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Ce Qui Définit Mike Babcock
Steven Lampert et Christopher Nardi
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CHF.002.12
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7 février 2012
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« Ordinaire » n’est pas un qualificatif pour décrire Mike Babcock. On qualifie plutôt le seul entraîneur à avoir remporté une médaille d’or olympique, une médaille d’or du Championnat mondial de l’IIHF et la Coupe Stanley d’un mot opposé à « ordinaire ». Dans le sport professionnel, Mike Babcock est tout sauf ordinaire.

The Tribune a rencontré Babcock, un diplômé de McGill, pour une entrevue exclusive sur ses origines dans le hockey, sa vie avec les Red Wings, son expérience olympique et sa vie en dehors de la glace.

Origines
Babcock a amorcé sa carrière de joueur avec l’Université de Saskatoon, mais a pris une année sabbatique pour tenter de réaliser son rêve, soit celui de devenir un joueur de hockey professionnel. Réalisant que ses chances de jouer dans la LNH étaient minces, il a décidé de retourner sur les bancs d’école et de reprendre sa carrière de hockeyeur à McGill comme étudiant invité après avoir été recruté par l’entraîneur-chef Ken Tyler. Babcock ne prend pas son expérience à McGill à la légère.

« Je suis fier d’avoir été à McGill. Lorsque j’étais là, je ne savais pas ce que représentait McGill », se souvient Babcock. « Je ne savais pas que tout le monde que je rencontrais étudiait plus que moi et avait un plan bien différent du mien. Cela a affecté ma vie. Je suis reconnaissant d’avoir fait partie de quelque chose de plus gros. »

Après avoir obtenu un baccalauréat en éducation physique en 1986 et avoir brièvement joué et dirigé dans la Ligue de hockey de l’Ouest (WHL), il a accepté un poste d’entraîneur à l’Université de Lethbridge en Alberta, peu connue des gens. Il avait peu d’attentes envers cette expérience, mais elle s’est avérée être le point de départ de sa carrière.  

« Ce n’était pas mon emploi de rêve, mais c’était le seul que je pouvais obtenir », raconte Babcock. « L’administration de Lethbridge réduisait la taille de ses programmes. Nous nous sommes qualifiés pour les séries éliminatoires, chose qu’ils n’avaient jamais faite. Nous avons remporté le championnat national. C’était un miracle. C’était le meilleur travail d’entraîneur que je n’avais jamais eu. Les choses se sont alignées. Cela m’a donné un élan. »

Ses succès improbables avec Lethbridge, qui a gagné le championnat de la SIC, lui ont permis de retourner dans la WHL avant d’être choisi comme entraîneur-chef d’Équipe Canada pour le Championnat mondial junior de l’IIHF 1997. Elle a décroché la médaille d’or et ce triomphe lui a ouvert les portes de la LNH. Il a été engagé comme entraîneur-chef des Mighty Ducks d’Anaheim en 2002.

Dès le début de sa carrière dans la LNH, Babcock a connu du succès. Il a mené Anaheim à la finale de la Coupe Stanley à sa première saison. Sa relation existante avec la direction des Red Wings datant de son règne comme entraîneur-chef de leur club affilié de la Ligue américaine de hockey a été à l’origine de son embauche par Detroit en 2005. 

Sa vie avec les Red Wings 
Babcock s’est fait engager par Detroit puisqu’il a travaillé fort. Au fil des années, ce même principe a jeté les bases sur lesquelles repose l’organisation des Red Wings aujourd’hui. Parmi ces principes instaurés par Babcock, l’un d’eux est celui de miser sur l’équipe avant tout.

« Les Red Wings, c’est plus gros que n’importe qui… c’est une question d’équipe. Lorsque vous faites votre entrée dans le club, ce sont les vétérans qui mènent la parade, pas celui qui vient d’arriver. Il n’affecte pas la culture, il s’y adapte », dit-il. « Nous essayons de créer un environnement exigeant et collaboratif. »

Travaillant dans une ville comme la Ville du hockey, Babcock est totalement reconnaissant des attentes qui sont formées envers son équipe et de la pression qui vient avec. Les Red Wings détiennent présentement le record de la plus longue séquence de participations aux séries éliminatoires dans tous les sports professionnels en Amérique du Nord (1991-2011). Cela ne semble pas déranger la direction, les joueurs ou Babcock.

« Il y a de la pression, mais la pression dans la vie signifie que vous avez une chance. S’il y a 15 équipes dans la ligue, il n’y a pas de pression. Est-ce que c’est ça que vous voulez? », demande Babcock. « Pour moi, la pression est une bonne affaire, elle rend les choses excitantes. Nous avons de la chance puisque nous comptons sur de bons joueurs, nous sommes bien structurés, nous sommes bien gérés. Tout cela entraîne une pression saine. »

Bien que Babcock minimise le rôle de la pression dans une ville si passionnée de hockey, elle est quand même inévitablement très présente dans le vestiaire. Au fil d’une saison éreintante de 82 parties, avec des matchs hors concours et de séries éliminatoires, Babcock doit constamment trouver des moyens de motiver son équipe afin de les rassembler soir après soir.

