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La meilleure équipe de tous les temps?

Il y a dix ans, Ontario Rouge a dominé toutes ses adversaires dans sa quête d’une médaille d’or au Championnat national féminin des moins de 18 ans

Wendy Graves
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8 novembre 2015
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Il y a dix ans, il semblait tout à fait réaliste de s’attendre à ce qu’Ontario Rouge soit une équipe difficile à battre au Championnat national féminin des moins de 18 ans 2005. Après tout, l’équipe misait sur 8 joueuses qui, dix mois plus tôt, avaient remporté l’or à l’édition précédente de ce tournoi alors tenu en hiver.

Toutefois, personne n’avait prédit que le son de la sirène signalant la fin du dernier match marquerait aussi la fin d’une séquence de 291 min 52 s sans accorder de but et d’un parcours où 19 buts ont été inscrits alors qu’un seul a été accordé, le tout sans jamais tirer de l’arrière.

« À mon avis, il y avait simplement un nombre incroyable de joueuses talentueuses cette année-là », affirme Christina Kessler, qui garde aujourd’hui les buts des Furies de Toronto dans la Ligue canadienne de hockey féminin. « Beaucoup de joueuses ont poursuivi leur carrière au niveau universitaire et au sein du programme national. »

Des 20 joueuses qui se trouvaient à Salmon Arm, en Colombie-Britannique, à l’automne 2005 :

  • 3 d’entre elles ont ensuite remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver de 2014 : Rebecca Johnston, Natalie Spooner et Jennifer Wakefield (Johnston ajoutait cette médaille à sa récolte olympique de 2010);

  • 7 ont porté par la suite les couleurs de l’équipe nationale féminine du Canada dans le cadre de compétitions internationales : Kessler, Johnston, Spooner et Wakefield ainsi que Vicki Bendus, Courtney Birchard et Mallory Deluce;

  • 10 ont subséquemment fait partie de l’équipe nationale féminine des moins de 22 ans du Canada (maintenant appelée l’équipe de développement) : les 7 joueuses susmentionnées ainsi que Cristin Allen, Jasmine Giles et Britni Smith.

« Cette formation débordait d’attaquantes douées capables de marquer des buts », se rappelle Smith, alors défenseure et désormais entraîneure adjointe à l’Université Clarkson. « Notre noyau défensif pouvait stopper l’attaque adverse tout en générant du jeu offensif au besoin. » Les gardiennes Kessler et Jamie Miller pouvaient remporter des matchs à elles seules. « C’est difficile de cibler la force principale de l’équipe, parce que nous formions vraiment une équipe complète cette année-là. »

Même aujourd’hui, les membres de l’équipe elles-mêmes s’avouent impressionnées lorsqu’elles regardent le nom des joueuses qui composaient l’équipe.

« Il suffit de voir les joueuses que nous avions pour savoir que nous étions une équipe rapide et, selon moi, très talentueuse », analyse Johnston, membre de l’équipe nationale féminine du Canada depuis 2007. « Je pense que la vitesse était notre plus grand atout. »

Aux camps de sélection, le niveau de compétition relevé permettait d’ores et déjà aux joueuses de constater que l’équipe ne souffrirait pas d’un manque d’habiletés.

« Nous avons senti dès le départ que nous formions un groupe très spécial », témoigne Smith. « Je ne pense pas que nous aurions pu prédire que nous n’allions accorder qu’un seul but et que nous serions si dominantes tout au long du tournoi, mais nous savions que tous les éléments étaient en place et qu’il nous suffirait de mettre nos efforts en commun le moment venu. »

La vitesse à laquelle la chimie s’est installée au sein de l’équipe – un élément essentiel lors d’un tournoi de courte durée – a aussi joué un rôle clé, selon Birchard. « Peu importe le niveau de talent présent, si une équipe ne parvient pas à appliquer collectivement les systèmes de jeu, elle finira par s’écrouler. »

« Nous avons su nous unir rapidement », confirme Smith. « Je dirais que nous étions une équipe tissée serrée dès le départ. »

Ontario Rouge et Ontario Bleu avaient passé une fin de semaine au Teen Ranch de Caledon, en Ontario, avant le tournoi. « J’ai l’impression que les filles aujourd’hui sont un peu plus appelées à connaître les autres équipes », affirme Birchard, qui était alors attaquante, mais qui occupe maintenant un poste de défenseure au sein d’Équipe Canada. « À mon époque, nous ne connaissions pas beaucoup les filles des autres équipes [de club]. » Des liens se formaient, des tours se jouaient (elle entend encore les échos d’une sérénade au son des casseroles en guise de réveil plutôt matinal, gracieuseté d’Ontario Bleu), et les joueuses de part et d’autre s’étaient dirigées vers l’ouest avec le sentiment de former une grande famille, soit celle d’Équipe Ontario.

