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Qui Appartient Ce Jeu?
GN.004.04
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18 février 2004
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Si vous deviez poser cette question dans n'importe quel aréna, café ou partout ailleurs où les Canadiens se réunissent, vous recevriez la même réponse, au CANADA. Rien ne vaut l'unité qui règne au pays quand les Canadiens et les Canadiennes sont en quête de gloire sur la patinoire.

Bien sûr que c'est notre sport. Il a été inventé ici. Au Canada, les gens sont passionnés de ce jeu. Au fil des ans, les Canadiens ont parfois dû se demander si c'était eux les meilleurs. À l'heure actuelle, les équipes canadiennes sont championnes en titre de la médaille d'or olympique en hockey masculin et féminin, championnes en titre des championnats mondiaux de hockey masculin et féminin de l'IIHF, de la médaille d'or du championnat de l'IIHF pour les moins de 18 ans au hockey masculin et de la médaille d'argent du championnat mondial junior. Impossible de trouver un pays dont les hommes et les femmes ont fait mieux au cours des trois dernières années.

Hockey Canada est fière de célébrer le hockey mineur chaque novembre. Cette semaine, plusieurs branches partout au Canada tiendront leur propre Semaine du hockey mineur. J'aimerais donc qu'on se demande tous « À qui appartient ce jeu? » dans le contexte de la Semaine du hockey mineur.

Ma réponse à cette question est que le jeu appartient aux jeunes garçons et filles qui le pratiquent. Il appartient aussi aux jeunes hommes et femmes entraîneurs et aux jeunes hommes et femmes officiels. Le jeu appartient à tous ceux qui travaillent pour que les jeunes garçons et filles aient l'occasion de jouer notre jeu.

En tant que parent, il est facile d'oublier qui joue. C'est un instinct tout à fait naturel pour un parent d'espérer que les rêves de son enfant se concrétisent. Que ce soit à l'école, dans le sport, en arts ou dans toute autre activité que nos enfants entreprennent, leur succès nous rend heureux, car nous croyons que nos enfants sont heureux quand ils réussissent. Il serait tout à fait inhabituel de rencontrer un parent qui souhaite l'échec de son enfant.

En tant que parents, nous sommes aussi très compétitifs de nature. Nous voulons ce qu'il y a de mieux pour nous, donc ce qu'il y a de mieux pour nos enfants. Comme parents, nous pensons que si nous pouvons aider nos enfants, nous devrions le faire. C'est un instinct naturel, je présume. Et pourquoi pas?

Ce faisant, nous oublions que les meilleures leçons de la vie sont celles que nous avons apprises par nous-mêmes. On aura beau nous dire de ne pas mettre notre langue sur un objet de métal en plein hiver canadien, plusieurs d'entre nous avons quand même dû l'apprendre par nous-mêmes. Après cette rude leçon, nous n'avons plus jamais refait la gaffe.

Quand nous étions jeunes, nos parents n'avaient pas le temps de superviser chacune de nos activités. De nos jours, les parents ont ce temps libre ou ils le prennent. Je me demande ce que nous serions devenus si nos parents avaient su ce que nous faisions à chaque instant. Nos parents nous ont laissés jouer à des jeux d'enfants. Il s'agissait bien de ça, des jeux. Les jeux d'enfants n'étaient pas la première étape vers un contrat d'un million de dollars. Les jeux d'enfants ne menaient pas au statut de vedette et de célébrité.

Au hockey, les parents pensent parfois qu'il faut aider les enfants dans chaque aspect du jeu. Combien de fois rencontrons-nous des parents qui ne cessent de donner des directives à leur enfant sur la glace. « Dompe-la! », « Passe la rondelle! », « TIRE! » Comment nos garçons et nos filles vont-ils savoir ce qu'il faut faire si nous passons notre temps à leur crier? Dans la vie, serons-nous toujours là pour leur dire quoi faire?

Qu'arrive-t-il si nous disons exactement le contraire de ce que l'entraîneur leur demande de faire? Si vous aviez deux patrons, lequel choisiriez-vous de respecter et d'admirer? Si chacun de ces patrons vous donnait des directives contradictoires, ne seriez-vous pas confus? Combien de temps faudrait-il avant que vous ne trouviez un nouvel emploi?

