Sotchi... Vue de mon fauteuil – Dimanche 23 février

Jouant un système de jeu hermétique, engagé et terne conçu avant le camp de hockey balle de l’été dernier à Calgary, inspiré en partie des Russes des années 80, de la défensive des Red Wings de Scotty Bowman des années 90 et du désuet roulement de quatre trios de 2010 des Toews/Crosby/Getzlaf, Équipe Canada s’est bien imposée, même si les buts ne sont pas venus rapidement. Même s’il est difficile de garder sa paix d’esprit lorsque les pointages sont si serrés, il est devenu évident vers le milieu de la demi-finale contre les États-Unis que la troupe de Mike Babcock ne serait jamais dominée sur les plans de l’effort et de l’exécution, des caractéristiques infaillibles dans tout sport.

Le sang-froid est presque un mot trop simple pour qualifier l’équilibre collectif et le sens du calme relatif qui ont habité cette équipe, surtout lorsqu’on le compare à la fougue qui a défini les participations précédentes du Canada en sol étranger. Équipe Canada 2014 a eu un comportement presque universitaire. Les joueurs ont joué en équipe et de façon intelligente, pour le bien commun. Le groupe a été meilleur que ses composantes, même si ses composantes ont été très, très bonnes.

Dimanche, les Suédois étaient des marchandises endommagées – de trois à cinq de leurs joueurs vedettes étaient à l’écart du jeu en raison de blessures et un autre a été déclaré positif à un test antidopage pour avoir fait usage d’une substance interdite. Cependant, on peut se demander quelle formation de n’importe quelle époque aurait pu rivaliser avec le Canada en ce qui a trait à la possession de rondelle et au calme en défensive. À certains moments en fin de troisième période du match pour l’or, leur jeu a laissé place à un peu de folie : un centre quittant la glace remettait la rondelle à un ailier qui sautait sur la glace qui passait la rondelle à un défenseur qui se joignait à l’attaque. Au départ, plusieurs disaient que le Canada devait jouer un style est-ouest et même s’il a dominé le long des bandes durant tout le tournoi, il a appuyé sur l’accélérateur lorsqu’il le voulait et a sans cesse transporté la rondelle vers l’avant.

Le plan de match, conçu en partie par Ralph Krueger, qui a passé des années comme entraîneur en Europe, était international de nature, si ce n’est pas d’instinct. Pendant des années, le hockey canadien s’est entêté à garder son propre style sur les patinoires européennes, mais aux Jeux de Sotchi, ce sont les autres équipes qui ont semblé ne pas être en mesure de percer le mystère du Canada. Le Canada a adhéré à un système. Mais des joueurs mobiles et brillants comme Drew Doughty, Rick Nash et Jay Bouwmeester n’étaient pas contraints de se conformer au moule. On leur avait fait confiance de s’élancer lorsque l’occasion se présentait, sachant qu’un avant ou un défenseur allait comprendre ce qui se passait et s’assurer de prendre leur place.

Contre la Suède, les meilleurs joueurs canadiens Toews, Crosby et Price, ont été les meilleurs joueurs du match, mais même Martin St-Louis, le dernier joueur ajouté à la formation, ou Chris Kunitz, en qui les experts n’avaient pas confiance, ont été en mesure de jouer un rôle important. En raison de la nature professionnelle de l’équipe, il n’y a jamais eu de controverse, d’instabilité ou d’inquiétude à propos de la chimie du groupe, ce qui n’est pas un mince exploit lorsque l’on considère le sens de motivation personnelle et d’unicité qui définit presque tous les joueurs.

Dans le sport, il est difficile de former une cohésion au cours d’une saison, imaginez en deux semaines. Mais, ensemble, l’équipe a été aussi veloutée que du beurre d’arachides. Chaque présence se déroulait sans anicroche; d’une constance inflexible et d’une énergie et d’un dévouement constants. Même s’il est vrai que dans les journées difficiles du début des Jeux, les joueurs se sont peut-être demandé pourquoi ils ne comptaient pas plus de buts, ils ont plutôt semblé jouer comme s’il n’y avait pas de tableau indicateur.

Il est difficile de savoir ce que représentera cette jubilante médaille d’or pour la culture en général ou la mémoire culturelle au Canada, puisqu’outre les victoires en tant que telles et les quelques buts, il y a eu très peu de moments marquants, certainement si on compare le tout à la victoire de l’équipe féminine contre les Américaines. Équipe Canada a plutôt prouvé que le succès est possible sans stress ni tension maniaque. Il est possible d’atteindre le succès grâce à une performance ferme et de le conserver précieusement jusqu’à ce que quelqu’un de plus fort et plus déterminé nous l’arrache. Cependant, à Sotchi, la possibilité d’obtenir le prix ultime a été à peine menacée. Dire que nous avons été inquiets en dit plus à propos de nous que d’eux.

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