TOUS ENSEMBLE de Janes : Caroline Ouellette

La quadruple médaillée d’or olympique constate l’essor du hockey féminin de l’arrière du banc et pense que le meilleur est à venir


par Chris Jurewicz

La route s’est dégagée, mais il y a encore tellement de travail à accomplir.

Caroline Ouellette a accroché ses patins il y a un peu plus de deux ans seulement. L’une des plus grandes joueuses de l’histoire, elle a participé à la conquête magistrale de quatre médailles d’or olympiques de suite par le Canada de 2002 à 2014.

Son jeu sur la glace a été légendaire en raison de son éthique de travail, de son leadership et de son attention à la tâche.

Toutefois, le travail de Ouellette à l’extérieur de la patinoire – elle est l’entraîneuse-chef par intérim de l’équipe de hockey féminin de l’Université Concordia et elle a travaillé auprès de Hockey Canada – et son rôle d’ambassadrice sont d’une importance aussi grande, et elle sait que le hockey féminin est en bien meilleure posture que lorsqu’elle a joué son premier match à l’âge de neuf ans.

« Quand j’ai commencé à jouer au hockey, c’était un fait rare de voir une fille jouer. C’était une exception », souligne Ouellette. « Nous étions des personnes marginales, des garçons manqués. Nous étions différentes des autres. Pour la [génération] avant, si on pense à des pionnières comme Danielle Goyette et France St-Louis, ça a été encore plus difficile. Ça m’a pris deux ans pour convaincre mes parents de me laisser jouer. Mon père n’avait jamais vu une fille pratiquer le hockey. Il m’a emmené voir un match de ringuette, et je détestais ça. Je voulais jouer au hockey. Il a lâché prise et m’a inscrite. J’étais tellement énervée de pouvoir enfin jouer. »

Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé. C’est maintenant la norme au Canada de voir de jeunes filles jouer au hockey à un jeune âge; elles peuvent aspirer à accéder à un haut niveau et obtenir des bourses d’études des meilleures universités de l’Amérique du Nord. Évidemment, il y a aussi ce rêve de porter les couleurs de l’équipe nationale féminine du Canada.

Cependant, Ouellette aimerait que les femmes aient plus d’occasions dans ce sport, non seulement au Canada, mais partout dans le monde.

« Je pense que, comme les garçons qui voient la LNH comme la plus grande réalisation au hockey, nos jeunes filles ont cette même perception des Jeux olympiques », confie Ouellette. « Je me suis donné cette mission de me battre pour l’essor du hockey féminin pour qu’un jour, les meilleures filles et femmes puissent devenir des athlètes professionnelles. Présentement, ce rêve est inexistant, tout comme cette occasion, et c’est vraiment malheureux parce qu’il y a tellement de ligues dans le monde qui permettent à des hommes de gagner leur vie grâce au hockey. Je pense vraiment que les meilleures joueuses canadiennes, américaines et européennes devraient pouvoir jouer ensemble et s’affronter. Nous ne sommes pas rendues là encore, mais la situation s’est grandement améliorée. »

Ouellette, aujourd’hui âgée de 41 ans, a été élevée à Montréal en français. Durant son adolescence, elle a joué au hockey uniquement avec des garçons. Elle avait rarement vu une autre fille sur la glace, alors c’était un peu un choc pour elle quand, à l’âge de 15 ans, elle a patiné avec l’équipe féminine des moins de 18 ans du Québec et constaté le calibre des autres joueuses élites.

Pendant cette expérience, c’était la première fois qu’elle se souvient s’être dit qu’elle aimerait jouer au plus haut niveau. Jusque-là, Ouellette caressait le rêve d’évoluer dans la LNH, comme ses coéquipiers de ses équipes. À 16 ans, Ouellette a fait sa première apparition sur la scène internationale. Elle se souvient qu’elle était gênée, surtout parce qu’elle ne parlait pas anglais. Cependant, elle ressentait une fierté de jouer pour Équipe Canada.

« Je me souviens certainement de la pure joie de revêtir le chandail pour la première fois », se remémore-t-elle. « Je la ressentais aussi quand je portais le chandail d’entraînement, que je me pointais à l’aréna et que je voyais mon chandail dans mon casier. La pure joie dans le sens que je vivais mes plus grands rêves. Ce fut une merveilleuse expérience. »

Ouellette a été sélectionnée par l’équipe nationale féminine du Canada pour la première fois à l’âge de 19 ans et en a fait partie pendant 16 ans. Entre son premier Championnat mondial féminin de l’IIHF et sa retraite en 2018, Ouellette a aidé le Canada à remporter six championnats mondiaux et quatre médailles d’or olympiques. Elle a obtenu 242 points en 220 matchs. Elle vient au deuxième rang de l’histoire de l’équipe pour les aides, au troisième pour les parties jouées et au quatrième pour les buts. La timide francophone de Montréal est devenue une femme bilingue, confiante et véritable chef de file qui a fini par être nommée capitaine de l’équipe canadienne qui a participé à la conquête épique de la médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver de 2014 à Sotchi, en Russie.

Il n’est pas facile pour toute légende sportive qui a connu une illustre carrière de dresser la liste de ses meilleurs souvenirs, étant donné les innombrables coéquipiers, entraîneurs et expériences qui ont fait partie d’un tel parcours. C’est la même chose pour Ouellette. Elle en aurait tellement à partager, mais pour elle, ce sont deux moments olympiques : Vancouver en 2010 – où elle a joué devant une mer de chandails d’Équipe Canada à domicile – et Sotchi en 2014 – quand le Canada a surmonté un déficit de 2-0 pour battre les États-Unis 3-2 en prolongation.

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