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Six questions à Paul Jerrard

L’entraîneur adjoint de l’Université du Nebraska à Omaha parle de son parcours au hockey, de la représentation des Noirs chez les entraîneurs et de conseils pour l’avenir

Ezra Ginsburg
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24 février 2021
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Joueur et entraîneur depuis 30 ans, Paul Jerrard connaît bien le hockey.

Après une carrière de 10 ans comme joueur au cours de laquelle il s’est beaucoup promené (jouant notamment cinq parties dans la LNH avec les North Stars du Minnesota en 1988-1989), Jerrard parcourt l’Amérique du Nord à titre d’entraîneur depuis 1997. D’abord dans la Ligue américaine de hockey et la Ligue nationale de hockey (avec Colorado, Dallas et Calgary), puis avec l’Université du Nebraska à Omaha, où il en est actuellement à sa troisième saison comme entraîneur adjoint.

Hockey Manitoba s’est entretenu avec lui, l’un des rares entraîneurs noirs au hockey, pour parler de sa carrière, de l’avenir pour les entraîneurs des communautés de PANDC et de son message pour la prochaine génération.

HM : Vous avez grandi à Winnipeg, où vous jouiez au hockey. Comment c’était?

PJ : J’étais comme n’importe quel autre petit Canadien, qui tombe amoureux du hockey en regardant Hockey Night in Canada. Il fait froid à Winnipeg, et le hockey est un sport d’hiver. Mon père m’y a initié dès mon plus jeune âge. J’étais très passionné. Je jouais sur glace dans le club communautaire local et regardais les matchs à la télé, je voyais le hockey dans ma soupe.

HM : Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir entraîneur à la fin de votre carrière comme joueur?

PJ : J’ai joué pendant 10 ans dans la Ligue américaine de hockey et l’ancienne Ligue internationale de hockey. J’ai commencé à m’intéresser à la profession d’entraîneur vers la fin de ma carrière de joueur, et j’ai voulu essayer. La dernière année où j’ai joué, j’avais 32 ans, j’étais marié et père de deux enfants. Il restait une année à mon contrat quand s’est présentée à moi l’occasion de retourner à l’Université Lake Superior State, où j’ai étudié, pour y entamer ma carrière d’entraîneur. J’ai senti qu’une telle occasion ne se présenterait peut-être pas plus tard, alors j’ai choisi d’en profiter.

HM : Quand vous étiez entraîneur adjoint avec les Flames de Calgary, de 2016 à 2018, vous étiez le seul entraîneur noir de la LNH. Comment pouvons-nous assurer une meilleure diversité, pas seulement au niveau professionnel, mais à tous les niveaux?

PJ : Ça commence à l’échelle locale. J’ai été chanceux, car après avoir joué au hockey mineur, j’avais un peu de crédibilité comme joueur. Les gens avaient entendu parler de moi, alors j’ai pu me lancer et tisser des liens, encore et encore. J’ai été extrêmement chanceux d’avoir l’occasion de travailler dans la Ligue nationale de hockey. Calgary a été mon troisième et dernier arrêt dans la LNH, mais tout était une question de réseautage. Je pense que nous devons inciter davantage de personnes de couleur à s’impliquer dans le sport à un jeune âge et à rester impliquées.

HM : Le 30 novembre 2018, l’Université du Nebraska à Omaha jouait contre le Collège du Colorado. C’était la première fois qu’un affrontement en saison régulière opposait des écoles de la NCHC avec des entraîneurs noirs, soit Leon Hayward et vous. Deux ans plus tard, qu’est-ce que ce moment historique signifie pour vous?

PJ : Je n’y avais jamais pensé sous cet angle. En rétrospective, c’est plutôt bien. J’étais honoré d’en faire partie. Nous étions tous les deux très chanceux de jouer ces rôles, mais aussi d’être une source d’inspiration et d’espoir pour les personnes de couleur qui souhaitent intégrer le hockey universitaire et les niveaux élites.

HM : À votre avis, où en est le hockey quant à la lutte contre le racisme?

PJ : On voit de plus en plus de joueurs de couleur au hockey, davantage que lorsque j’étais jeune. C’est super, mais ça doit commencer bien avant ça. Il faut inviter les personnes de couleur à s’impliquer dans les programmes à l’échelle locale. Avec le temps, on verra davantage de joueurs de couleur, on les verra progresser dans le sport, et ils seront plus nombreux à atteindre la Ligue nationale de hockey. Quand j’étais jeune, j’étais le seul Noir parmi une douzaine d’enfants dans l’équipe de hockey. Il n’y avait pas beaucoup d’enfants noirs dans les équipes. Il y avait très peu de personnes de couleur. Ça explique probablement pourquoi on voit peu de joueurs de couleur dans la Ligue nationale de hockey. À tous les niveaux, le hockey est un sport où les Blancs sont majoritaires. La clé ici, c’est l’aspect économique, et l’ouverture du hockey à tous, peu importe leurs origines.

HM : Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes entraîneurs noirs ou aux personnes de couleur qui s’intéressent au rôle d’entraîneur?

PJ : J’ose espérer que c’est inspirant de voir des entraîneurs comme moi, Mike Grier, ou encore Joel Ward, qui débute dans la Ligue américaine de hockey. Je leur dirais d’aller au bout de leurs rêves. C’est ce que nous avons tous fait. Nous n’allions pas baisser les bras. Et c’est bien de rêver, mais il faut aussi travailler. Quand je pense à ma carrière, je reconnais que j’ai eu beaucoup de chance de croiser sur mon chemin de bonnes personnes qui m’ont aidé, mais j’ai aussi travaillé fort pour obtenir ces postes.

Personne ne peut changer le passé, mais nous pouvons sensibiliser la prochaine génération aux questions raciales et l’aider à être plus respectueuse de toutes les origines ethniques et de tous les genres, et aussi de la communauté LGBTQ+. Nous pouvons faire preuve de tolérance et être une société où tout le monde coexiste et respecte les différences de chacun. En tant que père, mari, entraîneur et modèle, je veux m’assurer que c’est ce que je projette à mes joueurs. J’espère qu’ils voient comment je me comporte et qu’ils feront de même, qu’ils insuffleront l’optimisme et la tolérance chez les autres. C’est ainsi que les choses vont s’améliorer au fil du temps.

Pour plus d'informations :

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