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Un Entretien Sur Le Hockey Féminin Avec Cassie Campbell
WWC.022
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90 et 1992
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le 2 avril 2007

Par Lucas Aykroyd

Lorsque Cassie Campbell a annoncé sa retraite de la compétition en août 2006, elle était l’un des visages les plus reconnus du hockey féminin canadien. Au cours d’une carrière marquée par deux médailles d’or olympiques et six médailles d’or de championnats mondiaux, elle a été capitaine de l’équipe du Canada lors de 50 matchs internationaux. Campbell a joué comme avant et comme défenseure avec l’équipe nationale au cours d’une carrière de 100 points. La diplômée de l’Université de Guelph est sollicitée comme conférencière et membre des médias du hockey. Lucas Aykroyd de HockeyCanada.ca a récemment rencontré Campbell qui agira comme commentatrice aux côtés de Dave Randolf lors de la couverture du Championnat mondial féminin 2007 de l’IIHF sur le réseau TSN.

HockeyCanada.ca : Aimez-vous votre nouveau rôle de commentatrice pour TSN et Hockey Night in Canada?

Cassie Campbell : Je pense que c’est vraiment bien alors que j’explore l’aspect des médias. Pour la première fois outre Donna Spencer qui écrit sur le sport pour la presse canadienne, le hockey féminin fait continuellement les manchettes. C’est bien. Participer à la couverture de TSN va être amusant, car je vais pouvoir raconter toutes sortes d’anecdotes sur mes coéquipières. J’ai aussi eu l’occasion de parler à plusieurs joueuses américaines ce qui ne se serait jamais produit pendant que je jouais. L’émission Hockey Night in Canada, pour moi, est celle où je ressens le plus de pression, pour agir comme commentatrice. Ce n’est pas à propos de moi comme personne. Pour moi, il s’agit de mettre le hockey féminin en valeur, de montrer que tu sais de quoi tu parles. C’est cette pression que je devais affronter : « Si tu manques ton coup, cela paraît mal pour le hockey féminin. » C’est bien d’avoir un membre des médias qui a déjà pratiqué le volet féminin du sport. Dans l’ensemble, cela aide à promouvoir le sport.

HockeyCanada.ca : Avez-vous parlé du métier avec Cammi Granato qui participe aussi à la diffusion de matchs de hockey? Je sais que vous aviez des réserves lorsqu’elle a été retranchée avant Turin.

Campbell : Pour Cammi, lorsqu’elle a malheureusement été libérée, ce fut une décision terrible, mais ça, c’est une autre histoire. J’ai été la seule à me prononcer pour la défendre. Ses coéquipières ne pouvaient pas vraiment s’exprimer de peur de compromettre leur poste au sein de l’équipe. Je croyais vraiment que c’était une mauvaise décision. Je l’admirais vraiment et je savais que les Américaines allaient la manquer. Je savais qu’elles allaient avoir des difficultés sans elle. Alors, j’ai dit ce que je pensais. Cela m’a causé des problèmes avec quelques personnes, mais je lui ai fait le plus beau compliment en disant : « Nous la prendrions dans notre équipe n’importe quand. » Nous avons aussi été blessées en même temps, et nous avons parlé de ça. Je ne vous dirai pas que nous sommes devenues de bonnes amies, mais nous avons certainement été en contact au cours de la dernière année.
HockeyCanada.ca : En pensant aux championnats mondiaux auxquels vous avez participé, lesquels ressortent plus que les autres?

Campbell : Il y a deux championnats mondiaux qui me viennent à l’esprit. Le premier est celui de 1994, car j’avais été retranchée de l’équipe en 19. J’avais seulement 16 ans et 18 ans ces fois-là, mais quand même, ce fut difficile. Alors, le fait de faire partie de l’équipe pour la première fois fut spécial, et plusieurs membres de ma famille et plusieurs amis sont venus à Lake Placid pour me voir jouer, et ça aussi ce fut spécial. L’autre est celui de 2004, ironiquement ma dernière victoire. Nous avons joué à Halifax et j’ai beaucoup de membres de ma famille sur la Côte Est. Ma grand-mère a pu venir et me voir jouer pour la première fois, sur place, alors que je portais le chandail de l’équipe nationale. Sachant que ces championnats ont été mon premier et mon dernier correspond bien à la situation.

HockeyCanada.ca : Comment les nouvelles règles et les mesures sévères contre l’obstruction ont-elles changé la donne pour les défenseures au hockey féminin?

Campbell : Il faut maintenant se fier beaucoup plus à l’orientation vers les côtés, et c’est encore plus difficile maintenant à cause des changements apportés aux règles. Au hockey féminin, parce que nous n’avons pas de mise en échec corporelle, nous utilisons beaucoup plus nos bâtons pour les mises en échec. À cause des nouvelles règles, nous sommes restreintes quand vient le temps de faire ça. En parlant beaucoup aux filles, ce fut très difficile avec 50 punitions par match et des choses du genre. Tu dois être une bonne patineuse. Comme défenseure, tu dois être une excellente patineuse au hockey féminin, parce que tout repose sur l’orientation et le positionnement l’une par rapport à l’autre. Cela ressemble à la façon dont Nicklas Lidstrom et Scott Niedermayer jouent. Tu ne peux pas frapper. Tu dois donc avoir de bonnes habiletés en patinage.

HockeyCanada.ca : Quelle réponse faites-vous aux critiques qui disent que la compétition au hockey féminin n’est pas assez serrée à l’extérieur du Canada et des États-Unis?

Campbell : Premièrement, nous en sommes en l’an 17 au hockey féminin international si l’on prend 1990 comme point de départ. Historiquement, il a fallu 15 à 20 ans au hockey masculin pour créer un terrain de jeu semi-égal. Notre équipe canadienne avait l’habitude de battre les autres pays 72 -0 ou quelque chose du genre. Les résultats étaient beaucoup plus ridicules qu’ils le sont pour nous! Je pense que nous sommes à l’ère de la couverture médiatique 24 heures et les gens sont plus impatients. Et c’est évident que parfois comme joueuse tu deviens un peu frustrée, car tu aimerais des matchs plus serrés. Mais il faut tenir compte des préoccupations sociales que les filles doivent affronter dans des pays comme la Russie et la Chine, car ces situations les freinent. De façon générale, les femmes dans ces pays n’ont pas beaucoup d’appui, peu importe ce qu’elles font. Mais si nous continuons de persévérer et de les aider du mieux que nous le pouvons, ça va s’améliorer. En 1997, les Russes sont arrivées à Kitchener et elles n’avaient ni patins, ni bâtons. En 2001, elles ont remporté la médaille de bronze au championnat mondial. Les choses peuvent changer, et elles peuvent changer rapidement. Mais nous devons faire preuve de patience. Il faudra du temps, et c’est ça la réalité. Les joueurs de hockey d’aujourd’hui n’ont pas eu à grandir en subissant un examen aussi minutieux.

2007 Championnat mondial féminin

 


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