Le point de vue de Pounder – Samedi 8 février

Les athlètes canadiens ont été accueillis au Village olympique par une cérémonie de levée du drapeau qui a réuni et honoré notre pays. La prise de photos, la séance d’essayage des nouveaux vêtements olympiques (qui, soit dit en passant, est TRÈS excitante), les photos devant les anneaux olympiques et la saisie d’images des détails que les Jeux représentent sont incessantes.

Je me souviens que les murs étaient tapissés de dessins d’écoliers, de bons vœux et de rêves. Je m’identifiais à certains de ces dessins; une jeune fille de huit ans rêvant de me trouver, un jour, exactement là où j’étais. Je ne rêvais plus… j’étais en train de vivre mon rêve!

Le Village olympique est une communauté de pays. Il permet aux athlètes de s’éloigner de la pression et des attentes du moment. Des drapeaux sont suspendus aux fenêtres et l’ambiance est électrisante. Évidemment, il est impossible de passer sous silence les installations GRATUITES offertes dans le village. Il est fascinant de voir la vitesse à laquelle le McDonald’s devient rapidement le lieu de rassemblement pour les athlètes de divers pays.   

Et qui peut oublier l’arcade? Lorsque je suis arrivée au match pour la médaille d’or, j’avais une énorme ampoule au pouce droit; j’étais devenue la championne mondiale du Pac-Man, un record que je prends TRÈS au sérieux. On me dit que le ping-pong est le jeu de prédilection de nos filles! Gare à vous… avez-vous vu leur coordination œil-main et leur intensité? Je ne serais pas surprise d’apprendre que des blessures mineures sont survenues pendant les Olympiques du « ping-pong »!

Pendant l’année, le personnel modifiait la liste de répartition des chambres afin de nous forcer au-delà de notre zone de confort. Aux Olympiques, nos compagnes de chambre deviennent celles qui nous apportent un certain équilibre, celles qui comprennent ce qui nous motive. En 2002 et 2006, j’ai eu la chance de partager une chambre avec Becky Kellar et Colleen Sostorics, un duo qui me rappelait les jumeaux Bobbsey. Je me souviens d’avoir ri aux larmes en regardant, dans l’édifice d’en face, un beau gaillard anglais qui avait oublié de tirer les rideaux… alors que nous étions convaincues qu’il ne pouvait nous voir; quelle honte! Certaines sont capables de tolérer les ronfleuses, celles qui parlent dans leur sommeil et oui, les somnambules. Je ne nommerai personne, mais je peux vous affirmer qu’il y a eu des moments intenses au fil des ans.   

Lorsque je suis arrivée à Salt Lake City et à Turin, je me souviens d’avoir perdu mes repères et de m’être laissée transporter par « le rêve ». J’ai pris quelques jours à tout absorber et à comprendre l’ampleur de l’endroit où je me trouvais et la VRAIE tâche qui nous attendait… remporter une médaille d’or pour le Canada! En 2002, l’entraîneure Sauvageau nous a ramenées à la réalité en nous disant : « Il est temps de ranger vos appareils photo et vos caméras vidéo. Vous n’êtes pas des touristes. »

Le tournoi de hockey se déroule tout au long des Olympiques. Les filles devront faire preuve de discipline et s’assurer de prendre du repos. Cela implique des sacrifices. On me demande souvent ce que j’ai ressenti en assistant aux compétitions des autres athlètes olympiques.

La réponse est simple : je n’étais pas là. Je les ai regardées à la télévision, tout comme vous.

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