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Là où tout a commencé
Un retour sur les débuts de l’équipe nationale du Canada au hockey olympique
Wendy Graves
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7 février 2014
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Il y a maintenant 50 ans que l’équipe nationale masculine du Canada a chaussé les patins pour la première fois pour se retrouver sur la patinoire lors des Jeux olympiques d’hiver de 1964 à Innsbruck en Autriche.

Au cours des neuf premiers Jeux, les meilleurs amateurs canadiens représentaient le Canada. Mais après une décevante médaille de bronze en 1956 et une d’argent en 1960, il apparaissait que les équipes internationales avaient non seulement rejoints les meilleures équipes de clubs du pays, mais les avaient surpassées.

Le Père David Bauer, alors directeur du collège St. Michael’s de Toronto et joueur de hockey aguerri, était convaincu que le Canada devait avoir sa propre équipe d’étoiles.

Il a proposé son idée lors de la rencontre estivale de l’Association canadienne de hockey amateur (ACHA) en 1962 : une équipe constituée des meilleurs joueurs universitaires, s’entraînant ensemble une saison à l’avance dans un des campus au Canada. L’ACHA a entériné l’idée de Bauer, mais ce dernier s’est rapidement rendu compte qu’il avait besoin de beaucoup plus qu’un soutien moral. Il avait besoin de plus d’argent.

Dans une lettre qu’il fit parvenir à Madame Judy LaMarsh, alors ministre canadienne de la Santé nationale et du Bien-être social, Bauer demanda de l’aide pour constituer la toute première équipe nationale canadienne. Le coût du financement pour les équipes olympiques de 1956 et de 1960, en plus des équipes envoyées au Championnat mondial de l’IIHF de 1961 à 1963, avait laissé les coffres de l’ACHA vides. Des tournées préolympiques et postolympiques avaient permis d’amasser des revenus de près de 30 000 $, mais cette somme laissait malgré tout subsister un déficit d’environ 21 000 $.

Bauer fit appel à la fierté nationale de la ministre dans sa demande. « En s’engageant dans ce nouveau programme, l’ACHA sentait qu’elle pouvait constituer une équipe canadienne qui serait (a) de constitution véritablement nationale (b) libre de tous stigmates de professionnalisme, et (c) capable de représenter adéquatement le Canada et possiblement de remporter à nouveau la couronne olympique en hockey pour notre pays. »

En novembre 1963, le Conseil national de la santé a alloué à Bauer la somme de 25 000 $. En remettant cette contribution, le président du conseil a souligné « l’appui du conseil à un projet d’envergure nationale mené par une équipe d’amateurs. » Le conseil a demandé d’être tenu au courant de l’évolution de l’équipe afin que toute autre demande de fonds puisse être considérée rapidement.

À ce moment-là, Bauer était à l’Université de la Colombie-Britannique et ses joueurs étaient inscrits à leur premier semestre. Après six semaines d’entraînement, l’équipe a amorcé une tournée de 33 matchs hors-concours qui l’a amenée entre autres à Chilliwack, C.-B., Drumheller, Alb., Estevan, Sask., Flin Flon, Man., ainsi que dans d’autres villes sur ce trajet. L’équipe a conclu cette tournée nationale en affrontant les Marlies de Toronto au Maple Leaf Gardens le 5 janvier 1964, s’inclinant seulement à huit reprises au cours de cette série.

Les Canadiens se sont envolés dès le lendemain vers l’Europe où ils ont participé à une tournée de 10 matchs hors-concours. Ils ont terminé leur périple avec une fiche de 5-4-1 en se mesurant à l’Allemagne, à l’Union soviétique et à la Tchécoslovaquie.

Le défenseur Rod Seiling avait déjà joué contre des équipes internationales avant. « Je n’avais qu’une vague idée de l’immense honneur que pouvait signifier représenter son pays; rien ne nous prépare aux émotions que l’on ressent en mettant le pied au Village olympique et en représentant le Canada », précise-t-il. Il savait aussi que ses compatriotes le regardaient et s’attendaient à des exploits. « Vous saisissez rapidement la responsabilité qui vient avec (le fait de jouer au hockey pour le Canada). »

Bien que les résultats des matchs européens hors-concours furent décevants, c’est lorsque les Jeux sont arrivés qu’apparurent les grands progrès de l’équipe. L’équipe a amorcé le tournoi avec cinq victoires consécutives, ayant raison de la Suisse, de la Suède, de l’Allemagne, des États-Unis et de la Finlande avec une fiche globale de 29-11.

