Dans la Tête de Murray

« HIER EST CHOSE DU PASSÉ. TOUT CE QUI COMPTE, C’EST AUJOURD’HUI. »
– JEFF SNYDER

C’est le troisième jour du Défi mondial de hockey sur luge et nous avons déjà disputé deux matchs importants. J’ai déjà parlé de la préparation, du travail en équipe et de la compétition. Aujourd’hui, je veux que vous sachiez ce qui se passe un jour de match, du début à la fin. Lors de tournois comme celui-ci, notre équipe utilise une expression lorsqu’elle se lève le matin et qu’elle est prête à passer à l’action. Notre entraîneur dit « C’est une bonne journée pour le hockey » alors que nous montons dans l’autobus après le déjeuner. Le trajet vers l’aréna prend environ 10-15 minutes. Pendant ce temps, nous rions et nous nous parlons… les gars font ce qu’ils doivent pour se préparer à l’entraînement.

La séance de patinage le matin est ce que je préfère. Tout ce que je veux faire pendant les trois ou quatre exercices c’est me détendre et m’habituer à manier la rondelle. Lors des exercices de patinage, je vais patiner fort et m’assurer que mes foulées sont à point. Lors des exercices de maniement de rondelle, je vais me concentrer sur la façon de déplacer la rondelle. Pendant les exercices de tir, je vais m’exercer à tirer de la pointe ou essayer de viser précisément les coins du filet. Après la séance de patinage, nous prenons notre repas d’après-midi; la plupart des gars s’empressent de terminer leur repas, car la période de repos de l’après-midi est un incontournable. Certains font la sieste, d’autres regardent un film (300 semble être le film de prédilection cette semaine). Moi, j’aime m’allonger sur mon lit et m’amuser avec mes listes de chansons sur mon iPod. La musique joue un rôle-clé dans mon rendement sur la glace.

Je n’aime pas dormir trop longtemps avant un match. Je veux avoir le plus d’énergie possible lorsque j’arrive à l’aréna. Dans le vestiaire, il n’y a que de l’énergie. La chaîne audio joue tout ce que les gars demandent. Avant d’endosser mon uniforme, j’aime dribler une balle de tennis. Une fois habillés – vêtus de nos chandails avec l’écusson sur la poitrine et portant nos casques – nous jouons au volleyball. Environ 10 minutes avant que l’entraîneur entre dans le vestiaire, quelqu’un lance le ballon dans le vestiaire et il frappe toujours quelqu’un sur la tête. Après ça, le ballon est lancé de plus en plus fort et vite. Ceci atteint deux objectifs : tout le monde se détend et c’est amusant. C’est maintenant l’heure du match!

Graeme Murray
Équipe nationale sur luge du Canada
No 29


LE DÉFI MONDIAL DE HOCKEY SUR LUGE CONNAÎT UN EXCELLENT DÉBUT!

Tout le monde sait que le travail en équipe permet de gagner des matchs. Nous avons prouvé cela hier soir en battant les Américains 4 -0. Chaque joueur canadien s’est acquitté de son rôle et chaque joueur l’a bien fait. Nous avons joué un style de jeu robuste, un match serré, et à la fin, nous étions plus fiers de notre jeu en équipe que du résultat du match. Je crois que nous sommes sur la bonne voie pour connaître un bon tournoi ici à l’Île-du-Prince-Édouard.  

Cet après-midi, je suis allé me promener sur l’île. En une demi-heure, j’avais déjà parcouru les trois quarts de l’île et j’étais de retour dans ma chambre d’hôtel me disant que je devais envoyer un message aux bénévoles ici. Tout comme il faut travailler en équipe pour gagner des matchs, il faut aussi travailler en équipe pour organiser un bon tournoi. Cela commence par les chauffeurs d’autobus, les vendeurs de billets, les placiers et les gens affectés à la sécurité jusqu’aux jeunes qui ramassent nos serviettes. Toutes ces personnes doivent travailler ensemble pour transformer une semaine de hockey en un Défi mondial de hockey sur luge.

J’ai joué dans d’excellentes installations et dans de mauvaises, dans des arénas extrêmement froids, dans des arénas sans électricité et même dans des arénas n’ayant que trois murs (il n’y a rien de plus bizarre que d’être aveuglé par la lumière alors que tu fonces au filet). À cause de tout cela, je suis ravi que Charlottetown soit en mesure d’accueillir encore notre tournoi. Ce n’est que le commencement et nous connaissons déjà un début meilleur que l’an dernier, grâce aux partisans. Les plus de 800 partisans dans les gradins hier soir ont fait comme s’ils étaient 8 000. Ne lâchez pas. Continuez de nous faire vivre un excellent tournoi et nous allons vous présenter du hockey inoubliable.  

