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Une Expérience Unique
FEA.011.02
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21 décembre 2002
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Il en était à son deuxième jour comme nouvel entraîneur des Flyers de Philadelphie lorsque Ken Hitchcock a rencontré le défenseur Éric Desjardins.

Les deux ont discuté des sujets habituels qui sont abordés lorsqu’un entraîneur et un joueur se rencontrent pendant la saison morte, sujets comme les attentes à l’approche de la saison 2002-2003 de la LNH et les changements survenus dans la ligue depuis que les Red Wings de Détroit ont remporté la Coupe Stanley en juin.

Ce ne fut pas une grande surprise toutefois, lorsque la conversation prit fin sur ce que Ken Hitchcock et Éric Desjardins ont en commun. Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois au Championnat mondial de hockey junior de l’IIHF en 1988, à Moscou, alors que Ken Hitchcock était entraîneur adjoint d’Équipe Canada et qu’Éric Desjardins était un solide défenseur de cette équipe.

« Ce serait bien de connaître le même succès cette année que celui que nous avons connu à l’époque », dit Ken Hitchcock se rappelant la médaille d’or que le Canada avait remportée dans ce qui était alors l’Union soviétique sous le régime communiste.

« Ce qui est drôle est que nous avons tous les deux de vifs souvenirs de ce tournoi. Je peux me souvenir de jeux, de matchs, d’occasions de marquer et d’arrêts comme si c’était hier. Et Éric a les mêmes souvenirs. »

« Ce fut vraiment une expérience unique », poursuit Ken Hitchcock lorsqu’il parle de représenter le Canada au Championnat mondial de hockey junior. « Je me suis fait des amitiés pour la vie. Je rencontre encore des joueurs de la LNH qui faisaient partie de cette équipe et nous savons que nous partageons ce passé et c’est très bien. Nous avons beaucoup de respect les uns pour les autres, pour ce que nous avons enduré et ce que nous avons accompli. »

Le Championnat mondial de hockey junior de l’IIHF a toujours soulevé la passion au Canada, peut-être plus que n’importe où ailleurs au monde. Le hockey est le sport du Canada et l’orgueil national en prend un coup si l’équipe nationale ne remporte pas l’or.

Le hockey est une pierre angulaire de la vie au Canada. Le hockey est plus qu’un sport pour les Canadiens et Canadiennes ; il fait partie de l’âme du pays. « Je ne connais pas beaucoup d’autres pays qui éprouvent la même passion pour un sport que celle que le Canada éprouve pour le hockey », a dit Wayne Gretzky l’an dernier avant les Jeux olympiques de Salt Lake City. « Sauf peut-être le Brésil pour le soccer. »

Le Championnat mondial de hockey junior a définitivement sa place dans la psyché du hockey canadien.

Le tournoi est un des principaux événements du calendrier sportif international et il est devenu une tradition de Noël au même titre que la dinde et la farce. Dans ce pays, regarder le Championnat mondial de hockey junior de l’IIHF fait partie de Noël.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y a rien comme le championnat mondial junior où s’affrontent les meilleurs joueurs juniors du monde. Ses seuls équivalents sont les Olympiques ou la Coupe du monde du hockey parce que, là aussi, seuls les meilleurs s’affrontent.

« C’est un grand championnat », dit le directeur général des Canucks de Vancouver, Brian Burke. « La plupart des joueurs qui excellent dans la LNH y ont pris part. C’est une chance pour les juniors de montrer ce dont ils sont capables contre les meilleurs. C’est une bonne épreuve. »

Pour les joueurs qui portent fièrement les couleurs du Canada sur la scène internationale, une participation au championnat mondial représente tellement de nouvelles expériences. Ils sont unis à beaucoup de gens qu’ils n’ont jamais rencontrés ou à leurs adversaires pendant la saison de la ligue et ils sont le plus souvent loin de chez eux en une période de l’année habituellement réservée à la famille.

« Je rencontre des gars avec j’ai joué et c’est comme si c’était hier », dit Dwayne Hay qui a remporté l’or à Genève, en 1977. « Ils sont vos amis pour toujours parce qu’il existe un lien spécial. Vous vous affrontez peut-être dans l’OHL ou la WHL, mais vous apprenez à travailler ensemble. »

Les joueurs et les entraîneurs canadiens partagent deux choses lors d’un Championnat mondial de hockey junior de l’IIHF : le hockey et le désir de remporter une médaille d’or pour le Canada.

Il fut un temps où le Canada dominait toutes les compétitions internationales, remportant six des sept premiers tournois olympiques. Cela n’avait rien de surprenant compte tenu du fait que le hockey avait vu le jour ici même au Canada. Mais, vers les années 1950, le hockey est devenu populaire dans d’autres pays et le Canada s’est retrouvé face à des
adversaires redoutables.