Que devons-nous penser du fait que quand nos enfants sont assez vieux pour choisir leurs propres activités, ils choisissent souvent des activités qui ne nous concernent pas?

Vers la fin des années 1960, au cours de la Semaine du hockey mineur, l'Association canadienne de hockey amateur a suggéré aux parents d'amener leurs enfants à la patinoire et de rester là. De ne pas simplement aller les reconduire. De constater combien il est amusant de voir ses enfants à l'œuvre. Je ne suis pas certain que, comme parents, nous ne soyons pas allés un peu trop loin à cet égard. Le parent soucieux a été remplacé par le parent muni d'un chronomètre qui s'assure que son enfant reçoit un temps de glace égal; par le parent qui va devant les tribunaux pour contester le fait que son fils ou sa fille n'a pas été choisis par l'équipe voulue; par le parent qui s'assure que tous connaissent les raisons pour lesquelles son enfant aurait dû être choisi le joueur par excellence et par le parent prêt à amorcer une bagarre avec un inconnu pour défendre un faux point d'honneur. Plusieurs se demandent si, pour le bien du sport, il ne serait pas préférable que les parents laissent maintenant leur garçon ou leur fille à l'aréna puis retournent chez eux.

On a aussi vu des parents crier, injurier voire menacer un adolescent à cause d'une interprétation d'une règle de jeu. Ce qui suit est une histoire vraie d'un père assistant à un match de hockey. Un spectateur ne cessait de critiquer tout ce que le jeune officiel faisait. Au fur et à mesure que le match avançait, cette personne devenait de plus en plus bruyante et déplaisante. Le père est allé se placer debout à côté du spectateur qui critiquait l'officiel. Durant la conversation, le père a demandé à cette personne si son fils jouait dans le match. La grande gueule a répondu oui et, comme tout parent fier, il a ajouté que son fils portait le numéro 11. Pendant un certain temps, chaque fois que le numéro 11 commettait une erreur sur la glace, l'homme exprimait une critique au père du jeune. Ce ne fut pas long avant que le père du numéro 11 ne devienne agité. Bientôt, on l'a entendu dire « Hé, c'est mon fils, laisse-le tranquille, il commence à apprendre le jeu! » C'est alors que l'autre père a répondu : « Mon fils est l'arbitre, laisse-le tranquille, lui aussi commence à apprendre le jeu! »

Il aurait été facile de rédiger un article sur notre sport national. En réalité, c'est ce que j'ai fait par les années passées. Je continue de penser que notre sport est le plus beau du monde. Je crois aussi que nous devrions conduire nos jeunes à l'aréna et savourer l'expérience. Nous devrions être fiers du fait que nos jeunes apprennent des leçons fondamentales. Nos enfants apprennent des habiletés très difficiles à maîtriser. Ils apprennent comment interagir avec d'autres. Ils apprennent la grande joie qui accompagne la réussite. Et ils apprennent aussi à composer avec la déception. Il existe très peu d'activités qui offrent tant à nos enfants. Nos enfants doivent apprendre ces leçons par eux-mêmes. Nos enfants ont besoin d'apprendre quand tirer au but, quand passer, comment arrêter la rondelle, comment être un bon coéquipier, comment aborder le succès et comment affronter la déception. Nous devrions être là pour offrir des conseils et un appui, mais nous devrions laisser nos enfants apprendre ces habiletés fondamentales à leur propre rythme et quand cela leur convient.

Au cours de ces semaines régionales du hockey mineur partout au Canada, que vous assistiez à un match comme parents, grands-parents, entraîneurs, officiels ou simples partisans, regardez attentivement les visages des jeunes joueurs lorsqu'ils ont accompli quelque chose de bien. Vous verrez dans leur regard et entendrez dans leur rire tout ce que ce grand sport a à offrir.

Si vous regardez et écoutez attentivement, vous serez peut-être en mesure de répondre à la question « À qui appartient ce jeu? »

Sheldon W. Lanchbery

Directeur international

Hockey Canada


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