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Aucun amour n’est hors-jeu

En dévoilant son orientation sexuelle, Mélodie Daoust s’est affirmée, ce qui a transformé sa vie sur la glace et à l’extérieur des patinoires

Chris Jurewicz
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18 juin 2020
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Il aura fallu de la force et du courage, et ce fut tout sauf simple.

Dans la vie, les choses les plus difficiles, et celles qui mènent aux plus belles récompenses, sont généralement celles qui sont les plus exigeantes à faire.

Mélodie Daoust savait depuis un certain temps qu’elle était en amour avec son amie de longue date Audrey St-Germain. Mais il lui a fallu de la force et du courage, ainsi que du temps, pour pouvoir l’admettre ouvertement.

« Au début, je n’étais pas certaine ou j’avais peur des réactions, surtout de celles de ma famille et de mes amis », raconte la joueuse de 28 ans qui a gagné une médaille d’or olympique avec l’équipe nationale féminine du Canada en 2014. « J’ai gardé le secret pendant environ trois ans avant de décider de m’affirmer et d’être capable de m’accepter. »

« Je l’ai d’abord annoncé aux membres de ma famille, qui ont respecté ma réalité, tout en ayant besoin de temps pour s’y faire. Comme moi, ils devaient digérer le tout, mais ils se sont vite rendu compte que j’étais toujours la même personne. Quant à mes amis, ils m’ont dit que je pouvais faire ce que je voulais tant que ça me rendait heureuse. Ça m’a beaucoup facilité la vie. Je n’ai jamais eu à traverser des moments difficiles avec ma famille et mes amis, donc c’était super pour moi. »

C’était en 2013. Daoust dit que le dévoilement de son orientation sexuelle lui a donné l’impression qu’un immense poids était retiré de ses épaules. Elle pouvait enfin être elle-même en compagnie de sa famille et de ses amis sans avoir à se cacher.

Daoust et St-Germain se connaissent depuis très longtemps. Elles se sont rencontrées à l’âge de 10 ans à un camp estival de hockey et ont ensuite foulé la même glace ensemble à différentes occasions au fil des années suivantes. Même si elles ont pris des chemins différents à l’adolescence, Daoust et St-Germain ont fini par se retrouver. Leur relation a grandi, elles sont tombées en amour et se sont mariées en août 2019. Elles ont également accueilli la naissance de leur fils Mathéo en mai 2018.

« C’est incroyable. Il nous rend très heureuses, c’est sûr », affirme Daoust. « Son arrivée dans nos vies nous a comblées au plus haut point. Il est débordant d’énergie, très gentil et respectueux. Il veut jouer à de nouveaux jeux tous les jours. Il est en train d’apprendre à parler. Je lui montre l’anglais, et ma partenaire lui enseigne le français. Nous essayons de l’élever et de lui apprendre le respect de la meilleure façon possible. On espère qu’il deviendra un jeune garçon fort et respectueux. »

Daoust sait bien que son style de vie n’est pas accepté de tous. Elle se considère tout de même chanceuse – le hockey a toujours été un milieu accueillant. Daoust s’est jointe au programme de Hockey Canada au sein de l’équipe nationale féminine des moins de 18 ans du Canada en 2009 et dit ne pas avoir été victime d’intolérance.

Comme jeune joueuse, elle a vu des vétérantes à l’aise de dévoiler leur orientation sexuelle, ce qui lui a permis de gagner en confiance quant à son identité. Selon elle, le programme appuie tout le monde, sans égard à la race, au genre ou à l’orientation sexuelle.

« J’ai l’impression que c’est discuté ouvertement par tous dans le monde du hockey, ce qui aide vraiment tout le monde à se sentir accueilli et accepté », estime Daoust. « Nous savons que Hockey Canada nous appuie et soutient chaque joueuse, peu importe sa nationalité, la couleur de sa peau ou la personne avec qui elle partage sa vie personnelle. Ça rend le tout beaucoup plus facile pour être soi-même et faire preuve d’ouverture par rapport à tout ça. Tous les entraîneurs dans l’organisation connaissent les joueuses et leur vie si elles choisissent d’en parler, et rien ne les rend plus heureux que de les savoir heureuses. »

Gina Kingsbury est la directrice des équipes nationales féminines de Hockey Canada. Elle est également une ancienne joueuse qui a disputé 116 matchs au sein de l’équipe nationale féminine du Canada pendant sa carrière, au cours de laquelle elle a gagné deux médailles d’or olympiques et deux titres mondiaux.

Actuellement, Kingsbury détient l’un des postes les plus importants au hockey féminin. En plus de veiller à ce que les équipes du programme soient les plus performantes possible sur la glace et à ce que le hockey féminin croisse d’un océan à l’autre à l’autre, elle s’assure que toutes les athlètes sont en mesure d’évoluer, de s’entraîner et de grandir dans un milieu accueillant et inclusif.

Âgée de 38 ans, Kingsbury soutient que Hockey Canada développe une culture d’inclusion depuis de nombreuses années, que l’organisation tâche de prendre des mesures concrètes.

« C’est une culture qui s’est bâtie au fil de nombreuses années. Je crois que ce n’est rien de nouveau pour nous », estime Kingsbury. « Ça fait partie de qui nous sommes et c’est grâce aux personnes extraordinaires qui font partie de notre programme. Nous nous assurons de créer un milieu inclusif qui permet aux personnes d’être elles-mêmes et de se sentir acceptées, et je suis d’avis que le fait de se sentir en sécurité dans ce milieu favorise le succès. Ça nous permet non seulement d’être proches au sein de l’équipe et du programme, mais aussi d’avoir du succès dans ce qu’on fait. Ça montre aussi que nous donnons l’exemple mondialement à ce titre depuis de nombreuses années. »

Juin est le Mois de la Fierté au Canada, où on célèbre la communauté LGBTQ2+, qui comprend lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, allosexuels, bispirituels ainsi que d’autres genres et identités sexuelles. Par le passé, les athlètes de Hockey Canada, y compris celles du programme féminin, ont participé aux défilés de la Fierté partout au pays. Même si la COVID-19 a contraint les organisateurs à annuler les défilés prévus à travers le Canada, Kingsbury est convaincue que certaines de ses athlètes trouveront d’autres manières de montrer leur appui.

Entretemps, Daoust se prépare à diriger des camps virtuels pendant deux semaines et a très hâte de sauter à nouveau sur la glace. Elle a tout de même apprécié son temps à domicile, où elle s’est entraînée dans un espace qu’elle a aménagé dans son garage et a profité de la présence de St-Germain et de Mathéo.

Daoust est reconnaissante envers sa famille et ses amis pour le soutien qu’ils lui ont apporté et qu’ils continuent de lui offrir. Et bien qu’elle ne se considère pas comme un modèle ni comme quelqu’un qui étale sa vie personnelle au grand jour, elle est consciente que ses efforts dans l’affirmation de son orientation sexuelle pourraient être bénéfiques pour d’autres personnes.

« Je pense que si je peux aider quelqu’un dans son parcours pour s’ouvrir à ce sujet, c’est quelque chose qui me rendra heureuse », affirme-t-elle. « Je suis d’avis que l’amour est aveugle, il suffit d’écouter son cœur. C’est tout ce qui compte. Si tu es heureuse, les personnes autour de toi le seront aussi. »

Pour plus d'informations :

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Coordonnatrice, relations médias
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Coordonnateur, communications
Hockey Canada
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