7 avril 2013

Réflexions d'une recrue :
Un blogue sur le Championnat mondial de hockey sur glace féminin 2013 de l'IIHF

DIMANCHE 7 AVRIL : MES TROIS MINUTES DANS LES GRANDES LIGUES

par Lia Codrington, blogueuse invitée

Je suis sortie de mon lit le samedi 30 mars et je me suis emparée de mon téléphone. J’avais hâte de voir si j’avais reçu mon horaire de bénévole pour le prochain championnat mondial féminin. Je n’avais toujours pas reçu ce courriel, mais un autre message a capté mon attention. L’objet de celui-ci était « Officielles de moins de 16 ans – ODWHRA ». Étant moi-même une arbitre de 16 ans, j’ai été immédiatement intriguée.

Le message invitait de jeunes arbitres de hockey féminin à arbitrer un « mini match de novice » lors du deuxième entracte du match Canada-Finlande, le vendredi 5 avril. J’ai été hésitante à répondre au message. Voulais-je vraiment être la seule arbitre sur une patinoire à un championnat international devant des milliers de personnes? Que diable! J’ai accepté.

Vendredi est arrivé plus vite qu’un lancer frappé de Meghan Agosta-Marciano. J’ai troqué mes vieux lacets de patin pour des beaux lacets blancs et j’ai vérifié mon sac cinq fois pour m’assurer que mon sifflet ne m’avait pas laissé tomber. Je ne l’aurais pas blâmé s’il l’avait fait.

Mon père et moi, nous nous sommes rendus à l’aréna PBS et nous avons regardé le Canada amorcer la partie avec trois buts en première période. Après une cérémonie célébrant les anciennes de l’équipe nationale féminine du Canada de 1992, 1994 et 1997, je devais maintenant me rendre en bas.

Après m’être promenée au niveau 300, j’ai finalement trouvé le bon ascenseur et amorcé ma descente. La porte de l’ascenseur s’est ouverte au niveau de l’aréna et j’ai vu les plus célèbres pionnières du hockey féminin du Canada. Elles étaient toutes là. J’étais contente et je leur ai tapé dans la main dans un moment d’étonnement. Avais-je vraiment fait ça avec des femmes comme Cassie Campbell-Pascall et Angela James?

À chaque pas que je faisais vers le vestiaire temporaire, le surréalisme se poursuivait. Alexei Yashin, vêtu d’une tuque noire et d’un pardessus, est passé à côté de moi. Les filles se préparaient, enfilant les coudières et leur protège-cou. L’enthousiasme qui avait gagné les joueuses novices et leurs parents était palpable dans cet endroit ténébreux. Un bénévole, qui m’a aperçue près de la foule m’a donné les informations.

Je devais déposer deux rondelles et ne pas appeler de hors-jeu ni de dégagement refusé. Les dix-huit patineuses et les deux gardiennes qui venaient de partout en Ontario pour les championnats provinciaux de l’Association de hockey féminin de l’Ontario allaient sauter sur la glace pour un court match de trois minutes.

Rapidement, tout le monde était prêt à jouer. Nous avons eu un avertissement cinq minutes avant le début et nous nous sommes placées en ligne dans le tunnel de la surfaceuse pour voir la fin de la deuxième période. D’où j’étais placée dans la file, j’ai vu le Canada compter un superbe but à l’autre bout de la patinoire. Je me suis retournée vers la fille devant moi et je lui ai dit « penses-tu marquer comme ça? » Elle s’est retournée et a haussé les épaules. Elle avait l’air aussi nerveuse que moi.

Nous avons sauté sur la glace et je me suis installée au centre de la glace avec une rondelle dans chaque main. Après avoir déposé les deux rondelles, les filles sont parties dans des directions opposées et je me suis retrouvée seule au milieu de la glace, essayant de ne pas regarder vers la foule record de hockey féminin de 18 013 amateurs.

J’ai patiné à reculons vers la bande, tournant la tête de gauche à droite pour essayer de suivre les deux rondelles à la fois. Il y a eu un but sur mon côté gauche et j’ai patiné en vitesse et j’ai pointé mon bras. Les encouragements sont venus de la foule. La rondelle a été retirée du but et le jeu s’est poursuivi pendant une autre minute ou plus avant que je siffle et que je guide les joueuses hors de la glace.

Nous sommes retournées dans le tunnel, les filles étaient étonnées à quel point leur expérience avait été de courte durée. Tandis que je marchais sur les minces tapis de caoutchouc vers le vestiaire, deux femmes m’ont arrêtée devant le vestiaire des officielles. Elles étaient des arbitres de l’IIHF, l’une de la France et l’autre de la Grande-Bretagne. Elles m’ont souhaité bonne chance dans ma carrière d’arbitre et m’ont donné des épinglettes de leur pays.

Je les ai remerciées et je suis retournée sur ma chaise pliante près du mur pour enlever mes patins. Tandis que je regardais autour, j’étais abasourdie de voir autant de sourires. C’était un soir de succès. Le Canada a gagné 8-0, un record d’assistance a été battu pour un match de hockey féminin, et de jeunes talents de l’Ontario qui représentent l’avenir du hockey féminin au Canada ont démontré ce qu’elles pouvaient faire. Merci mon Dieu, je suis contente d’avoir répondu à ce message.

Une arbitre recrue
Lia


À propos de Réflexions d’une recrue : Lia Codrington habite à Ottawa, Ont., et elle est une blogueuse invitée à Réflexions d’une recrue. Elle est une bénévole au service de publication au Championnat mondial de hockey sur glace féminin 2013 de l’IIHF, une élève de l’école secondaire, une joueuse de hockey et une officielle les fins de semaine. Nous croyons aussi qu’elle est une rédactrice très talentueuse qui a une belle carrière devant elle! Lia et les bénévoles, qui donnent généreusement de leur énergie et temps, qui font de cet événement un succès, nous transportent dans les coulisses de l’aréna PBS d’Ottawa, Ont., du Nepean Sportsplex et partout ailleurs pour des nouvelles inédites sur ce que représente l’accueil d’un championnat mondial majeur dans la capitale nationale.

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