Quand quelque chose d’emballant et de formidable se produit dans notre vie,
il faut parfois un moment avant d’en saisir toute l’importance. Ce fut le
cas pour Donovan McCoy quand il a vu son nom apparaître à la télévision,
annonçant sa sélection comme 15e choix du repêchage 2020 de la
Ligue de hockey de l’Ontario (OHL).
« Mon père m’a pratiquement sauté dessus, parce qu’il a compris avant moi », se rappelle McCoy. « J’ai vraiment pris conscience de ce qu’il se
passait quand tout le monde s’est mis à célébrer, puis je me suis joint à
eux. »
La célébration a été rapidement suivie d’un appel du directeur général des
Petes de Peterborough, Michael Oke, pour féliciter McCoy.
« Ce furent probablement les 15 à 20 minutes les plus palpitantes de ma vie
jusqu’ici. »
L’enthousiasme du moment n’a pas échappé aux frères et sœurs de McCoy.
L’amour du hockey est profondément ancré dans sa famille, trois de ses cinq
frères et sœurs pratiquant aussi le sport.
Rheydan, qui a neuf mois de plus que McCoy, a souvent joué aux côtés de son
frère au fil des ans. Ils se sont intéressés au hockey après avoir passé du
temps dans les arénas avec leur père, Norman McCoy, qui s’occupe de
l’entretien des arénas pour le service des loisirs de la Ville de
Belleville.
« Rheydan joue à Napanee, où il a participé à quelques camps de juniors »,
explique le jeune patineur de 16 ans. « Son parcours sera peut-être plus
long, mais je lui parle tout le temps et je lui dis que ce n’est pas
impossible d’y arriver. »
Sa sœur Kalysia, âgée de 11 ans, a bien saisi l’esprit du hockey et tire
avantage de sa taille au sein de sa catégorie d’âge, selon McCoy.
« Si elle persévère, elle pourra faire ce qu’elle veut, peut-être même se
tailler une place au sein d’Équipe Canada et jouer dans l’élite du hockey
féminin. »
Âgé de 10 ans, Brycen voue une admiration sans bornes à son frère aîné. Il
a même choisi de porter le même numéro que Donovan quand il a joué pour les
Red Devils de Quinte.
« Mon jeune frère, il me suit et fait beaucoup de choses que je fais »,
raconte McCoy. « Il me pose toujours des questions sur différents joueurs
de Peterborough, ou même du camp de développement estival de l’équipe
nationale masculine des moins de 18 ans. Je sais qu’il aura tout plein de
questions pour moi quand je rentrerai à la maison. »
Ses deux autres frères et sœurs, Anthony Aylesworth et Adria,
respectivement âgés de 22 ans et de 6 ans, sont les seuls à ne pas jouer au
hockey, mais Adria devrait sauter la glace quand elle sera plus âgée. Sa
famille suivant ses traces, McCoy est très conscient de l’influence qu’il
exerce non seulement en tant que grand frère, mais aussi en tant que
mentor.
« J’ai l’impression d’être un entraîneur pour mes jeunes frères et sœurs,
de leur enseigner des choses ici et là, que nous soyons ensemble à la
maison ou sur la glace. Je me sens comme un modèle important, presque comme
un enseignant. »
Dans les familles qui comptent plusieurs joueurs de hockey, la
planification est d’or, et les sacrifices à faire sont nombreux. Norman
McCoy en sait quelque chose.
« Si vous aviez vu notre calendrier sur le réfrigérateur, surtout il y a
deux ans », raconte Norman. « Les cases étaient pleines de couleurs, une
par enfant, et c’était un arc-en-ciel du dimanche au dimanche. »
Confronté à quatre horaires de hockey distincts avec lesquels jongler,
Norman est très reconnaissant du soutien de sa famille et de ses amis dans
la communauté du hockey. Le fait d’avoir un groupe de soutien si nombreux
permet à la famille de veiller plus facilement à ce que chaque enfant soit
là où il doive être.
« Quand on dit que ça prend un village pour élever des enfants, ce n’est
pas un cliché, c’est très vrai », dit-il. « Ça prend de bonnes personnes
dans notre entourage pour nous aider à y parvenir, surtout pour les
familles dont plusieurs enfants jouent au hockey. On ne peut pas être
partout en même temps. »
Bien sûr, jongler avec tous ces horaires se révèle parfois difficile. Il
n’est pas rare que les temps libres que Norman et Tammy, la belle-mère de
McCoy, avaient prévus servent finalement à conduire les enfants à des
tournois, ou qu’on doive rater la première période d’un match pour jongler
avec d’autres priorités. Mais si c’était à refaire, Norman n’y changerait
absolument rien.
« Quand je vois où ils sont rendus et où s’en vont les autres qui sont
encore en début de parcours… les sacrifices en valaient assurément la
peine. »
McCoy est très conscient de ces sacrifices. Il est reconnaissant d’avoir le
soutien de son père, de sa belle-mère, de sa mère Lisa Aylesworth, de son
beau-père Ron Anderson, de même que de tous ses frères et sœurs.
« Ça compte beaucoup pour moi de savoir qu’ils sont là, à mes côtés », dit
McCoy. « Je suis heureux qu’ils aient consenti à faire ces sacrifices et à
m’aider à me rendre là où je suis aujourd’hui. »
Bien que cela fasse plus d’un an que McCoy a été réclamé par les Petes, la
pandémie de COVID-19 a retardé ses débuts dans l’OHL. Pendant le
prolongement de la saison morte, McCoy est allé à la salle de sport, a
sauté sur la glace quand il le pouvait et a travaillé avec des préparateurs
physiques pour achever les programmes estivaux afin de garder la forme.
« Au début, c’était vraiment difficile », raconte-t-il. « Je devais
vraiment faire un effort conscient pour garder le moral alors que la saison
était sans cesse repoussée, puis annulée. Je devais continuer à miser sur
les aspects positifs de ce que je faisais, en espérant simplement que
quelque chose finisse par débloquer. »
La pandémie a aussi donné à la famille McCoy l’occasion de passer plus de
temps ensemble avant le départ de Donovan pour Peterborough. Il est
important pour lui de montrer son soutien à ses frères et sœurs, alors
chaque fois qu’il le pouvait, McCoy assistait à leurs matchs pour les
encourager.
« Je n’aurais pu souhaiter meilleure relation entre tous mes enfants », dit
Norman.
À la maison, McCoy aide ses jeunes frères et sœurs à faire leurs devoirs,
prépare les dîners et joue avec eux, qu’il s’agisse de jeux vidéo ou de
minihockey.
« Je pense que je suis toujours invaincu dans ma famille », dit-il à propos
de sa carrière de minihockey. « Je ne pense pas qu’aucun d’entre eux ne me
battra de sitôt, donc je serai probablement invaincu encore quelque temps. »
Les activités de l’OHL étant en voie de reprendre en octobre, McCoy est
impatient de jouer enfin avec ses nouveaux coéquipiers au camp
d’entraînement des Petes. Sa famille a déjà prévu le déplacement pour
assister à ses matchs hors-concours et à son match d’ouverture à domicile.
L’une des choses qui plaisent le plus à McCoy du fait de jouer à
Peterborough? Il ne faut que 90 minutes en voiture pour rentrer chez lui à
Belleville.
« Mes amis me taquinent en me disant qu’ils vont venir souvent à
Peterborough, puisque c’est proche. C’est une bonne chose de savoir que mes
amis et ma famille sont près de moi, qu’ils sont toujours là pour me
soutenir. »