6 avril 2013

Réflexions d'une recrue :
Un blogue sur le Championnat mondial de hockey sur glace féminin 2013 de l'IIHF

SAMEDI 6 AVRIL : LE CÔNE QUI CRIE

par Kaarina Stiff, blogueuse invitée

Regarder le Championnat mondial de hockey sur glace féminin 2013 de l’IIHF me rappelle tout le cheminement que le hockey féminin a parcouru.

Je n’ai jamais pensé que je pourrais jouer au hockey. J’avais 34 ans lorsque je suis rentrée chez moi et que j’ai averti mon mari que j’allais m’inscrire à une ligue féminine de hockey récréatif. Nous étions ensemble depuis neuf ans et il ne l’a jamais vu venir celle-là!

« Est-ce que tu sais patiner au moins? », m’a-t-il demandé.

La dernière fois que j’avais chaussé les patins, c’était à l’université. J’avais donné mon nom comme bénévole pour un camp de jour pendant la semaine de relâche en mars à l’Université Carleton, ici à Ottawa, et j’ai accompagné un groupe de jeunes turbulents âgés de sept ans à un aréna local.  

« Si je peux me trimbaler sur la glace avec un tas de jeunes accrochés à mes bras, je crois pouvoir me débrouiller avec un bâton de hockey », avais-je répondu.

J’avais été inspirée. J’étais une mordue des Sénateurs, comme en témoignait la décoration de mon sous-sol. Puis, un jour, alors que je me tenais devant le micro-onde du bureau pendant l’heure du dîner, j’ai entendu une collègue de travail parler du match du lendemain.

« Les Sens ne jouent pas demain n’est-ce pas? » lui ai-je demandé.

« Non », m’a-t-elle répondu. « Mais moi oui. » J’étais confuse. Nous travaillions dans un bureau. Nous étions des bureaucrates. Des femmes.

Son visage s’est illuminé lorsqu’elle m’a décrit ce qu’elle faisait. Elle patine, elle lance et compte!
Elle m’a décrit la ligue : l’ambiance positive, les amitiés… et la bière.
 
Plus jeune, je n’ai jamais joué au hockey. Les filles de mon quartier de l’est de Toronto ne faisaient pas ça. Mon père m’a acheté des patins de fantaisie quand j’avais six ans et j’ai appris à patiner en rond sur une patinoire extérieure. À 11 ans, je pouvais chasser les gars à l’aréna local le vendredi soir alors que l’entrée et le chocolat chaud coûtaient un dollar. 

Même après que j’ai déménagé à Ottawa, avec le célèbre canal, le patinage ne m’intéressait pas. Quelques années plus tard, j’ai entendu parler du hockey féminin.

La prochaine fois que j’ai regardé un match des Sénateurs, je m’imaginais avec un chandail de Daniel Alfredsson, contournant le cercle de mise en jeu. Il y aurait certainement un apprentissage, mais j’allais apprendre. J’ai obtenu la dernière place dans la ligue et j’avais trois jours pour acheter mon équipement avant mon premier match.

J’ai vite réalisé qu’apprendre à jouer au hockey en tant qu’adulte comporte certains défis. Comme la peur, par exemple. La peur de tomber. Ou d’être incapable de me relever. Peu importe que je fusse recouverte d’une armure comme une tortue, j’avais peur de me blesser.
 
Si on avait donné des surnoms cette saison-là, le mien aurait été le « cône ». Je tombais en pleine face chaque fois que je touchais la rondelle, et je ne savais pas freiner. Mais je pouvais suivre des consignes. J’ai appris comment déranger l’adversaire en zone défensive : je plantais mon fessier face à mes adversaires à la ligne bleue. J’ai appris à me stationner à côté du filet en zone offensive avec mon bâton sur la glace, prête à dévier les rebonds. J’ai encouragé du banc, cogné mon bâton contre la bande et crié à tue-tête quand nous marquions.

Maintenant, à 40 ans, je joue trois fois par semaine. J’ai encore peur de me disloquer une articulation, mais mon patinage est un peu plus fluide et il m’arrive même de compter un but de temps à autre. Mes coéquipières sont parmi mes meilleures amies, mon mari est notre entraîneur et je ne peux m’imaginer ce que serait ma vie sans le hockey. Et maintenant, je constate qu’avant que j’essaie le hockey, je n’ai jamais réalisé ce que je manquais.

Au cours de cette semaine, j’ai eu la chance de voir les meilleures joueuses de hockey du monde en action, et j’espère qu’une nouvelle génération de filles et de jeunes femmes sera inspirée de jouer ce jeu.

Et je crierai des gradins, me laissant transporter par tout ce que ce tournoi de première classe a à offrir.

Le cône qui crie
Kaarina


À propos de Réflexions d’une recrue : Kaarina Stiff, qui habite Ottawa, Ontario, est une blogueuse invitée pour les Réflexions d’une recrue. Elle est une des bénévoles de l’équipe des publications au Championnat mondial de hockey sur glace féminin 2013 de L’IIHF. De jour, elle est fonctionnaire, mais elle passe la majeure partie de ses temps libres à joueur au hockey et à écrire. Kaarina et les autres bénévoles qui consacrent généreusement de leur énergie et de leur temps à faire de cet événement un succès, nous amènent dans les coulisses de l’aréna PBS à Ottawa, Ont., du Sportsplex de Nepean, et partout entre les deux, pour nous initier à tout ce qu’il faut pour accueillir un championnat mondial d’envergure dans la capitale nationale.

Vidéos
Nouvelles récentes
Le plus populaire
Close
Credit