La familiarité était également de la partie. L’équipe comptait trois joueuses du Lightning de Durham, trois joueuses des Dolphins d’Etobicoke et six joueuses des Aeros de Toronto. (Les Aeros, dont faisaient partie Kessler et Birchard, avaient terminé la saison 2005-2006 sans subir de défaite, remportant le championnat de la PWHL et la médaille d’or au championnat provincial de l’OWHA.)

« La façon dont une équipe s’unit compte pratiquement autant que les systèmes de jeu qu’elle applique et son exécution sur la glace », dit Smith. « Nous nous connaissions tout de même bien, alors il nous a été facile de développer une chimie rapidement, ce qui était de bon augure quant au rythme auquel nous allions amorcer le tournoi, pour ensuite ne jamais ralentir. »

Le tournoi disputé en novembre 2005 n’était que le troisième championnat national féminin des moins de 18 ans, mais une tendance se dessinait déjà. Ontario Rouge avait remporté le championnat inaugural en 2001 et avait ensuite défendu son titre quatre ans plus tard en janvier 2005. L’équipe s’imposait clairement comme la favorite.

Mais tout le monde aime voir une équipe causer la surprise.

« Nous avions un bel appui de la foule et de nombreux partisans, mais, au final, les gens voulaient tous que nous perdions », dit Birchard en riant. « Je m’en souviens encore. »

Ontario Rouge a connu un parcours sans faille en ronde préliminaire, blanchissant au passage le Manitoba (4-0), la Saskatchewan (5-0) et l’Alberta (3-0). Onze joueuses se sont inscrites au pointage dans la victoire contre l’équipe de l’Atlantique en demi-finale.

Avant le match pour la médaille d’or contre le Québec, les entraîneurs ont donné aux joueuses des lettres qu’ils avaient demandé aux parents d’écrire à leurs filles.

« J’étais en dixième année à ce moment », se souvient Smith. « Pour la jeune fille que j’étais, c’était un peu une révélation [d’apprendre] à quel point mes parents étaient fiers de moi. C’était simplement un moment touchant et rassembleur avant le dernier match, ce qui nous a ensuite permis de foncer tête baissée. »

Johnston a inscrit un but en première période, et Bendus en a fait autant en deuxième. Avec 8 min 8 s à jouer en troisième, Audrey Cournoyer a finalement battu Kessler pour porter la marque à 2 à 1, ce qui s’est avéré le pointage final.

« Le plus remarquable a été de disputer un match aussi serré au moment décisif, d’avoir à s’unir comme équipe dans l’adversité alors que nous n’avions pas vraiment été mises à l’épreuve de la sorte avant ce match final », affirme Smith.

Johnston a été nommée meilleure avant, tandis que Kessler a remporté le titre de meilleure gardienne de but.

Dix ans plus tard, bon nombre des joueuses conservent toujours un lien qui les unit à cet événement. Birchard, aujourd’hui entraîneure de l’équipe midget AA des Hornets d’Oakville, voit une de ses anciennes joueuses, Brooke Jovanovich (membre d’Ontario Bleu cette année), suivre un parcours identique au sien lorsqu’elle avait 18 ans. Kessler, quant à elle, dirige une école de gardiens de but, où une de ses élèves, Stephanie Neatby, joue à son tour pour Ontario Rouge.

À titre d’entraîneure de l’équipe nationale féminine des moins de 18 ans du Canada cette saison, Smith a déjà travaillé avec bon nombre des joueuses à Huntsville, autant lors de la vitrine estivale de Hockey Canada que de la série de trois matchs cet été contre les États-Unis.

En outre, la fierté provinciale continue d’habiter les joueuses, même lorsqu’elles portent le chandail de l’équipe nationale. Selon Birchard, il n’est pas rare de voir des anciennes d’Équipe Québec ou d’Équipe Ontario prendre des photos ensemble après que la formation d’Équipe Canada ait été nommée.

Pendant les camps ou les compétitions de l’équipe nationale, l’esprit de partisanerie ne cesse pas pour autant parmi les joueuses.

« Nous encourageons chacune notre province et nous nous taquinons », avoue Johnston. « Nous aimons suivre [cet événement], parce qu’il s’agit vraiment d’une étape importante dans le hockey féminin et le développement des jeunes. »

Par ailleurs, il est toujours amusant de lancer des moqueries sans malice aux dépens de ses amies.

« C’est vrai que nous avons tendance à nous vanter », avoue Johnston en riant, « mais l’Ontario mérite bien de fanfaronner un peu ».

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