Sommaire du Match
Canada  5 -  États-Unis  1
 

Affrontement : Canada contre États-Unis, 19 h 30, Centre MTS | Sommaire de l'IIHF

ÉQUIPE CANADA PARLE DE SON TRIOMPHE, ÉQUIPE ÉTATS-UNIS DE SES REGRETS

Par Lucas Aykroyd

Après avoir remporté une neuvième médaille d’or à un Championnat mondial féminin de l‘IIHF, les joueuses d’Équipe Canada débordaient d’émotions. Les Américaines, quant à elles, ne pouvaient qu’imaginer ce qui aurait pu être à Winnipeg. HockeyCanada.ca a rencontré des membres des deux formations après la finale au Centre MTS.

Hayley Wickenheiser, Canada : Nous avons gardé le meilleur pour la fin et je suis vraiment contente de notre effort collectif. Je pense que nous avons vraiment dominé ce soir. Nous vivons pour ça. Quinze mille personnes ont vécu l’expérience avec nous ce soir. Nous avons vraiment eu du plaisir, et je suis très fière de mon équipe. Nous sommes fières d’être au Canada et des partisans, ici à Winnipeg. Je pense que c’est le meilleur match que nous avons joué pour la médaille d’or à un championnat mondial. [Pour moi], ce fut un bon tournoi et les rondelles pénétraient dans le but. Je pense que je voyais assez bien ce qui se passait. Je me sentais bien partout sur la glace; j’étais vraiment détendue et j’ai gardé mon sang-froid la plupart du temps. Alors, j’ai pu jouer du beau hockey.

Jennifer Botterill, Canada : C’était agréable [de marquer le premier but], mais c’était surtout pour que l’équipe se mette en marche. C’était un tir, mais la rondelle a frappé quelque chose puis elle est rentrée. Mais, je vais le prendre. Je pense que ça nous a donné un élan. Les gens ont commencé à bâtir après cette présence-là. Encore une fois, nous étions concentrées pour jouer pendant 60 minutes. Je tiens à redire que je suis vraiment fière de toute l’équipe et qu’on ait travaillé ensemble ce soir.

Vicky Sunohara, Canada : La foule a été incroyable. Il y avait tellement de chandails, de drapeaux et d’affiches. C’était absolument incroyable. Ce sont des choses comme ça qui rendent la décision de prendre sa retraite si difficile, parce que c’est tellement excitant, tellement de plaisir. C’est vraiment indescriptible. Je me suis beaucoup amusée et tout s’est terminé exactement comme on le voulait.

Kim St-Pierre, Canada : Lorsque j’ai effectué des arrêts tôt dans le match, cela a inspiré confiance à mes coéquipières. Nous savions que les Américaines allaient être prêtes pour ce match, et que si je faisais quelques arrêts-clés assez tôt, l’allure du match serait de notre côté et c’est ce que nous avons fait. Quand tu marques trois buts [en deuxième période], c’est tellement plus facile pour la gardienne de rester dans le match et de jouer avec confiance. J’ai vraiment aimé ma soirée ce soir.

Charline Labonté, Canada : C’est un sentiment fantastique. C’est sûr que c’est plate de rester sur le banc. J’espérais jouer dans le match pour la médaille d’or, mais j’ai joué deux matchs au tournoi, et je pense que j’ai aidé l’équipe à se rendre jusqu’ici. J’essayais simplement de les encourager et de garder le sourire.

Delaney Collins, Canada : Parfait! Ce fut parfait! Je n’aurais pu écrire un meilleur scénario. Je suis au septième ciel en ce moment. Les partisans n’ont pas exercé de pression, ils nous ont simplement encouragées. L’édifice parfait, l’ambiance parfaite, et les partisans aujourd’hui ont été tout simplement spectaculaires. C’est phénoménal pour le hockey féminin. Je ne pense pas qu’on aurait pu créer une meilleure situation. Tous les Canadiens devraient être fiers. Je pense surtout aux gens de Winnipeg qui ont présenté ce tournoi et qui devraient être extrêmement fiers. Nous sommes chanceuses d’avoir pu jouer dans un tel contexte.

