danielle goyette
Portrait d’une pionnière
Le hockey a fait de Danielle Goyette une championne olympique et lui a valu une intronisation au Temple de la renommée du hockey, mais ce sport lui a apporté beaucoup plus que des médailles
Wendy Graves
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17 juin 2018
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Danielle Goyette a commencé à jouer au hockey sur les patinoires extérieures de Saint-Nazaire, au Québec. Regarder les matchs des Canadiens de Montréal était sa seule façon de prendre des trucs d’entraînement. Elle étudiait leurs joueurs, puis elle allait dehors pour s’exercer. Elle jouait chaque jour, du moment que le lac gelait jusqu’à ce que la température se réchauffe.

Elle a dû attendre à l’âge de 15 ans avant de disputer un premier match au hockey organisé. L’équipe jouait chaque mercredi avec un groupe de filles dont l’écart d’âge était de 30 ans, davantage pour le plaisir que pour la compétition. Elle a fait son entrée au hockey compétitif au début de la vingtaine. Peu de temps après, en 1991, l’équipe nationale féminine du Canada l’a invitée à son camp d'entraînement.

Une carrière de 15 ans sur la scène internationale l’attendait. Goyette a récolté 219 points et remporté deux médailles d’or olympiques, en plus de huit médailles d’or au Championnat mondial féminin de l’IIHF.

Son parcours n’a pas été simple et direct.

Malgré n’avoir bénéficié d’aucun entraînement formel, Goyette a facilement fait la transition vers un plus haut niveau de jeu. Sa capacité d’analyse et d’adaptation lui a permis de démontrer ses habiletés. Son plus gros défi était la communication.

« En vivant au Québec, je n’avais pas besoin de l’anglais », confie Goyette. « De 1992 à 1996, quand je revenais à la maison, je sentais que je manquais tellement de choses à propos de mon expérience avec l’équipe. » Elle était épuisée sur le plan émotionnel de ne pas comprendre ce qu’on lui disait. « Pendant des années, je me plaçais à l’arrière de la file dans les exercices, je regardais ce qui se passait et j’imitais les joueuses devant moi. »

Avec le hockey féminin qui faisait son entrée aux Jeux olympiques de 1998, Goyette savait qu’elle devrait déménager à Calgary pour la centralisation. Elle s’est rendue à l’ouest au mois d’août 1996. « Je me suis dit que j’y allais pour une saison. J’essaierais d’apprendre l’anglais avant de revenir à la maison ». À la place, elle n’est jamais repartie. « Cette décision a changé ma vie. Aujourd’hui, je vis en anglais. »

Goyette a inscrit le tout premier but du Canada aux Jeux olympiques au match d’ouverture face au Japon, obtenant un tour du chapeau dans ce duel. Elle a terminé le tournoi au sommet de la colonne des meilleures buteuses avec huit. Perdre au match pour la médaille d’or face aux États-Unis à Nagano a brisé le cœur des joueuses, selon ses dires, mais ce revers a également rendu l’équipe meilleure.

Goyette ne savait pas si elle allait obtenir une deuxième chance quatre ans plus tard. En 2001, elle a subi une chirurgie à l’épaule et elle était préoccupée par sa condition physique. Avant les Jeux, les Canadiennes ont perdu huit matchs de suite contre les Américaines. Cependant, elles ont stoppé leurs adversaires au moment le plus important et ont remporté l’or. Goyette a terminé en tête des meilleures pointeuses de son équipe avec 10 points.

« Quand tu obtiens cette médaille, tu te souviens des moments les plus difficiles que tu as vécus », dit-elle. « C’est ce qui rend une telle conquête aussi spéciale. Tu ne penses pas aux bons moments, mais bien à l’adversité à laquelle tu as fait face pour te rendre là. »

En 2006, Goyette était la porte-drapeau du pays à la cérémonie d’ouverture. « Je dis que c’était la concrétisation d’un rêve, mais ce n’est pas vraiment quelque chose auquel tu rêves quand tu t’entraînes. » Moins de deux semaines plus tard, elle a remporté sa deuxième médaille d’or olympique.