« Pour moi, la motivation, c’est "Qu’est-ce qu’il y a ici pour moi". Alors, comment faites-vous pour que 23 personnes sachent ce qu’il y a ici pour eux, afin qu’ils forment une équipe? Tu dois renoncer à quelques droits individuels pour des droits d’équipe. Par contre, en réalité, ils veulent tous être importants. C’est ce que je fais, je gère des individus. »

Son expérience olympique Sa capacité à rassembler un groupe si dynamique de joueurs talentueux lui a valu la confiance d’être nommé au sein de la direction d’Équipe Canada. Il a été engagé comme entraîneur-chef de l’équipe masculine pour les Jeux olympiques de Vancouver 2010. Dès que la formation a été dévoilée, Babcock a amorcé le difficile travail de faire de 23 joueurs la meilleure équipe de hockey au monde, tout en faisant en sorte que chacun laisse son égo de côté et de répondre aux attentes très élevées des Canadiens.

« Ce n’était pas une équipe étoile, c’était une équipe », explique Babcock. « La meilleure formation remporte les Jeux olympiques, pas nécessairement la plus talentueuse. »

Pour illustrer ce point, Babcock s’est souvenu d’une histoire du camp estival de sélection des joueurs qui a doné le ton au reste de l’aventure.

« Steve Yzerman a dit quelque chose d’incroyable lors du camp estival. Il a dit aux gars : "Dans l’équipe de gestion, Ken Holland a plus d’expérience que moi, tout comme Doug Armstrong et Kevin Lowe et ils ont accepté un rôle d’adjoint. Ken Hitchcock est plus expérimenté que moi, tout comme Lindy Ruff et Jacques Lemaire et ils ont accepté un rôle d’adjoint. Si vous pensez que votre égo est plus important que n’importe quoi d’autre ici, vous vous trompez. Il n’y en a pas ici". »

Malgré la pression, Babcock a été comblé par l’immense soutien offert par les Canadiens à lui et son équipe tout au long des Olympiques. Après le revers du Canada contre les États-Unis en ronde préliminaire, Babcock a dit que la famille de chaque joueur offrait un appui incommensurable, ce qui permettait de passer par-dessus le négativisme intense des médias canadiens.

« Lorsque nous avons perdu face aux Américains, nous sommes allés à la Maison Hockey Canada où les familles nous attendaient et j’ai toujours dit à la blague que nous avions gagné quelque chose ce soir-là. Les gens étaient incroyables. »

Grâce au merveilleux soutien auquel ils ont eu droit, les membres d’Équipe Canada ont réussi à se servir de la pression de gagner pour se propulser vers le sommet du podium. La défaite contre les États-Unis a permis au Canada de se rappeler que d’autres équipes étaient poussées par les mêmes forces.

« Dans tous les championnats que chacun avait déjà remportés, il y avait toujours quelque chose qui avait mal été. Nous avons fait face à l’adversité, nous nous sommes rassemblés et cela nous a rendus plus forts », note Babcock.

Babcock en dehors de la glace
Babcock mise sur le fait que le travail n’est jamais devenu un fardeau parce que c’est une passion.

« Il s’agit de trouver quelque chose que vous aimez tellement, que vous ne travaillez pas, parce vous ne pouvez travailler autant que vous le voulez pour être le meilleur… C’est impossible, en raison du grand nombre d’heures que vous devez consacrer. Vous ne pouvez faire ça si c’est un travail. Vous devez vivre votre emploi. »

Il est au courant du fort engagement qui est nécessaire dans son emploi, donc il ressent le besoin de redonner à sa famille et de créer des moments inoubliables. L’un de ces moments est survenu en 2009, lorsque les Blackhawks de Chicago ont accueilli les Red Wings au Wrigley Field dans le cadre de la Classique hivernale annuelle de la LNH, l’événement de la ligue qui se déroule à l’extérieur. Pour Babcock, cette expérience est inoubliable à plusieurs égards, comme celui de pouvoir jouer à un endroit si célèbre et d’avoir la chance de patiner avec sa famille avant la partie. Ces occasions lui permettent de redonner à sa famille et en même temps, de célébrer le sport du hockey.

« Les souvenirs pour moi, ce sont les moments de votre vie. Vous ne vous souvenez pas de la moitié des souvenirs, mais vous vous rappelez des moments. C’est un moment. C’est ce que vous essayez de faire. Vous essayez de créer des moments dans votre vie. C’est ce à quoi vous pensez. »

Il y a des rumeurs selon lesquelles que la prochaine Classique hivernale pourrait se tenir à Detroit, ce que Babcock adorerait.

Ce qui définit Babcock
Tout au long de sa vie, Babcock a toujours mérité les occasions qui se sont présentées à lui. Avec son immense succès, il pourrait être simple pour lui de se satisfaire de ses réalisations et de s’en contenter. Ce qui définit Mike Babcock, ce n’est pas ce qu’il a accompli, mais le fait qu’il n’a jamais dérogé des principes qui l’ont toujours guidé. Pour ce faire, il a toujours réussi à transmettre son caractère à ses joueurs et à ses entraîneurs adjoints, transformant son attitude en succès, à tous les niveaux.

« Plusieurs entraîneurs et joueurs le font une année et ça ne fonctionne plus l’année suivante. Je ne suis pas intéressé à ça. Chaque saison, nous devons trouver une manière de le faire. Si nous faisons ce que nous avons accompli l’an dernier, ce n’est pas assez bon. C’est l’autre chose. Dès que vous vous contentez de votre situation, vous serez dépassé. C’est la vie, mais c’est excitant. »


Pour plus d'informations :

Francis Dupont
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