Le règne du Canada au sommet du monde du hockey a pris fin en 1956 lorsque l’Union soviétique a remporté l’or olympique après n’avoir subi aucune défaite pendant tout le tournoi. Le Canada, toutefois, était désavantagé. Alors que les Soviétiques pouvaient faire appel à leurs meilleurs joueurs, le Canada ne pouvait pas. Puisque les meilleurs joueurs canadiens faisaient partie de la LNH, ils étaient considérés comme des professionnels, ce qui les excluait de la compétition olympique.

Les partisans canadiens trépignaient d’impatience à l’idée d’une série de matchs opposant les meilleurs joueurs du Canada aux meilleurs joueurs soviétiques et, en 1972, leur souhait s’est réalisé. Mais la série historique du sommet de 72 ne s’est pas déroulée comme les Canadiens l’avaient imaginée. Le Canada n’avait jamais pensé que les joueurs de l’Union soviétique pourraient livrer une chaude lutte devant les meilleurs joueurs canadiens. Mais ils l’ont fait, remportant deux des quatre premiers matchs au Canada avant que la série se dirige vers Moscou et que les Soviétiques jouissent de l’avantage de jouer chez eux pour les quatre derniers matchs du tournoi. Le Canada a réussi à remporter les trois derniers matchs évitant ainsi des déboires à l’échelle internationale, mais la confiance du Canada avait été sérieusement ébranlée.

La série fut tout un choc. Le Canada a remonté ses bas de hockey et a pris ses adversaires internationaux plus au sérieux. Pendant longtemps, le championnat mondial junior a été le moyen de revanche du Canada contre les Russes.

Le premier championnat mondial junior a eu lieu en 1974 et la pratique du Canada à l’époque voulait que les champions de la Coupe Memorial participent au tournoi. En 1974, ce sont les Petes de Peterborough qui ont eu l’honneur de porter le drapeau canadien et la pratique d’envoyer les champions de la Coupe Memorial au tournoi a duré jusqu’en 1978 lorsqu’un jeune joueur de 16 ans du nom de Wayne Gretzky a fait partie de la première équipe nationale junior du Canada. Le Canada a terminé au troisième rang lors de ce tournoi et Wayne Gretzky, qui avait cumulé 17 points en six matchs, fut nommé le meilleur attaquant du tournoi.

Le Canada a remporté son premier championnat mondial de hockey junior après la mise en œuvre du programme d’excellence de l’ACH, en 1982 et, au cours des 16 prochaines années, les Canadiens remportèrent un total de 10 médailles d’or, y compris une séquence sans précédent de cinq titres consécutifs à compter de 1993. Pendant ces 16 années, la formation canadienne junior n’a été absente du podium qu’à quatre reprises et aucun autre pays n’est parvenu à réaliser un tel exploit.

Ken Hitchcock dit que sa médaille d’or du championnat junior de 1988 équivaut à sa médaille d’or olympique de 2002 à Salt Lake City, où il était entraîneur adjoint d’Équipe Canada, et à la Coupe Stanley qu’il a remporté comme entraîneur-chef des Stars de Dallas.

« C’est un tournoi difficile à gagner », dit Ken Hitchcock, « et l’expérience de Salt Lake ressemblait beaucoup à celle de Moscou. À Salt Lake City nous étions littéralement isolés du monde. Nous étions dans la bulle olympique et nous vivions dans cette bulle olympique. À Moscou, nous n’avions aucune idée de ce qui se passait et nous avons grandi ensemble comme équipe. Nous ne faisions que jouer au hockey et ce fut du grand hockey. »

Au fil des ans, le championnat mondial junior a donné lieu à des moments mémorables et le tournoi de Moscou fut l’un de ces moments.

En 1987, le tournoi a eu lieu en ce qui se nommait alors la Tchécoslovaquie et, à la veille du dernier jour du tournoi à la ronde, le Canada pouvait s’assurer de remporter le titre en battant les Soviétiques. Mais les passions se sont enflammées et le Canada et la Russie ont été disqualifiés à la suite d’une bataille qui a pris fin seulement lorsque les employés de l’aréna ont éteint les lumières.

La table était mise pour Moscou en 1988. Lorsque le Canada a affronté les Soviétiques, la veille du Jour de l’AN, une salle comble de 18 000 partisans a vu les Canadiens l’emporter 3-1 contre une équipe soviétique en état de choc. Le héros du match fut Jimmy Waite qui a bloqué tout ce que les Russes ont tiré vers lui pendant 31 minutes après que le Canada a pris une avance de 3-1.

« Le plus curieux de cette histoire est que Jimmy Waite n’a jamais brillé dans la LNH tandis que son substitut à l’époque, Jeff Hackett, poursuit toujours sa carrière », dit Ken Hitchcock.