Danielle Goyette, Canada : Je ne m’en lasse jamais. Tu apprends toujours quelque chose quand tu affrontes une équipe différente. C’est tellement amusant de pouvoir jouer avec les plus jeunes. Nous avions un bon mélange cette année. Je pense que ce soir nous avons mieux joué que lors de notre premier match contre les États-Unis. C’est de ça qu’on a parlé avant le match. Nous devions nous échanger la rondelle et utiliser notre vitesse, et nous avons obtenu de bons résultats. J’ai vu [les pancartes dans la foule me demandant de jouer aux Olympiques de 2010] à la fin du match, mais ce fut la même chose pour moi en 2002. Pour moi, je veux simplement rentrer chez moi, me reposer, et réfléchir à ce que je veux faire, si je veux continuer. Mais chaque fois que je m’avance sur la glace, j’ai toujours du plaisir, car ce pourrait être la dernière fois.

Melody Davidson, entraîneure-chef, Canada : Les médias ont été fantastiques pour assurer la couverture de toutes les équipes au tournoi. Je pense que c’est vraiment important pour le hockey féminin. Malgré le résultat, je tiens à féliciter [l’entraîneur des États-Unis, Mark Johnson] pour son équipe ce soir. Elles ont disputé un excellent tournoi et nous avons dû travailler pour chaque pouce ce soir sur la patinoire. J’ai été vraiment satisfaite de mon équipe. J’ai trouvé que nous avons livré un bon combat. La première période a été une belle période de hockey, puis en deuxième nous nous sommes donné un élan et nous avons profité de bonnes tournures, surtout lors du deuxième but. Et je pense que cela a été important. Mais dans l’ensemble, je pense que ce fut une journée fantastique pour le hockey féminin. Ce fut tout simplement agréable d’être derrière le banc.

Krissy Wendell, États-Unis : J’ai trouvé que nous nous étions bien ressaisies après avoir alloué un but. Nous avons eu des difficultés avec les punitions. Nous avons donné un élan aux Canadiennes. Elles ont augmenté leur avance et ce fut difficile de remonter la pente. Mais, je pense que nous avons travaillé fort. Elles ont mis plus de rondelles dans le filet. [En ce qui a trait à la rivalité Canada-États-Unis], « intense » serait un bon mot pour la décrire, tout comme « agréable ». Je ne pense pas qu’elles auraient voulu affronter une autre équipe du tournoi, et il n’y avait pas une autre équipe au tournoi que nous voulions affronter. Ce fut un excellent match. Intense.

Natalie Darwitz, États-Unis : Nous n’avons pas bien joué en équipe. Il y avait certainement un problème. Ce fut un match frustrant, étant donné notre potentiel. Ce que nous voulions faire ce soir n’a pas fonctionné. [Quant à l’ensemble du tournoi], je pense que c’est un pas dans la bonne direction. L’entraîneur Johnson a guidé le navire et les choses étaient comme le jour et la nuit. C’est un entraîneur phénoménal. J’ai déjà tellement appris de lui. Un gars avec beaucoup de classe. J’espère que vous avez pu voir la différence avec l’équipe de l’an dernier, que vous avez vu les améliorations. J’espère que nous allons prendre cette expérience et apprendre quelque chose, que nous allons travailler fort pendant l’été et essayer de sortir grandies de notre expérience.
Chanda Gunn, États-Unis : Quand tu joues, tu sais, tu ne vois que ce que tu vois [en parlant du deuxième but du Canada]. Malheureusement, la décision n’a pas été bonne pour moi. Mais je suis certaine que les juges de but ont pris ce qu’ils pensent être la bonne décision. Ça n’a pas eu tellement d’impact, parce que nous avons quand même perdu 5 -1. Je ne pense pas que nous avons ralenti. Ça ne fait que prouver que St-Pierre n’est pas une gardienne facile à battre. [Quant à l’avenir], la rumeur veut que notre équipe ait 10 jours de congé! C’est une gâterie pour nous, mais après ça, c’est le retour au travail. L’entraîneur Johnson nous a raconté une anecdote dans le vestiaire à propos de Wayne Gretzky. Une année, alors qu’il jouait avec les Oilers, il est passé devant le vestiaire des Islanders après que son équipe eut perdu la finale pour la coupe Stanley, et il pensait voir un groupe de gars faire la fête, mais au lieu de ça, tous les Islanders dans le vestiaire étaient assis avec des sacs de glace. C’est alors que Gretzky a réalisé qu’il pensait avoir tout donné, mais que ce n’était pas le cas. Et il s’est remis au travail pendant l’été, et son équipe a gagné la coupe Stanley. Nous en sommes là maintenant.

