les similitudes qu’il peut y avoir entre enseigner à un groupe d’élèves et diriger des joueurs, il y a tout un monde entre les deux.

« Au début, je dirigeais comme un enseignant, mais je me suis rendu compte que ce n’est pas parce que j’ai un bac que je vais être un bon entraîneur. Il faut gérer des jeunes, les faire performer, les sortir de leur zone de confort. Ce n’est pas juste en enseignant qu’on va chercher le meilleur de ses joueurs. »

En 2012, mûr pour un nouveau défi après avoir solidifié les bases du pédagogue en lui, il a délaissé son emploi de professeur et postulé pour devenir le nouvel entraîneur-chef à temps plein des Patriotes de l’UQTR. À sa seule saison à la barre de ce prestigieux programme, il a soulevé la coupe Queen’s, le titre des Sports universitaires de l’Ontario (SUO), et pris part au championnat canadien.

Cette décision audacieuse a changé le cours de son destin.

De la Mauricie à l’Abitibi

Quelques mois plus tard, après un long processus d’entrevues avec l’organisation des Huskies de Rouyn-Noranda dans la LHJMQ, Gilles a décidé de se lancer dans l’aventure du hockey junior pour occuper le poste de directeur général et entraîneur-chef de l’équipe.

« J’ai été cinq ans à Rouyn et j’ai bien aimé ça. C’est une organisation avec du bon monde, le propriétaire Jacques Blais est une personne incroyable. »

En Abitibi, Gilles a bâti et développé un noyau solide qui lui a permis en 2016 de remporter la Coupe du Président avec notamment Jérémy Lauzon, Rafaël Harvey-Pinard, Timo Meier et Francis Perron. Le magnifique parcours des Huskies s’est terminé en finale de la Coupe Memorial à Red Deer, en Alberta, où un certain Matthew Tkachuk a procuré aux Knights de London le titre canadien en prolongation.

Son passage avec les Huskies, avec qui il a été nommé Directeur général de l’année et Entraîneur de l’année en 2015-2016, a été marquant dans sa carrière d’entraîneur. Son nom s’est mis à circuler de plus en plus.

Gilles Bouchard soulève la Coupe du Président.Gilles qui soulève fièrement la Coupe du Président à Rouyn-Noranda. – Photo de Jean Lapointe

Le saut chez les pros

En juin 2018, Hockey Canada a embauché Gilles comme entraîneur-chef en vue de la Coupe Hlinka-Gretzky 2018, mais le destin en a voulu autrement… l’appel du hockey professionnel s’est fait entendre.

Présent au repêchage de la LNH à Dallas pour voir son fils Xavier être sélectionné par les Golden Knights de Vegas, Gilles a été convoqué à une entrevue avec le Lightning de Tampa Bay pour un poste d’entraîneur adjoint avec le club-école du Crunch de Syracuse dans la Ligue américaine de hockey (AHL). Quelques heures plus tard, il était embauché et directement envoyé au camp de développement à Tampa Bay.

Gilles Bouchard (à droite) avec son fils Xavier (à gauche) à la pêche sur le lac Saint-Jean.Gilles à la pêche sur le lac Saint-Jean avec son fils Xavier, repêché par les Golden Knights de Vegas en 2018.

Gilles a passé cinq ans à Syracuse, dont quatre avec Benoit Groulx et Eric Veilleux. Ensemble, le trio de Québécois a dirigé les meilleurs espoirs du Lightning, qui a gagné deux Coupes Stanley et perdu une fois en finale.

Cette première expérience au hockey professionnel a été très formatrice pour le Normandinois.

« Ça m’a permis de voir comment ça se comporte, des joueurs pros. Mon objectif chaque jour était de m’investir à l’aréna pour qu’ils sentent qu’ils devenaient de meilleurs joueurs et de meilleures personnes. J’ai vu des Alex Barré-Boulet, Russ Colton et Cal Foote ne pas l’avoir facile, se développer, devenir des hommes, et ils ont tous accédé à la LNH. »

Gilles Bouchard derrière le banc du Crunch de Syracuse.Gilles Bouchard derrière le banc du Crunch de Syracuse de l’AHL, où il a été un entraîneur adjoint de 2018 à 2023.

À l’issue des dernières séries, l’organisation a décidé de prendre une autre direction avec son personnel entraîneur, ce qui a mené Gilles à un retour dans les rangs de la LHJMQ à titre d’entraîneur-chef du Phœnix de Sherbrooke.

« C’était la première fois que ça m’arrivait de me faire tasser », souligne l’homme de 52 ans.

« Cependant, je n’en ai pas fait une affaire personnelle, je n’ai pas pensé que je n’étais pas capable de diriger au hockey professionnel. Je suis toujours le destin dans ma vie… je suis de retour au hockey junior cette saison et bien heureux de ça. »

Un retour avec Hockey Canada

Pendant son séjour avec les Huskies, Gilles a œuvré dans le monde du hockey international à trois reprises, soit aux éditions 2014, 2015 et 2017 du Défi mondial de hockey des moins de 17 ans. Il a gagné l’or avec Équipe Canada Blancs en 2015 comme entraîneur adjoint et l’argent avec Équipe Canada Rouges en 2017 dans le rôle d’entraîneur-chef.

À son retour dans la LHJMQ l’automne dernier, Gilles n’a pas mis trop de temps avant de penser au prochain Mondial junior.

« Je me suis dit que si j’avais un appel, j’allais y aller. Un lundi après-midi, j’étais dans mon bureau au Palais des sports et j’ai vu sur mon afficheur le nom de Scott Salmond [le premier vice-président de la haute performance et des activités hockey]. J’ai compris assez vite de quoi il allait me parler! »

À Göteborg, située à des milliers de kilomètres de Normandin, Gilles sait aujourd’hui qu’il a l’appui de sa communauté dans la quête d’une 21e médaille d’or d’Équipe Canada au Mondial junior, qui s’amorce le 26 décembre.

« Moi, je n’ai pas de compte Facebook, mais par mes sœurs et mes chums là-bas, je sais que le monde de la place m’encourage et me suit », confie modestement la fierté de Normandin.

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Pour plus d'informations :

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Responsable, communications
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(403) 284-6484 

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Responsable, communications
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(403) 777-4567

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