Graeme Murray
Équipe nationale sur luge du Canada
No 29


SUR L’AUTOROUTE VERS L’OR!

Je pense constamment aux Jeux de Vancouver 2010. Qu’est-ce qu’il faut pour s’y rendre? Le cheminement pour devenir un champion paralympique est comme un voyage d’est en ouest sur l’autoroute Transcanadienne. Il y a des virages et des tournants, des bosses et des nids-de-poule, des sections faciles et d’autres difficiles. Mon voyage a commencé il y a presque quatre ans lorsque je suis rentré de Turin en Italie. Aucun pays n’a remporté deux championnats paralympiques de suite au hockey sur luge – mon objectif est d’aider mon pays à remporter cette médaille d’or et je vais faire tout ce qu’il faut pour réussir. Faire tout ce qu’il faut, ça veut dire patiner plus que jamais dans ma vie, soulever des poids jusqu’à l’épuisement total et pédaler à vélo… beau temps, mauvais temps. Je suis inlassable dans ma poursuite, la poursuite d’un seul objectif. Chaque jour je me motive parce que je sais que mes coéquipiers font la même chose; je ne m’entraîne pas seul, même lorsque je suis seul. Je m’entraîne fort parce que mes adversaires s’entraînent fort.  
  
Mon équipe et moi formons un groupe de guerriers. Nous sommes des guerriers qui défendent l’honneur, le territoire et la fierté. Je crois qu’il n’existe aucun privilège plus grand que de représenter son pays; je peux le faire en pratiquant le sport de choix du Canada et gagner n’est pas une option. À Vancouver, ce sera l’aboutissement de ce périple; je sais que je n’aurai aucun regret et que la douleur, la sueur et les cicatrices en vaudront la peine.   

Tout comme le passé multiculturel du Canada, mon équipe rivalisera avec le cœur de l’Écossais des Hautes-Terres, la discipline du Samurai, l’ingéniosité des Spartiates et la psychologie du Maori de Nouvelle-Zélande. Voilà ce qui rend de bons joueurs de grands joueurs.   

Graeme Murray
Équipe nationale sur luge du Canada
No 29


ÇA COMMENCE DEMAIN ET LE CANADA EST PRÊT

Premier match!

Le premier match du Défi mondial de hockey sur luge à Charlottetown à lieu mardi. Je suis vraiment motivé à jouer notre premier match du tournoi contre les États-Unis. La rivalité entre le Canada et les États-Unis a toujours été énorme et ce match va donner le ton au reste de la saison. Jusqu’à ce jour, le Canada et les États-Unis ont chacun remporté deux des quatre matchs qu’ils ont joués l’un contre l’autre et les deux équipes cherchent la combinaison parfaite pour avoir une équipe championne. Je vais utiliser le match de demain pour me donner un élan pour le reste de la saison. J’ai toujours Vancouver 2010 en tête et je veux m’assurer d’être le plus prêt possible.

Je me sens très bien en ce moment. L’équipe a eu un beau souper à son arrivée à Charlottetown, samedi, une excellente séance de patinage, dimanche, et une autre excellente séance de patinage, lundi. Je veux que nous commencions le match de mardi avec fougue. Comme tous mes coéquipiers, je vais frapper fort, patiner fort et tirer fort. Au cours des trois premières minutes du match, les Américains vont savoir que nous sommes venus pour jouer. Au cours des trois dernières minutes du match, ils vont avoir peur de nous affronter de nouveau.

Je me suis entraîné fort pour arriver ici, beaucoup de séries de développés couchés, d’innombrables heures sur la bicyclette et je n’arrive plus à compter le nombre de lignes bleues que j’ai franchies en faisant des tours de patinoire. Cette semaine, je vais pouvoir montrer ce pour quoi j’ai travaillé si fort et ce n’est qu’un début. Le match de mardi n’est qu’un match en route vers la médaille d’or. Notre capitaine, Jean Labonté, résume très bien le tout lorsqu’il dit : « Un jour à la fois, un match à la fois, une présence sur glace à la fois, un jeu à la fois. »

Soyons comme des robots de « Rock ’em Sock ’em » et payons-nous leur tête!

Graeme Murray
Équipe nationale sur luge du Canada
No 29