Le tournoi de 1991 présenté à Saskatoon s’est taillé une place dans la tradition et la littérature du hockey junior mondial, du moins si vous êtes Canadien ou Canadienne. Le héros fut le défenseur John Slaney dont le seul but du tournoi, marqué à la fin de la troisième période, a permis au Canada de battre la Russie 3-2 et de s’emparer du titre.

Le championnat de 1995 à Red Deer, en Alberta, a permis aux partisans canadiens de voir une vraie « équipe de rêve» nationale à l’œuvre. Puisque les arénas de la LNH étaient silencieux en raison d’un conflit de travail, l’Association canadienne de hockey a pu recruter des joueurs d’âge junior qui, en temps normal, auraient chaussé leurs patins dans la LNH. L’équipe de rêve comptait Alexandre Daigle, Marty Murray, Wade Redden, Jeff Friesen et Jason Allison.

Pour ce qui est du talent, la formation de 1993 fut l’une des meilleures de tous les temps avec Paul Kariya, Martin Lapointe, Chris Pronger, Jason Smith, Adrian Aucoin et le gardien de but Manny Legace, dont la prestation de plus de 50 arrêts contre Saku Koivu et la Finlande est passée à l’histoire comme l’une des meilleures devant le filet de tous les championnats mondiaux junior. Les Suédois avaient une puissante équipe pour ce tournoi qui se déroulait chez eux et un attaquant, jusqu’alors inconnu du nom de Peter Forsberg, a établi un nouveau record du championnat mondial junior en cumulant 31 points en sept matchs.

Le meilleur marqueur de la LNH en 2001-2002, Jarome Iginla, s’est forgé une bonne réputation lors du championnat mondial junior de 1996 et presque tous les Canadiens qui ont remporté une médaille d’or à Salt Lake City sont des finissants du programme de l’équipe nationale junior.

« C’est un bal de débutants », dit Ken Hitchcock des nombreux juniors qui ont participé à cette compétition internationale et qui ont ensuite connu d’incroyables carrières dans la LNH. « Pour ces jeunes, il s’agit de leur première expérience sur la scène internationale et c’est un apprentissage tout à fait différent. De nombreux joueurs des formations nationales juniors deviennent des joueurs-clés des équipes de la LNH. »

Forsberg et Koivu ne sont que deux des joueurs internationaux qui ont fait valoir leur talent au championnat mondial junior. Parmi les grands de la LNH qui ont aussi participé à ce championnat se trouvent Jaromir Jagr, Markus Naslund, Pavel Bure, Alexander Mogilny, Sergei Fedorov, Mats Sundin, Mike Modano, Keith Tkachuk, Mattias Ohlund, Igor Larionov, Brian Leetch et Teppo Numminen pour n’en nommer que quelques-uns.

Le championnat mondial junior est aussi un rêve devenu réalité pour les dépisteurs de la LNH.

« Les matchs sont parmi les meilleurs que nous verrons pendant la saison », dit Pierre Gauthier, ancien directeur-général des Sénateurs d’Ottawa et des Mighty Ducks d’Anaheim de la LNH. « L’événement a vraiment pris de l’importance ici et en Europe. Ces équipes nationales juniors sont gérées comme des équipes professionnelles. »

Représenter le Canada au championnat mondial de hockey junior est le rêve de tout joueur de hockey au Canada. Seuls quelques joueurs auront cette chance et faire partie de l’équipe est quelque chose dont ils se souviendront toujours, peu importe ce que l’avenir leur réserve. Aussi banal que cela puisse sembler, les joueurs sont devenus membres d’une famille en peu de temps et cela a permis à ces jeunes Canadiens d’aller loin.

Le dernier mot revient au dépisteur des Maple Leafs de Toronto, Barry Trapp, qui pendant plusieurs années était responsable de trouver des joueurs pour le programme de l’équipe nationale junior du Canada. Lors d’une pause pendant le championnat mondial de 1999 à Winnipeg, quelqu’un a demandé à Barry ce qu’il recherchait au moment de former son alignement.

« Sur la glace, vous avez du patinage, de l’intelligence et des habiletés combinés à une force de caractère et à beaucoup, beaucoup de cœur », a dit Barry Trapp. « C’est une question de courage et de détermination. Une chose dont font preuve les jeunes Canadiens est l’endurance mentale. Ces jeunes sont souvent loin de chez eux. Ils suivent un calendrier comme les professionnels. Ils sont mentalement endurcis et cela s’harmonise bien avec leurs habiletés. Ils ont affronté des situations difficiles. Ils ne sont pas choyés et ils sauteraient sur l’occasion de représenter leur pays. »

Voilà ce que fait l’unicité de l’expérience du Championnat mondial de hockey junior de l’IIHF pour les partisans et pour les joueurs. Les joueurs réalisent leur rêve et les partisans ont droit à du hockey de grande qualité. Personne ne revient perdant d’une telle expérience.


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