La dernière apparition de Goyette avec l’équipe nationale a été au Championnat mondial féminin 2007 de l’IIHF à Winnipeg. « Je voulais que mes amies et ma famille puissent me voir jouer une dernière fois », raconte-t-elle. « J’ai aimé chaque journée de ce tournoi. J’avais 41 ans, mais je me sentais comme si j’en avais 26. »

À trois ans des Jeux de Vancouver, Goyette se demandait encore si elle voulait jouer quand elle a reçu une offre intrigante : le poste d’entraîneure-chef de l’équipe de hockey féminin de l’Université de Calgary.

« Je ne crois pas que j’avais la personnalité pour devenir entraîneure-chef », admet-elle. « Je pensais me diriger vers la rénovation – acheter une maison, la rénover, me lancer en affaires – mais continuer de rester active dans le sport dans un rôle d’entraîneure adjointe.

« Mais en me rapprochant de la retraite, je me suis dit que j’allais tenter ma chance. » « Si je n’essaie pas, je ne le saurai jamais. »

Elle s’est alors lancée dans son nouveau rôle. Elle a trouvé des mentors provenant du domaine de l’entraînement au hockey et dans d’autres sports. Elle a pris des idées de ses anciens entraîneurs.

Il était important qu’elle reste liée au hockey.

« Être active dans le sport a changé ma vie », témoigne Goyette.

Autrefois timide et calme, elle peut maintenant entrer dans une salle et se présenter à des gens qu’elle ne connaît pas. Le sport, selon elle, représente la meilleure école de vie. Tu apprends à respecter ce que chacun apporte, à te pousser les journées où tu n’es pas au sommet de ta forme et à grandir dans l’adversité.

« Je sais à quel point j’ai changé en tant que personne et ce que le hockey m’a apporté. » Je veux que celles qui jouent pour moi vivent la même expérience. Je veux qu’elles progressent sur le plan individuel. »

Goyette a été entraîneure adjointe de l’équipe nationale féminine des moins de 18 ans du Canada au Championnat mondial féminin des M18 2008 et 2009 de l’IIHF.

Marie-Philip Poulin, aujourd'hui une double médaillée d’or olympique, a participé à ces deux éditions de ce tournoi.

« Je me souviens après la finale [en 2009] – nous venions de subir une défaite difficile – Danielle m’a mise de côté pour aller marcher avec elle », se souvient Poulin. « Elle a vraiment mis les choses en perspective et elle m’a appris beaucoup de choses durant cette marche. »

Poulin a grandi en regardant Goyette et France St-Louis et « le fait d’avoir des pionnières comme elle qui ont pavé la voie m’a aidée à croire en moi et à rêver d’un jour faire partie de l’équipe nationale. »

Poulin porte aujourd'hui le « C » à titre de capitaine et elle se souvient encore des mots de Goyette.

« Elle m’a enseigné à toujours me pousser », confie Poulin. « Ce ne sera pas facile des fois, mais pousse tes limites et rend les autres autour de toi meilleures. Elle m’a appris à un jeune âge à devenir une bonne chef de file. »

Goyette a mené l’Université de Calgary au Championnat national du SIC en 2011-2012. Elle a été une entraîneure adjointe aux éditions 2012 et 2013 du Championnat mondial féminin de l’IIHF, de même qu’aux Jeux olympiques d'hiver de 2014, remportant une troisième médaille d’or sur la plus grande scène du sport.

Pendant ce temps, elle a commencé à recevoir des honneurs à l’extérieur de la patinoire : intronisation au Temple de la renommée de la Fédération internationale de hockey sur glace en 2013 et au Panthéon des sports canadiens en 2015, en plus d’une nomination à l’Ordre du hockey au Canada en 2018.

L’an dernier, elle est devenue la cinquième femme intronisée au Temple de la renommée du hockey.

« C’est incroyable de voir ça », lance Poulin. « Ça nous fait rêver en tant que joueuse et que petite fille que peut-être un jour, ce sera notre tour. »

Goyette a joué au hockey pour l’amour de ce sport, non pas pour gagner des médailles et faire le tour du monde. C’est seulement en vieillissant qu’elle a réalisé l’impact qu’elle a eu sur les autres.

« Je prends cela au sérieux aujourd’hui parce que j’ai été inspirée par d’autres personnes, non seulement au hockey, mais dans la vie », explique-t-elle. « Je pense que tout le monde a besoin d’un modèle et si je peux aider une personne, j’ai fait mon travail. »

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