Lors de son match suivant contre la Tchécoslovaquie, le Canada menait 1-0 après deux périodes grâce à un but de Seiling. Avec moins de 10 minutes à jouer, un joueur tchécoslovaque entra en collision avec le gardien canadien Seth Martin qui a dû se frotter le genou avant de devoir quitter le match quelques minutes plus tard. N’ayant eu aucune possibilité de s’échauffer, Ken Broderick, le gardien suppléant, a accordé trois buts en huit minutes. Cette défaite a laissé les deux équipes avec des fiches de 5-1.

La quête d’une médaille s’est transportée aux derniers matchs du tournoi à la ronde : le Canada contre l’équipe soviétique invaincue; et la Tchécoslovaquie contre la Suède (4-2).

George Swarbrick a donné une avance de 1-0 aux Canadiens après une période de jeu. Les Sovétiques ont égalisé la marque à mi-chemin du deuxième tiers, mais Bob Forhan a su rapidement rétablir l’avance du Canada. Avec moins de deux minutes à jouer dans la période, les Soviétiques ont attaqué à nouveau et les deux équipes se sont dirigées vers le dernier vingt à égalité 2-2. Cherchant à insuffler un regain d’énergie à son équipe, Bauer a remplacé Broderick par Martin qui avait été sensationnel devant le but avant de se blesser lors du match précédent. Martin a accordé un but sur le premier tir dirigé vers lui, mais il a réussi à stopper les 18 tirs suivants des Soviétiques. Hélas, les Canadiens n’ont pas su marquer le but égalisateur – ne décochant que 17 tirs sur le gardien au cours de tout le match – et ils se sont inclinés 3-2.

Cette défaite laissa l’équipe démontée, mais elle ne rentrerait pas au pays les mains vides – du moins, c’est ce qu’elle croyait.

Avec une fiche parfaite de 7-0, l’Union soviétique était la nouvelle championne olympique. Le Canada avait fini avec une fiche de 5-2 ex ӕquo avec la Suède et la Tchécoslovaquie. Les règles de bris d’égalité, telles que les comprenaient les officiels canadiens, voulaient que la Suède reçoive la médaille d’argent en fonction du différentiel du nombre de buts marqués lors des matchs disputés contre les quatre meilleures équipes; la Suède avait un différentiel de +1 dans les matchs disputés contre le Canada, la Tchécoslovaquie et l’Union soviétique; et le Canada (-1) recevait donc le bronze aux dépens de la Tchécoslovaquie (-5).

Sauf qu’au cours de la troisième période du match Suède-Tchécoslovaquie – remporté 8-3 par la Suède – les officiels de l’IIHF se sont rencontrés et ont décidé d’un nouveau plan de match. L’égalité dans le classement serait brisée par le différentiel du total des buts marqués contre toutes les équipes et non seulement celles qui étaient médaillables. La Suède conservait donc sa position pour la médaille d’argent (+31), mais cette modification soudaine de règles voulait dire que le Canada (+15) et la Tchécoslovaquie (+19) changeaient de rang, reléguant le Canada à la quatrième place, l’excluant des médailles pour une première fois lors des Jeux olympiques.

N’ayant pas été mis au courant de ce changement des règles, les athlètes canadiens se sont présentés au stade olympique pour la remise des médailles. Dans une interview avec le Temple de la renommée du hockey, l’avant Brian Conacher se rappelle avoir reçu la nouvelle : « Après s’être fait voler la médaille, (l’avant) Marshall Johnston s’est tourné vers le Père Bauer et lui a dit, “il semble, mon Père, que le berger et son troupeau se soient fait voler leur toison.” »

Avec rien à se mettre au cou, Bauer a entraîné son équipe à l’extérieur de la cérémonie de remise des médailles.

Les manœuvres orchestrées en catimini par le président de l’IIHF d’alors, Bunny Ahearne, ont gravé chez les joueurs un souvenir très négatif de leur expérience olympique. « Ça a laissé un arrière-goût très amer », affirme Seiling. « Ça n’enlève rien aux liens d’amitié que j’y ai tissés – grâce à cette expérience et à l’expérience en soi, je ne renoncerai jamais à ça. Ça n’a simplement pas fini comme ça aurait pu, ou plutôt comme ça aurait dû. »


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