Un pas de géant...
Le tournoi du Mondial féminin de 1987 a ouvert la porte aux championnats mondiaux et aux Jeux olympiques et a changé à jamais l'avenir du hockey féminin
Jason La Rose
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29 juin 2017
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Avec l'ajout bien mérité de Fran Rider parmi les géants du hockey à titre de personnalité honorée de l’Ordre du hockey au Canada, le moment semble idéal pour revenir sur l'une des réalisations dont elle est la plus fière.

Le mois d'avril a marqué le 30e anniversaire du premier tournoi international de hockey féminin dont Rider était à la tête de l'organisation, un championnat mondial non officiel qui a réuni sept équipes à North York, Ont.

Une vision d'un Mondial féminin officiel et d'une place aux Jeux olympiques existait en 1987, mais Rider s'est constamment fait dire qu'aucune ne se réaliserait durant sa vie. Le hockey féminin à l'échelle locale n'était pas assez fort, selon ceux qui n'y croyaient pas. Ce qu'elle a eu par contre, c'est de voir un tournoi mondial être sanctionné par la Fédération internationale de hockey sur glace.

« En probablement trois mois, nous avions des équipes si nous avions de l'argent et nous avions de l'argent si nous avions des équipes », lance Rider. « Nous avons eu de la difficulté, vraiment beaucoup de difficulté. Nous ne savions pas si nous allions voir ce projet aboutir. Ce que nous avions, c'était cette volonté sincère des joueuses. »

Insatisfaite de la décision de ne pas autoriser la mise en échec, l'Allemagne de l'Ouest a déclaré forfait peu de temps avant le tournoi. L'événement était sur le point d'être annulé. Ce soir-là, Rider jouait un match dans la Central Ontario Women’s Hockey League, précurseur de la National Women’s Hockey League, aujourd'hui connue sous le nom de la Ligue canadienne de hockey féminin, contre Hamilton. À chaque arrêt de jeu, les joueuses l'approchaient pour s'assurer que le tournoi aurait lieu.

« Je les ai regardées dans les yeux et je ne pouvais dire non. Nous nous sommes regroupées et j'ai dit qu'il fallait continuer de pousser. »

En fin de compte, six pays – et une province – ont participé au tournoi et cinq autres pays ont envoyé des délégués. La force du hockey féminin a fait taire les sceptiques. Et en 1990, le Championnat mondial féminin de l'IIHF était né.

Mais n'allons pas trop loin... tout a commencé en 1987.

Alors que Rider a réuni le monde du hockey et organisé des réunions qui allaient forger l'avenir de ce sport, sept formations ont marqué l'histoire du hockey féminin au North York Centennial Arena.

Le Canada – représenté par l'équipe championne nationale des Golden Hawks de Hamilton (avec l'aide de quelques joueuses de partout au pays) – était accompagné des États-Unis, du Japon, des Pays-Bas, de la Suède et de la Suisse, avec les Warriors de Mississauga, qui représentaient l'Ontario.

« C'est la plus belle chose qui est survenue en hockey féminin depuis l'apparition du championnat national féminin il y a six ans », avait mentionné Lee Trempe, entraîneur-chef des Warriors, au Toronto Star avant le tournoi. « Je n'ai aucune idée comment les autres pays jouent ou à quoi m'attendre. Je peux avoir une idée des États-Unis puisque nous nous ressemblons dans les sports, mais les autres... nous devrons attendre et voir. »

Sans surprise, ce sont les Nord-Américaines qui ont rapidement démontré qu'elles étaient les équipes à battre. Le Canada, l'Ontario et les États-Unis ont dominé la ronde préliminaire, terminant avec un différentiel de buts combiné de +158.

Après un gain de 8-2 du Canada contre la Suède en demi-finale, l'Ontario a vaincu les États-Unis 5-2, mettant la table pour un duel canadien auquel on s'attendait avant le lancement du tournoi.

Le Canada avait eu le dessus en ronde préliminaire, l'emportant 5-0, et le résultat a été similaire avec la Hazel McCallion World Cup – nommée en l'honneur de la mairesse de longue date de Mississauga et partisane de hockey féminin qui jouait le rôle de présidente honoraire du tournoi – à l'enjeu.

Janet Stone a ouvert la marque à mi-chemin en première période et la gardienne de but canadienne Cathy Phillips s'est imposée. Colleen Cohen, Kelly Weaver et Shirley Cameron ont ajouté des buts en deuxième moitié du troisième tiers pour sceller l'issue du match à 4-0, permettant au Canada de se hisser sur la plus haute marche du podium.

« Nous avons ouvert les yeux de plusieurs personnes sur le hockey féminin », avait déclaré la capitaine Marion Coveny au Star. « Le sentiment que nous vivons est incroyable. C'est malade! Nous devons donner le crédit à tout le monde dans l'équipe, ça n'a pas été une victoire facile. »

Phillips a été nommée Meilleure gardienne de but du tournoi, tandis que l'Albertaine Dawn McGuire ajoutée à la formation de Hamilton pour le tournoi, a remporté le prix de la Joueuse par excellence.

Elles étaient deux des six membres d'Équipe Canada (plus l'entraîneur-chef Dave McMaster) qui ont été à Ottawa trois ans après pour le premier Championnat mondial féminin de l'IIHF officiel, avec trois joueuses d'Équipe Ontario – dont les éventuels membres du Temple de la renommée du hockey Angela James et Geraldine Heaney.

Huit ans plus tard, Heaney et France St-Louis – la seule porte-couleurs de Hamilton de 1987 – ont réalisé leur rêve de participer aux Jeux olympiques, à Nagano.

Et quand Heaney a mis fin à sa carrière avec une médaille d'or olympique à Salt Lake City en 2002, 6,225 millions de Canadiens ont vu le match en direct sur CBC, une augmentation monstre par rapport aux 1 000 personnes qui ont assisté à la finale non télévisée de 1987.

Aujourd'hui, la prochaine génération d'Équipe Canada se prépare pour une autre incursion sur une patinoire olympique.

Et même si la plupart des Canadiennes qui iront à PyeongChang en février prochain n'étaient même pas nées en 1987, elles porteront à jamais un morceau de North York avec elles... parce que l'aventure devait commencer quelque part.

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