TOUS ENSEMBLE de Janes : Kim St-Pierre

Malgré des débuts tardifs au hockey féminin, la triple médaillée d’or olympique a connu une carrière incomparable devant le filet


par Chris Jurewicz

Kim St-Pierre avait 18 ans et ne savait pas trop où s’en allait sa carrière de hockeyeuse. Elle pensait que le temps était peut-être venu de dire au revoir au sport qu’elle aimait tant.

« Je pensais que ma carrière était terminée, car je n’arrivais pas à percer l’alignement d’Équipe Québec, et l’équipe féminine ici me retranchait chaque camp d’entraînement. Je n’ai pas été repêchée par la Ligue junior majeur non plus », dit St-Pierre, qui avait joué exclusivement avec des garçons jusque-là. « Puis un jour, quelqu’un de l’Université McGill est venu assister à l’un de mes matchs et m’a invitée à jouer pour l’équipe féminine de McGill. C’est de cette façon que s’est faite ma transition vers le hockey féminin. »

Il est incroyable de penser que celle qui fut peut-être la meilleure gardienne de but de l’histoire du hockey féminin – une triple médaillée d’or olympique, quintuple championne mondiale et membre de la cuvée 2020 du Temple de la renommée du hockey – ait pu avoir ces doutes vers la fin de son adolescence.

St-Pierre a grandi avec deux frères aînés qui adoraient le hockey et un père, André, qui était un joueur d’élite qui a été sélectionné par les Rangers de New York au repêchage 1970 de la LNH.

« L’influence de mes deux frères a joué un rôle important. Ils jouaient toujours au hockey, alors, si je voulais être avec eux, je devais être la gardienne de but vers qui ils tiraient des balles de tennis gelées », raconte St-Pierre à propos de son enfance à Châteauguay, au Québec. « Tant que j’étais avec mes frères, j’étais heureuse, alors c’est comme ça que j’ai commencé à jouer. Je me suis dit : “Peut-être que je pourrais devenir gardienne de but un jour.” Mon père construisait toujours une patinoire dans notre cour l’hiver, alors nous avons eu la chance d’y jouer beaucoup de matchs de hockey avec les enfants du quartier. »

Elle a d’abord été patineuse artistique, mais, à l’âge de huit ans, elle a demandé à ses parents de jouer au hockey. St-Pierre dit qu’elle était la seule fille de sa communauté à pratiquer ce sport. Elle ne connaissait pas grand-chose du hockey féminin avant 1998, qui allait s’avérer une année charnière.

« Pour les Jeux olympiques de Nagano en 1998, je me souviens que ma mère m’avait réveillée pour regarder la finale opposant le Canada contre les États-Unis. Je ne sais pas pourquoi, mais ce jour-là, je me suis dit : “Je pense que je peux faire partie de cette équipe un jour” », dit St-Pierre. « Voir la passion dans les yeux des filles, le travail acharné. Je me suis sentie tellement mal quand j’ai vu qu’elles avaient perdu le match, même si je ne connaissais personne au sein de l’équipe. C’était en février 1998, j’ai fait mes débuts à McGill en septembre 1998 et mon premier camp [avec Équipe Canada] a eu lieu en octobre ou novembre 1998. »

« Tout est arrivé cette année-là, les Jeux olympiques à la télé, puis la chance de jouer au hockey féminin avec McGill et ensuite cette invitation. Manon [Rhéaume] est tombée enceinte juste après ces Jeux olympiques, donc il y avait une ouverture au sein de l’équipe nationale, et je savais que c’était ma chance, je ne pouvais pas rater cette occasion. Donc, à ma première année, après mon premier camp, j’ai réussi à faire ma place au sein de l’équipe nationale. »

St-Pierre a connu une carrière légendaire qui a établi de nouveaux sommets pour les gardiennes de but canadiennes. Elle est la meneuse de tous les temps de l’équipe nationale féminine du Canada pour les matchs (83), les victoires (64) et les jeux blancs (29). Elle a conservé une moyenne de buts alloués de 1,17 et un pourcentage d’arrêts de 0,939 au cours de sa carrière avec l’équipe nationale.

Les faits saillants de St-Pierre dans l’uniforme unifolié sont innombrables, mais le Championnat mondial féminin 2001 de l’IIHF au Minnesota et la finale olympique de 2002 à Salt Lake City ressortent du lot. St-Pierre a aidé le Canada à remporter ces deux matchs par des pointages identiques de 3-2.

La finale olympique de 2002 a été mémorable pour de nombreuses raisons, mais principalement en raison de la résilience du Canada. Les Canadiennes ont rebondi après un revers crève-cœur aux Jeux olympiques de 1998 à Nagano et huit défaites consécutives aux mains des Américaines dans les mois précédant les Jeux. De plus, le Canada a dû écouler de nombreuses punitions, 13 au total, dont huit de suite signalées contre l’équipe.

« Ce fut toute une expérience, déménager à Calgary, vivre ma première centralisation, jouer au hockey, m’entraîner, faire ça à plein temps; tout cela en a fait une année très spéciale », dit St-Pierre. « Ce fut aussi une année difficile, perdre huit fois contre les Américaines cette saison-là. Ce fut une formidable occasion d’apprentissage, et le fait de remporter la médaille d’or a rendu le tout encore plus spécial. Nous étions la première équipe canadienne à gagner au hockey féminin. »

« Quelle équipe nous avions. C’est ce dont je me souviens à propos de cette saison – la façon dont tout le monde s’est serré les coudes et ce pouvoir magique qui nous donnait le sentiment que personne ne pouvait nous battre. Même les arbitres, quand 13 ou 14 punitions ont été signalées contre nous. Cette équipe était incroyable. »

Aujourd’hui, St-Pierre, mère de deux enfants, est coordonnatrice régionale pour BOKS Canada, un organisme qui offre des ressources gratuites aux jeunes élèves pour s’assurer qu’ils restent actifs. Elle est ravie de constater la croissance du hockey féminin et, comme plusieurs, pense qu’il est grand temps qu’une ligue professionnelle féminine soit créée.

« Ce serait le summum », dit-elle. « Si nous y parvenons, je serai vraiment heureuse. »

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