Mark Johnson, entraîneur-chef, États-Unis : Je veux simplement remercier la ville de Winnipeg. Ce furent 10 jours exceptionnels pour le hockey féminin. Je veux féliciter mon équipe pour son dévouement au cours des trois dernières semaines. Elles se sont donné l’occasion de jouer pour une médaille d’or. Ça n’a pas fonctionné ce soir, mais je suis très fier de l’effort fourni.

---

Canada : La conclusion spectaculaire du Championnat mondial féminin 2007 de l’IIHF mettra en vedette les deux principales formations que tous attendaient, mais le scénario pourrait contenir plusieurs surprises. Après tout, il suffit de penser aux revirements qui se sont produits lorsque le Canada et les États-Unis se sont affrontés plus tôt dans le tournoi, match que l’équipe hôtesse a remporté de justesse 5 -4 en tirs de barrage après avoir comblé un déficit de 4 -2. L’issue de certains matchs est relativement facile à prédire. Par exemple (pour nous vanter un peu), on pouvait lire dans l’aperçu du match Canada-Finlande de HockeyCanada.ca : « Attendez-vous à un résultat similaire à celui de 4 -0 des États-Unis sur la Finlande, et possiblement à un écart plus grand. » (Résultat final : Canada 5, Finlande 0.) Et bien, ce ne sera pas un de ces matchs « faciles », dans tous les sens du mot. Les Canadiennes devraient être prêtes après avoir réussi trois victoires par jeu blanc à leurs quatre derniers matchs, mais elles se souviennent très bien de 2005 où elles n’avaient alloué aucun but en temps réglementaire avant de perdre la finale en tirs de barrage. À chaque tournoi féminin de l’IIHF, le Canada bâtit son équipe pour vaincre les Américaines, et ce soir, le pays tout entier verra si les bons éléments ont été choisis. Devant le filet, l’entraîneure-chef Melody Davidson fait face à un agréable dilemme : déléguer Kim St-Pierre, la gardienne qui a remporté le plus de victoires pour l’équipe nationale féminine soit 50, ou Charline Labonté, celle qui a vaincu les Américaines dans l’affrontement de samedi dernier et qui a aidé le Canada à remporter l’or aux Jeux olympiques de Turin contre la Suède? Avec l’une ou l’autre, le Canada sera entre bonnes mains. Le trio de Danielle Goyette, Vicky Sunohara et Kelly Bechard s’est avéré une présence dominante contre les Finlandaises, responsable de toute l’offensive dont le Canada a eu besoin, en marquant trois buts en première période. Ce trio devrait rester intact ce soir, du moins pour le début de la rencontre. Hayley Wickenheiser a fait tout ce qu’une capitaine doit faire comme chef de file et à l’offensive. Et les défenseures aussi ont fait leur travail, chacune d’entre elles présentant une fiche positive. Mais les statistiques ne sont qu’un élément parmi tant d’autres. Pour le Canada, il y a des motivations impondérables : le désir de gagner chez soi, le besoin de reprendre le titre après l’avoir perdu en 2005, la motivation de poursuivre la fiche parfaite amorcée à Turin dans des matchs de l’IIHF. Ajoutez à cela une salle comble gonflée à bloc où les jeunes joueuses devront faire de leur mieux tout comme les vétérantes. Ce sera un jeu robuste et intense. Somme toute, le Canada doit disputer son meilleur match du tournoi pour gagner ce soir.

