Regard de Labonté sur Sotchi – Vendredi 7 mars

L’attente
Les cérémonies d’ouverture font maintenant partie du passé. Dans le stade, quelques confettis peuvent encore être aperçus ici et là, virevoltant au gré des courants d’air. Les festivités viennent à peine de se terminer que les travailleurs de l’ombre s’affairent déjà à démonter les structures du spectacle.

De leur côté, les joueurs sont revenus au village des athlètes, encore légèrement enivrés des événements de la soirée. Mais ils devront rapidement mettre tout ça derrière eux, le premier match est déjà demain. Dans quelques heures à peine en fait.

C’est maintenant le temps de mettre de côté les distractions inhérentes aux Jeux : activités du village des athlètes, cérémonies d’ouverture, etc. Il faut aussi faire abstraction des possibles inquiétudes générées par la situation délicate qui prévaut en Ukraine. Il faut uniquement se concentrer sur le travail à faire.

Avec la moitié des joueurs de l’équipe qui en sont à leur première expérience paralympique, dans quel état d’esprit se trouve-t-elle à l’aube de ce premier match?

La « zone »
Les portes de l’autobus s’ouvrent et la rampe d’accès pour fauteuils roulants s’abaisse, sous l’œil intrigué des bénévoles se trouvant à proximité. Les joueurs, l’un après l’autre, montent à bord et retrouvent leur place habituelle. Depuis bientôt une semaine que l’équipe répète ce manège pour se rendre à l’entraînement quotidien.

Mais, aujourd’hui, c’est différent. Pour la première fois, le trajet ne mène pas un entraînement, c’est plutôt leur premier match des Jeux de Sotchi qui attend les joueurs à l’autre bout du parcours. Certains attendent ce match depuis les Jeux de Vancouver : quatre longues années. D’autres l’attendent depuis toute une vie : le rêve est sur le point de devenir réalité.

Ce trajet en autobus marque le premier moment depuis quelques jours où les joueurs de l’équipe se retrouvent ensemble, sans distraction extérieure. C’est à ce moment précis que la préparation finale pour le match prend forme. Même si les discussions se poursuivront pendant le trajet, même si les blagues continueront de fuser comme d’habitude, chacun prendra un moment de répit pour penser au match à venir.

Et c’est pendant ce trajet que, subtilement, le capitaine Greg Westlake prendra le pouls de l’équipe. Il n’aura que peu de temps pour évaluer la situation et adapter son approche. Un petit mot d’encouragement à l’un, un sourire à l’autre, une blague pour détendre l’atmosphère. Des gestes anodins en apparence, mais qui peuvent faire une grande différence.

Une fois à destination, cette préparation se poursuivra dans le vestiaire où chacun ira de son rituel personnel d’avant-match et, petit à petit, entrera à sa façon, dans la « zone ».

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