TOUS ENSEMBLE de Janes : Vicky Sunohara

Membre de la première édition d’Équipe Canada en 1990, la double médaillée d’or olympique a été aux premières loges pour assister à l’évolution du hockey féminin


par Chris Jurewicz

Il y a une scène dans The Game of Her Life, un documentaire de l’Office national du film qui suit l’équipe nationale féminine du Canada avant et pendant les Jeux olympiques d’hiver de 1998, qui porte sur l’enfance de Vicky Sunohara.

L’extrait comprend des photos de Sunohara et de son père et le son d’une cassette sur laquelle on entend papa et Vicky, alors âgée de deux ans, jouer au hockey au sous-sol. Le père de Sunohara, décédé quand elle avait sept ans, dit « lance », puis elle crie « compte! ». Cette cassette, qui date du 21 novembre 1972, immortalise de beaux moments entre père et fille.

« Mon père m’a appris à patiner quand j’avais deux ans ou deux ans et demi, je crois », raconte Sunohara. « Il construisait une petite patinoire dans la cour arrière. Il s’occupait de la patinoire de l’école publique et il avait l’habitude d’aller arroser les patinoires. J’ai donc eu accès à beaucoup de glace. Dans tous mes souvenirs de lui, nous jouons au hockey, nous sommes à l’extérieur, à la patinoire ou au sous-sol. Je me souviens que j’avais l’habitude d’attendre qu’il rentre du travail pour aller jouer au hockey au sous-sol. »

Le père de Sunohara a inculqué l’amour du hockey à sa fille. Cet amour a contribué à faire d’elle l’une des plus grandes hockeyeuses que le Canada ait produites. Double médaillée d’or olympique et septuple championne mondiale, Sunohara a déjà été décrite comme la Wayne Gretzky du hockey féminin. Elle a disputé 164 matchs sur la scène internationale au cours de sa carrière de 18 ans, de la première édition officielle du Championnat mondial féminin de l’IIHF en 1990 au Mondial féminin de 2007.

Comme beaucoup de filles qui ont grandi dans les années 1970, Sunohara a commencé à jouer au hockey organisé avec les garçons. Cependant, à l’âge de huit ou neuf ans, de plus en plus de filles jouaient au hockey dans sa ville natale de Scarborough, et elle s’est jointe à une ligue.

« Je pense que le seul souci [avec la ligue féminine] était qu’on me faisait sans cesse monter de division, donc je jouais avec des contacts et des mises en échec quand j’étais assez jeune et que les autres filles avaient quelques années de plus que moi », dit Sunohara. « Elles étaient plus imposantes et plus expérimentées pour ce qui est des mises en échec. Toutefois j’ai appris et, après un certain temps, les mises en échec ont été abolies. Je voulais simplement jouer. Je me fichais de jouer dans une ligue masculine, une ligue féminine, je jouais avec des filles plus âgées que moi à l’époque. Je voulais simplement jouer. »

À l’âge de 16 ans, Sunohara a été choisie comme porte-drapeau des États-Unis au Tournoi mondial de hockey féminin de 1987, le premier événement international féminin organisé. Même s’il ne s’agissait pas d’un événement officiellement sanctionné par l’IIHF, le tournoi a été un tremplin vers le Championnat mondial féminin 1990 de l’IIHF.

« Porter le drapeau fut une expérience vraiment formidable pour moi, mais ce n’était pas suffisant », dit-elle. « Je voulais tellement jouer. Par contre, j’étais trop jeune à l’époque. C’est à ce moment-là que j’ai pensé : “Si cela se reproduit, je veux être de la partie.” »

Sunohara a eu sa chance en 1990 et se souvient encore de l’exaltation de s’aligner avec les meilleures au pays.

« Être sur la glace avec France St-Louis et Sue Scherer, Dawn McGuire, Angela James, France Montour – le simple fait d’être sur la glace avec toutes ces joueuses que je ne connaissais pas vraiment. Elles étaient tellement bonnes. Elles étaient tellement expérimentées », dit Sunohara. « Elles avaient joué les unes contre les autres aux championnats nationaux, elles se connaissaient un peu plus. C’était ma première fois. Avant cela, si quelqu’un me demandait qui sont mes héros au hockey, je répondais Wayne Gretzky… c’était tous des hommes. Puis, je saute sur la glace avec elles et je me rends compte à quel point elles sont géniales. »

Quelques membres de ce même groupe, dont Sunohara, allaient par la suite participer au premier tournoi olympique de hockey féminin en 1998. Bien que le Canada ait perdu la finale face aux États-Unis, une défaite que Sunohara qualifie de « crève-cœur », les Jeux de 1998 se sont déroulés à Nagano, au Japon, à environ 80 kilomètres de l’endroit où les grands-parents paternels de Sunohara ont grandi. Elle a eu l’occasion d’en apprendre davantage sur son histoire familiale et de rencontrer des membres de sa famille dont elle ignorait l’existence.

Sunohara et Équipe Canada ont vengé la défaite de 1998 en remportant des médailles d’or en 2002 à Salt Lake City et en 2006 à Turin, en Italie. Dotée d’une motivation et d’un esprit de compétition inégalés, Sunohara a joué un rôle important dans les succès de ces équipes.

Cette motivation l’habite toujours aujourd’hui, mais, malheureusement, elle ne peut plus pratiquer le sport qu’elle aime en raison de la polyarthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune qui provoque des douleurs vives dans les articulations. Sunohara est maintenant entraîneuse. En plus de diriger ses deux jumeaux de 11 ans au hockey mineur, elle est entraîneuse-chef de l’équipe féminine des Varsity Blues de l’Université de Toronto, ce qui, selon elle, est son boulot de rêve.

Selon elle, le hockey féminin a fait des progrès incroyables, les filles aujourd’hui étant plus grandes, plus rapides et plus fortes que jamais. Elle aime ce qu’elle voit et dit qu’il est temps de créer une ligue professionnelle féminine.

« Les joueuses sont là, le produit est là, il ne manque que l’infrastructure et les ressources pour faire décoller le projet », déclare Sunohara. « Ces joueuses sont incroyables; elles sont très résilientes, elles sont concentrées et elles se tiennent, et c’est très important. Je pense qu’elles vont y arriver. »

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