États-Unis : Les Américaines ont leurs propres motivations pour gagner. Rien ne leur ferait plus plaisir que de battre l’équipe hôtesse dans une ville de hockey comme Winnipeg, pendant que des Canadiens d’un océan à l’autre suivent le match sur TSN. Avec neuf défaites et seulement deux victoires contre le Canada aux championnats mondiaux, les États-Unis aimeraient bien sortir de l’ombre du Canada et prouver que leur victoire en tirs de barrage en 2005 sur leur grande rivale nordique n’était pas une anomalie. Eh oui, les Américaines ont apporté d’importantes modifications à leur formation, mais ils restent néanmoins 11 joueuses qui étaient à Turin lorsque les États-Unis ont perdu 3 -2 aux Suédoises par tirs de barrage en demi-finale, défaite qui représente le plus important revers de l’histoire du hockey féminin. Est-ce que ces joueuses peuvent s’inspirer de l’équipe olympique masculine de la Suède de 2002? Plusieurs de ces joueurs, dont Mats Sundin et Nicklas Lindstrom, ont été humiliés lorsqu’ils ont perdu 4 -3 aux Biélorusses en quart de finale. Mais en 2006, ils sont revenus avec vigueur pour remporter l’or olympique. Ils espèrent que l’on se souviendra d’eux pour ce triomphe plutôt que pour le mauvais but accordé par le gardien Tommy Salo sur un tir faible du centre de la glace. L’entraîneur-chef Mark Johnson devra décider laquelle de ses gardiennes sera devant le filet. Choisira-t-il la jeune Jessie Vetter, qui a affronté le Canada au dernier match, ou la vétérante Chanda Gunn, qui aimerait bien l’occasion de se racheter après avoir été devant le filet lors de la défaite aux Suédoises à Turin? Si les États-Unis ont un avantage pour ce match, c’est à la ligne bleue où leurs défenseures mobiles (et souvent, imposantes), comme Molly Engstrom, Caitlin Cahow et Angela Ruggiero, participent à l’offensive tout en protégeant leur propre zone. Les trois meilleures marqueuses américaines sont la capitaine Krissy Wendell, Natalie Darwitz et Sarah Parsons. Elles sont toutes capables de battre leurs adversaires à 1 contre 1 en alliant finesse et vitesse mieux que n’importe quelle autre joueuse (quoique le Canada peut répliquer avec Wickenheiser, Goyette et autres). Alors avons-nous déjà été témoins de ce que les Américaines avaient de mieux à offrir? Où est-ce que les Américaines sont sorties de leur défaite de 5 -4 en tirs de barrage, samedi, avec plus de confiance sachant qu’elles peuvent rivaliser avec les Canadiennes comme elles ont déclaré aux médias? Les spéculations prennent fin ce soir. La vérité s’étalera au vu et au su de tous sur la glace.

Lucas Aykroyd

 

Renseignements sur le match
Numéro de match 20  Ronde Médaille d'or
Aréna MTS Centre Ville, Pays Winnipeg, Man., Canada
Moi / Jour / Année 04/10/2007 Heure (local) 19h30 CT
Assistance 15003 Statut de jeu Finale

Compte   1     2     3   Totale
Canada (CAN) 0 3 2 5
États-Unis (USA) 0 0 1 1
Buts/Pénalités
Première Période
Buts:

Pénalités:
   01:06 CAN 17 Jennifer Botterill (Donner du genou)
   03:31 USA 18 Gigi Marvin (Accrocher)
   04:08 CAN 2 Meghan Agosta (Double-échec)
   07:47 USA 6 Helen Resor (Obstruction)

Deuxieme Période
Buts:
   00:58 CAN 17 Jennifer Botterill (13 Caroline Ouellette, 3 Carla MacLeod)
   11:33 CAN 16 Jayna Hefford (61 Vicky Sunohara)
   16:27 CAN 22 Hayley Wickenheiser (34 Delaney Collins, 5 Colleen Sostorics)

Pénalités:
   05:53 CAN 61 Vicky Sunohara (Faire trébucher)
   06:23 USA 20 Natalie Darwitz (Obstruction)
   13:04 USA 19 Kristin King (Obstruction)
   17:46 CAN 16 Jayna Hefford (Coup de bâton)

Troisième Période
Buts:
   09:42 CAN 15 Danielle Goyette (26 Sarah Vaillancourt, 10 Gillian Apps)
   10:08 USA 7 Krissy Wendell (2 Erika Lawler, 20 Natalie Darwitz)
   17:06 CAN 26 Sarah Vaillancourt

Pénalités:
   00:14 CAN 10 Gillian Apps (Accrocher)
   07:06 USA 7 Krissy Wendell (Double-échec)
   11:36 USA 16 Hilary Knight (Accrocher)
   13:31 USA 7 Krissy Wendell (Bâton élevé)
   15:07 CAN 26 Sarah Vaillancourt (Obstruction)


Gardiens de but
Canada
33 Kim St-Pierre Entrée 1/00:00   Sortie 3/20:00
États-Unis
30 Chanda Gunn Entrée 1/00:00   Sortie 3/00:00

Tirs au but   1     2     3   Totale
Canada 10 14 10 34
États-Unis 8 6 8 22

Joueur du match
Canada 22 Hayley Wickenheiser
États-Unis 7 Krissy Wendell
Officiels
Arbitre TOTTMAN Joy (GBR)
Juges de lignes MATTILA Sanna (FIN), RICHARDSON Heather (CAN)